En pleine reconstruction, la droite paraît plus divisée que jamais

Entre départs en cascade et déclarations fracassantes, la droite française paraît plus divisée que jamais. Une situation de mauvais augure à deux semaines des votes pour les présidences des Républicains. La question sera de savoir s'ils peuvent fédérer autour de Laurent Wauquiez. 

On pourra au moins reconnaître aux Républicains (ex et néo) qu'ils n'ont pas pour habitude de (trop) pratiquer la langue de bois. Qui plus est dans une période charnière pour le parti en pleine reconstruction et alors que se profile à l'horizon les élections pour la présidence du parti.

Wauquiez et le ramassis d'opportunistes

Comment passer sous silence cette déclaration du grand favori au scrutin ? Récemment, le parti subi un exode massif. D'abord Gérald Darmanin puis Sébastien Lecornu et Thierry Solère ont tout trois déclaré ce dimanche, avoir rejoint La République En Marche. Des décisions que n'a très peu goûté l'actuel président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. " J'ai tendance à penser que ça ressemble de plus en plus à un ramassis d'opportunistes, assez éloigné de ce qu'est ma conception de la politique.

Les intéressés ont d'ailleurs particulièrement apprécié, puisqu'ils se sont empressés de répondre. L'actuel ministre de l'Action et des comptes publics a expliqué avoir "basculé quand Laurent Wauquiez a évoqué le grand remplacement culturel. On ne peut pas simplement dire qu'on n'est pas d'accord avec ça. Il faut le combattre." De son côté, Sébastien Lecornu dénonce une droite qui "est la résurgence d'une vieille droite que le gaulisme avait su tenir à l'écart pendant toute la Ve République et qui revient au galop". Enfin, pour Thierry Solère, le seul à ne pas rejoindre le gouvernement, il ne veut pas sacrifier son "énergie à reconstituer de vieilles formations politiques. Je veux la mettre à la reconstruction du pays."

Des contestations internes de plus en plus fortes

Darmanin, Solère et Lecornu ne sont pas les seuls à s'opposer au président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Si ces derniers ont refusé de participer à la création du nouveau parti de droite "Agir", ça n'a pas été le cas de Franck Riester et d'une vingtaine d'élus constructifs qui ont lancé ce dimanche ce nouveau parti, qui se veut comme une alternative à LR. Ainsi, le chef de file pointe du doigt les appels de pieds répétés entre Laurent Wauquiez et le Front National. 

De son côté, Valérie Pecresse regrette les attaques à répétition de Laurent Wauquiez. "Plutôt que des formules, les Français attendent de notre part des actes et un projet pour préparer une alternance désirable et éviter le populisme". Elle n'oublie pas non plus de rappeler que Marine Le Pen avait opéré une tentative de rapprochement avec Laurent Wauquiez, en évoquant notamment, une alliance. 

Virginie Calmels, qui devrait vraisemblablement être la prochaine vice-présidente de LR, présente son engagement comme contraint et forcé. " Y avait-il un grand débat d’idées avec des poids lourds qui s’affrontaient ? La réponse est non. Le défi, c’est d’être capable de reconstruire cette famille. Et ça passe par un poids lourd… Si Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse y étaient allés, les choses auraient peut-être été différentes." 

Wauquiez peut-il répondre à ce qu'attendent les entrepreneurs ?

Une chose est sûre, si Laurent Wauquiez est élu (sauf énorme retournement de situation, ce sera le cas le 1 décembre), sa quête de reconstruction ne sera pas de tout repos. Peut-il arriver à fédérer et rassembler toutes les droites ? Rien n'est moins sûr. Pour l'instant, son argumentaire repose essentiellement sur des thèmes proches de ceux du FN : l'insécurité, l'identité nationale, le péril multiculturel... Des thèmes qui sont aussi au coeur de l'actualité et assez éloignés de ses engagements initiaux. De là à crier à l'opportunisme...

Pour autant, il n'est pas pour l'instant le candidat des entrepreneurs. Ces derniers recherchent avant tout quelqu'un qui connaisse le monde de l'entreprise. Wauquiez n'a aucune expérience du privé. De même, son positionnement contre le RSI n'est pas clair car s'il le fustigeait il y a 4 ans, il n'a pour l'instant rien proposé, et ce thème semble avoir mystérieusement disparu de ses déclarations. Enfin, il ne faut pas oublier que l'entourage du candidat compte tout autant que ce dernier. Et alors que les départs se multiplient à droite, on se demande qui sera vraiment à ses côtés au moment fatidique. 

LR, c’est devenu le parti de la défense du tabac, du diesel, des maisons en pierre et des retraités à plus de 2 500 € par mois. 

Gérald Darmanin

"Il nous dit qu'il ne fera pas alliance avec le Front national mais il tient le même discours! Ce n'est peut-être pas encore une alliance d'appareils mais c'est clairement une alliance d'idées."

Franck Riester

Le populisme est une impasse car le FN ne s'effondrera pas. Ce parti n'est pas en panne de leader. Il y a Marine Le Pen. Il y aura un jour sa nièce.

Valérie Pécresse

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