Pourquoi plus de croissance en Grande-Bretagne qu’en France ?

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Bonne question, car la croissance en Grande-Bretagne est 4,9% plus forte qu’en France entre 2013 et 2016 selon l’Insee. Les incertitudes liées au Brexit pourraient donner un coup de vent à la compétitivité de l’Hexagone, mais encore faut-il tirer les bonnes leçons de ce différentiel.

0,4 point de croissance de plus pour le Royaume-Uni

Entre mi-2013 et mi-2016, le PIB britannique a progressé de 4,9% de plus par rapport à celui de la France comme nous montre ce graphique :

evolution-du-pib-en-france-et-en-grande-bretagne

Après un petit écart de croissance depuis 2000 (0,8 point), la grande récession frappe les deux pays de 2008 à 2009, mais l’activité britannique en a le plus souffert : -6,2% contre -3,8%. La reprise s’organise alors dès 2011 pour la France alors que le Royaume-Uni n’y parvient qu’au 3e trimestre 2013. Mais à partir de là, les faits prennent une tout autre tournure, car les Britanniques ont largement redressé leur PIB par rapport aux Français : +7,7% contre +2,8% en trois ans, soit « 0,4 point de hausse supplémentaire en moyenne par trimestre ».

Une faible contribution de l’emploi au PIB français

Regardons de plus près le PIB et la croissance des deux pays :

contribution-des-postes-de-demande-a-la-croissance

Entre 2013 et 2016, le décalage de croissance entre les deux pays représente 4,9 points auxquels les politiques budgétaires contribuent pour 2,2 points, le contexte monétaire et financier pour 2 points et l’emploi pour 1,9 point. Le marché du travail britannique a propulsé la consommation et l’investissement des ménages, des postes qui influencent respectivement le différentiel de 3,1 points et 1,3 point.

Il est ici important de soulever une différence de taille, car outre-Manche, 6% de progression de l’emploi ont réduit le taux de chômage de 3,3 points alors que la hausse de 1,8% en France n’a pas pu atténuer le chômage (+ 0,9 point). Au Royaume-Uni, les salaires en termes réels ont augmenté de seulement 1,5%, ne portant les salaires réels par tête qu’à 1,9% de moins qu’avant la crise. L’emploi a cependant propulsé le pouvoir d’achat ainsi que la masse salariale (+5,5% et +6,6%).

En revanche, avec une progression de 1,8% pour l’emploi, un rebond de 3,1% pour les salaires en termes réels et des salaires réels par tête de 9,6% de MIEUX qu’avant-crise, l’Hexagone n’a amélioré le pouvoir d’achat et la masse salariale que de 3,7% et de 4,4%… chômage intensifié

Par ailleurs, le QE de la BCE a plus bénéficié à la Grande-Bretagne qu’à la France. La politique de Bercy pour atteindre son objectif « obsessionnel » de déficit à 3% pénalise également ostensiblement la compétitivité de l’Hexagone. Outre-Manche, le déficit structurel était pourtant à 5,8% en 2015 contre 2,5% en France.

L’étude de l’Insee conclut avec un allègement de l’écart conjoncturel au premier trimestre 2016. Elle table notamment sur une convergence des croissances des deux pays, voire un penchant pour l’activité française compte tenu des effets du Brexit et de l’attentisme des investisseurs. N’empêche que la France a encore beaucoup à apprendre de son voisin…

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2 commentaires sur Pourquoi plus de croissance en Grande-Bretagne qu’en France ?

  1. Il serait intéressant de calculer qui du public ou du privé à profité le plus de l’augmentation des salaires réels l’autre point à relever est qu’il y a une corrélation évidente, pour ne pas dire causalité entre l’augmentation du salaire réel et le chômage. Or le nombre d’emplois publics n’a cessé d’augmenter. Il serait donc intéressant de calculer le nombre d’emplois privés perdus durant la période.

    Par ailleurs pour mesurer la qualité des emplois il faudrait calculer l’évolution des salaires médians et moyens dans le public et le privé

  2. Essai
    QUEL LENDEMAIN POUR NOS SOCIÉTÉS EN FRANCE ET EN ITALIE ?
    De Antonio GRECO
    Editions l’Harmattan

    La croissance de l’économie nationale et l’occupation sont des objectifs primaires. L’élimination de boulets au pied de la société est importante.

    Le but de cet essai, conçu dans un esprit social – européen, est de mettre en lumière les facteurs socio-économiques et culturels qui entravent un meilleur développement de l’économie française au cœur de la mondialisation (des facteurs différents entravent fortement le développement de l’économie italienne).

    L’analyse présentée par l’essai porte particulièrement sur les attitudes sociales qui ont un impact réel, dans le contexte de la compétition économique internationale. Elle fait également apparaitre les forces et les faiblesses de la France et de l’Italie, mais aussi une certaine complémentarité dans certains domaines. Parmi les causes majeures des problèmes évoqués, celle de la pédagogie obsolète de l’Education Nationale est proéminente.

    L’actualité et l’importance de la matière, traité dans l’essai, résultent des évènements socio -économiques récents (par exemple le niveau de chômage, la crise européenne) qui se sont déroulés pendant ces dernières années en France et en Italie. L’originalité de l’essai est liée aux points suivants :

    – l’ouvrage recherche et analyse les causes de base qui engendrent certaines inefficacités dans l’économie française, engagée dans la compétition dure du village global ;
    – l’essai a comme objectif de suggérer des stratégies de modernisation sociale à moyen terme, qui permettraient à la France (mais aussi à l’Italie) de beaucoup mieux se placer au niveau compétitivité dans la compétition économique.

    L’essai a été publié en 2009. Les sujets qu’il aborde sont devenus actuels en 2013 et sont aussi connectés au terme « Mal Français » (terme proposé par Peyrefitte il y a longtemps).
    Voici un témoignage dont on espère qu’il pourra contribuer au dopage des économies de la France et de l’Italie, mais aussi à l’élimination de l’échec scolaire en France.

    L’AUTEUR :
    Antonio Greco, ingénieur, ancien fonctionnaire européen, ancien professeur, vit depuis trente-cinq ans en France. De par sa profession, il a été amené à travailler dans plusieurs pays d’Europe. En tant que négociateur et technicien, il a pu observer et comparer d’autres cultures et façons de travailler. Son activité professionnelle s’est déroulée dans les meilleures conditions pour apprécier et évaluer les qualités de vie de plusieurs pays européens.

    TABLE DES MATIERES

    *L’UNION EUROPEENNE, NOUVEAU DEFI DU VIEUX CONTINENT
    Tous en Europe ?
    France : des cadres vieillissants
    Italie : Une Renaissance refusée
    Rassembler de nombreuses nations
    *LE MARCHE COMMUN EUROPEEN, UNE AUBAINE POUR LES ECONOMIES D’EUROPE
    *APPORT DES FACTEURS HUMAINS A L’INTEGRATION DE CHAQUE ECONOMIE NATIONALE DANS L’UNION EUROPEENNE
    *RADIOSCOPIE DES IDENTITES NATIONALES EUROPEENNES
    L’Allemand et l’Europe
    Le Britannique et l’Europe
    La France et l’Europe
    L’Italie et l’Europe
    *LES COMPORTEMENTS FRANCAIS SONT-ILS COMPATIBLES AVEC L’EUROPE ?
    La formation des esprits en France
    Etudier en France
    Un Lycée français et un lycée européen type
    Formatage des héritiers de Montaigne
    Effet de vitrine pour Monsieur le Ministre
    La violence en milieu scolaire
    Inadaptation de l’EN à l’Europe du XXIe siècle
    *LES COMPORTEMENTS ITALIENS SONT-ILS EUROPEENS ?
    Les valeurs nationales
    Les connexions entre la politique et les intérêts
    personnels
    La Pieuvre
    Une seule nation, plusieurs principautés
    Expériences et aptitudes des hommes politiques
    Un état d’esprit très répandu
    Une Italie inopérante
    Aboulie morale
    La cuisine est authentique, pas les opinions… et les
    décisions attendent
    Une perestroïka pour l’Italie
    Les mutations en Italie à la fin du XXe siècle
    L’Amérique en Italie ?
    *COMMENT SE SYNCHRONISER SUR L’EUROPE ?
    Pour un acheminement de la Grande Bretagne vers
    l’Europe
    Pour une France plus européenne
    Pour une pédagogie constructive
    Comment qualifier l’Italie pour l’Europe ?
    Une collaboration France/Italie pour émerger en
    Europe
    *L’AFRIQUE, UN NOUVEAU DEFI POUR L’EUROPE
    Islam, Europe et “American way of life” Les années 2000 : progrès réels ou nouveau
    Moyen Age ?
    *APPENDICES
    Elites et réalités
    Vie sociale en Italie
    Une fable vraisemblable
    La visite médicale
    « Discours de la méthode » et performances sociales
    Une langue pour l’Europe
    Les clefs du discernement
    Conclusion
    Où va le Système Italie ?
    Une proposition de bon sens pour la société italienne

    http://www.editions-harmattan.fr

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