Plus de la moitié des classes moyennes fréquente des établissements privés de soins

Un récent rapport de la Drees publié en septembre 2016 affirme que « les établissements de santé privés sont davantage fréquentés par les catégories sociales aisées ». Lorsqu’on l’analyse de plus près, l’étude révèle également que les établissements privés de soins reçoivent plus de la moitié des classes moyennes. Analyse.

Le tiers des hospitalisations facturé dans les établissements privés de soins

Selon l’étude de la Drees, près de 55% des classes moyennes hospitalisées l’ont exclusivement été dans un établissement privé :

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Le graphique illustre clairement le penchant des classes aisées et des classes moyennes pour une hospitalisation dans les cliniques et hôpitaux privés. Entre juillet 2007 et juin 2008, 53% des professions libérales et 55% des employés, surtout les cadres et professions intellectuelles supérieures, fréquentent effectivement davantage les établissements privés de soins. Les ouvriers hospitalisés, eux, préfèrent se tourner vers un établissement public.

Malgré l’exclusion de différents facteurs lors de la réalisation de l’étude (besoins en soins, réputation, distance, dépassements d’honoraires), la Drees confirme que « la fréquentation d’un établissement privé plutôt qu’un établissement public est fortement liée à la profession ou catégorie socioprofessionnelle ».

Le secteur public plus sollicité par les retraités

Chez les retraités, les anciens ouvriers fréquentent toujours davantage les hôpitaux publics :

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Au troisième âge, les catégories sociales n’ont plus que peu d’influence sur le choix entre le secteur public et privé. Ainsi, les hôpitaux publics reçoivent 42% des retraités anciens cadres et professions intellectuelles supérieures contre seulement 28% des actifs de cette catégorie. Ce revirement de situation s’explique par le fait que le gradient social cède davantage d’influences au type de pathologie. De plus, les établissements publics ou privés à but non lucratif offrent une plus large palette de soins que les privés en termes d’affections lourdes, plus marquées à la retraite.

Quoi qu’il en soit, les établissements privés de soins continuent de jouer un rôle majeur dans la santé publique en accueillant la majorité des classes aisées, plus de la moitié des classes moyennes et une part considérable des retraités. Redevables d’impôts et rendant des comptes à leurs associés, ces « entreprises » se sont toutefois senties « attaquées » durant ce quinquennat selon la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP).

Cette dernière dénonce notamment les pressions et dégressions tarifaires, l’exclusion juridique du « service public hospitalier » et le concept de bénéfices raisonnables que son président Lamine Gharbi juge contradictoires à « toute logique entrepreneuriale ».

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1 commentaire sur Plus de la moitié des classes moyennes fréquente des établissements privés de soins

  1. « le penchant », peut-être pour certains, mais pas pour tout le monde, et c’est surtout dû à la fermeture de certains services dans les hôpitaux.
    Mon mari a dû subir une petite intervention de la main droite, l’hôpital l’a dirigé vers une clinique. Ou alors il fallait aller dans un autre hôpital. Juste une boule à enlever. Une autre boule est en train d’apparaître, mon mari ne l’a fera pas enlever, en raison des suppléments.
    Un ami, qui était suivi à l’hôpital pour un problème au pied, a été également dirigé vers une clinique. Etant donné qu’il y a supplément à tous les étages, il a cessé les soins !

    Alors, permettez moi de douter de l’étude de la Drees.

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