Le pôle psychiatrie du CHU de Coulommiers fui par les médecins

Le pôle psychiatrie du CH de Coulommiers fait l'objet d'un rapport suite à la visite de cinq contrôleurs. L'établissement dont les installations sont à revoir, rencontre des difficultés à recruter et garder ses psychiatres.

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a rendu son verdict concernant le CH de Coulommiers en Seine et Marne, suite à sa visite datant de 2016. L'établissement rencontre des problèmes sérieux quant à l'embauche de psychiatres qualifiés. Les cinq contrôleurs qui ont visité l'hôpital constatent 11 bonnes pratiques, mais formulent pas moins de 30 recommandations à mettre en oeuvre pour le bon fonctionnement de l'établissement...

Les collaborateurs partent dans d'autres établissements

Le tableau des effectifs médicaux est contrasté et suscite des inquiétudes, avec des effectifs satisfaisants mais d'évidents problèmes de recrutement de psychiatres (3,2 psychiatres en équivalent temps plein) qui imposent donc de faire appel à des praticiens n'ayant parfois jamais exercé dans la spécialité ! La médecin cheffe de pôle constate l'impossibilité désormais de recruter des praticiens hospitaliers qualifiés par le diplôme d'études spécialisé de psychiatrie. De plus, les collaborateurs reçus dans le cadre d'un diplôme universitaire de psychiatrie générale sur trois an, se dirigent vers d'autres établissements une fois leur formation terminée.

Pour une unité qui regroupe des cas très lourds, le manque de personnel est alarmant. Le contact entre le patient et le médecin est primordial, surtout que certains cas graves doivent être constamment surveillés. 

Un équipement peu entretenu et inférieur à la moyenne nationale

Le pôle psychiatrie du CH de Coulommiers dispose de quarante-huit lits "seulement", constatent les contrôleurs. Ce n'est pas suffisant pour assurer les besoins des 107 000 habitants, surtout que le CH reçoit beaucoup de patients en soins sans consentements, représentant 20% des hospitalisations complètes. L'équipement de l'établissement représente 0,8 lits pour 1000 habitants, c'est inférieur à la moyenne de la région Ile-de-France avec 0,9 lit pour le même nombre d'habitants, et à la moyenne nationale d'1 lit. Les contrôleurs dénoncent le manque d'équipement et son entretient : "Le bâtiment, construit en 1974, est entretenu à minima et les chambres des patients, dénuées de douches et toilettes, méritent d’être rénovées et mieux équipées (bouton d’appel, liseuse etc)."

De plus, l'équipement sanitaire est à ravoir. Le pôle psychiatrie possède une douche pour six lits. Un ratio qui n'est pas suffisant pour les contrôleurs, rapportant que "le nombre de douches et de WC devrait être augmenté". Des rénovations des locaux et du mobilier doivent également être mises en oeuvre. Les chambres sont bien équipées du minimum nécessaire, mais restent "spartiates".

Coulommiers n'est pas le seul hôpital ou le pôle psychiatrie rencontre des difficultés. Le même cas a été constaté à Amiens, qui n'arrive pas à recruter des médecins qualifiés, et dont les équipements sont à revoir. Et on doute que le dégel de 44 millions d'euros pour les domaines de la psychiatrie et de la SSR (soins de suite et de réadaptation) annoncé par Agnès Buzyn, suffise pour des hôpitaux qui sont vraiment la peine...

Une chambre dénommée « d’apaisement » (ancienne chambre d’isolement) (...) est équipée uniquement d’un sommier en mousse recouvert d’un matelas et d’un drap. Sans sas ni local sanitaire, elle n’est équipée ni de caméra ni de bouton d’appel. Elle peut être fermée à clé de l’extérieur et ne peut pas être ouverte de l’intérieur, faute de poignée. Une patiente a indiqué avoir été hébergée dans cette chambre, en attendant qu’un lit se libère dans une chambre ordinaire. 

1 commentaire sur Le pôle psychiatrie du CHU de Coulommiers fui par les médecins

  1. Le navire psy part à la dérive, et, s’il reste ancré dans ses méthodes moyenâgeuses, même avec de jeunes psychiatres, il va couler j’espère.
    Ce sont les patients qui souffrent des traitements psys complètement destructeurs ! Les psys font ainsi leur beurre.
    Je crains que la psychiatrie ne soit une impasse. Ses patients ne sont jamais guéris, bien au contraire. Ainsi on y entre et on n’en sort jamais car l’ état physique et mental empire : psychotropes, électrochocs, contentions n’ont toujours fait qu’empirer l’état des patients. Voilà pourquoi la psychiatrie coute cher : jamais de guérison, des patients de plus en plus abimés et devenus dangereux par les « soins ». Les psys présentent leurs victimes et demandent davantage de pognon pour soi-disant les soigner mieux ! Un stratagème qui dure depuis un siècle !
    Un artisan avec de tels résultats serait vite ruiné et serait amené devant des juges, condamné pour avoir abusé de la confiance de ses clients.
    Qui accepterait d’un plombier qu’il vous massacre la salle de bain alors qu’on l’a appelé pour réparer une fuite ? Qui accepterait de payer davantage le plombier pour qu’il répare les dégâts qu’il a occasionnés lui-même, sans même avoir réparé la fuite initiale ??

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