Pour la BRI, les cryptomonnaies ne peuvent résoudre aucun problème économique

La Banque des règlements internationaux n’est pas emballée par les cryptomonnaies. Dans son rapport annuel, elle pointe les faiblesses des monnaies virtuelles : forte consommation énergétique, frais de transaction variables, vitesse de validation limitée…

Malgré leur avènement, les cryptomonnaies voient leur nombre de détracteurs augmenter en même temps que celui de leurs utilisateurs. La Banque des règlements internationaux a même consacré un chapitre entier de son rapport économique annuel aux monnaies virtuelles. 

Bulle spéculative, système de Ponzi et catastrophe écologique

Pour Hyun Song Shin, directeur de la recherche de la BRI, les monnaies souveraines ont de la valeur parce qu’elles sont utilisées, tandis que dans le cas des crypto-monnaies, leurs détenteurs ont souvent des visées purement spéculatives. 

Dans ce rapport, la BRI estime que les cryptomonnaies posent un problème de confiance aux utilisateurs du fait « de la fragilité du mécanisme décentralisé par l’intermédiaire duquel les transactions sont enregistrées. » Ce mécanisme de validation repose sur l’approbation obtenue auprès des mineurs.

Seulement, cette validation des échanges nécessite une importante puissance de calcul et de grandes ressources énergétiques. Le rapport précise que « le coût total en électricité du minage du Bitcoin équivaut à celui d’économies de taille moyenne à l’image de la Suisse. »

On se rappelle notamment que le Québec avait limité les opérations de minage du fait du coût énergétique grandissant que ces opérations faisait planer sur la région. Pour autant, ce point reste discuté par les communautés crypto du fait du manque de comparaisons. Il est difficile d’estimer le coût énergétique des transactions traditionnelles.

Dans son rapport, la BRI revient aussi sur les fraudes aux ICO. Pour cela, elle explique que « la plupart des utilisateurs accèdent à leurs avoirs en cryptomonnaies par l’intermédiaire de tierces parties telles que les fournisseurs de portefeuilles de cryptomonnaies ou les plateformes d’échange de cryptomonnaies ». De fait, le nombre de fraudes concernant des plateformes « non-réglementaires » ou des ICO a explosé. « Nombre de ces projets se sont révélés être des pyramides de Ponzi ».

Les cryptomonnaies ne peuvent séduire le grand public

D’autres défis sont aussi pointés du doigt par la BRI. L’instance financière évoque notamment l’explosion des frais de transaction lorsqu’il faut valider rapidement un échange. Et pour cause, le nombre d’échange par seconde est de 3,3 pour le Bitcoin alors qu’il est de 3 526 pour Visa. Alors, les frais s’envolent pour les utilisateurs de cryptomonnaies lorsque ces derniers veulent que leur transaction soit prioritaire. 

En l’état actuel des choses, les cryptomonnaies n’ont, pour la BRI, pas les capacités pour « passer à l’échelle comme les monnaies souveraines ». 

Seuls des superordinateurs pourraient tenir le rythme de vérification des transactions entrantes. Le volume de communications associées aux transactions pourrait casser Internet, puisque des millions d’utilisateurs échangeraient des fichiers de l’ordre du Téraoctet (1.000 Gigaoctets) ».

Pour autant, le rapport de la BRI conclut que les cryptomonnaies proposent des aspects intéressants pour des applications plus limitées comme le transfert d’argent à l’international ou encore le financement du commerce international. Il en va de même pour le transfert de petites sommes d’argent. 

1 commentaire sur Pour la BRI, les cryptomonnaies ne peuvent résoudre aucun problème économique

  1. Tant que les cryptos ne seront pas assujetties à 4 ou 5 « mineurs qui contrôleront la somme transmise sans volatilité ou spéculation effrénée . . .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Hey, salut toi le lecteur de Décider et Entreprendre.


Ça fait maintenant deux ans que D&E existe et continue de se développer. Et le tout, sans jamais avoir reçu de subvention. Alors depuis maintenant un mois, D&E a décidé et entrepris d'intégrer quelques publicités sur sa homepage, mais aussi au cœur de ses articles. Car D&E rémunère ses équipes.


Derrière D&E se cachent des journalistes, des développeurs informatiques, des responsables communications, mais aussi des éditorialistes de passage. Tout ce petit monde travaille d'arrache-pied pour ramener de l'information fraîche, des points de vues tranchés, mais argumentés et autres gaudrioles à l'un des seuls médias en ligne complètement indépendant, à la ligne éditoriale libre, mais aussi en plein développement.


Alors, voilà, aujourd'hui, cher lecteur, on te demande un petit geste de pas grand-chose. Non, range ton portefeuille (bien que l'on accepte aussi les dons). Non, on te demande juste de désactiver ton bloqueur de pub (Ad-Block, AdThwart, Webmail Ad blocker, etc) le temps de ta navigation sur notre site ou de mettre une exception de blocage qui concerne D&E.


Le simple fait d'afficher les pubs sur notre site nous permet de rémunérer nos « incroyables » équipes. Promis, les publicités ne sont pas invasives ni agressives. On peut même les cacher si on veut (avec la petite croix dessus).


Ça nous ferait vraiment plaisir et ça permettrait qu'on s’achète notre table de ping-pong continue à écrire librement, à titiller les puissances en place, mais aussi à proposer d'autres pistes de réflexion sur des sujets habituellement traités par les médias subventionnés.


Un petit geste pour toi, mais un grand pas pour Décider & Entreprendre.


Merci à toi, ô lecteur de D&E. Et bonne lecture.

Lire les articles précédents :
L’ex-médecin de Renazé (Mayenne) condamné pour avoir « emprunté » la carte vitale de ses patients

Il était le seul médecin depuis 1980. Il a aussi été le maire de la commune de Renazé par deux...

Fermer