Pour se libérer de la monnaie nationale, un agriculteur russe lance sa cryptomonnaie !

Pour sauver son village et relancer l’économie locale, Mikhail Shlyapnikov, un agriculteur russe, a créé sa propre cryptomonnaie : le Kolion, du nom de son village. Un acte qui rentre parfaitement dans la nature cypher-punk et contestataire des cryptomonnaies. 

Connaissez-vous Kolionovo, cette charmante bourgade située à plus de 160km à l’Ouest de Moscou ? Loin d’être des plus attrayant, le village fait parler de lui par son indépendance financière, au nez à et la barbe du Kremlin. 

Le Kolion, une alternative au rouble

En 2017, Mikhail Shlyapnikov, un agriculteur, lance sa propre ICO accompagnée de sa cryptomonnaie : le Kolion. Son opération a levé près de 500 000$ grâce à des investisseurs russes mais aussi étrangers. D’après ses dires, plus d’une centaine de personnes auraient été séduites. 

Mais une chose est sûre, le Kolion existe bel et bien. La cryptomonnaie s’est même propagée aux villages alentours. Elle permet d’acheter du lait, des légumes ou encore des tracteurs. Voyant que le système fonctionnait, Mikhail Shlyapnikov a créé un système de prêt d’un nouveau genre. Avec le Kolion, il est possible d’obtenir un incubateur et 50 poussins. Ces derniers se transforment ensuite en poulet et pondent des oeufs. 

La moitié des oeufs est ensuite rendu à Mikhail. Le sort de la moitié restante est laissé libre à l’utilisateur. 

Contester la monnaie nationale avec une crypto

L’idée de créer une cryptomonnaie locale n’est pas venue par hasard à Mikhail Shlyapnikov. Cet agriculteur qui se décrit lui-même comme un « agro-anarchiste » constatait qu’il était bien difficile de « voir de roubles par ici« . 

Les banques ne veulent pas prêter aux petits agriculteurs. Alors nous avons créé notre propre monnaie !

Mikhail Shlyapnikov

Cette démarche s’inscrit parfaitement bien dans la nature originelle des cryptomonnaies qui est de redonner le pouvoir aux usagers en n’utilisant pas les systèmes monétaires traditionnels. En Russie par exemple, les banques ont bien pénétré le marché que représentent les petits villages. Seulement, les prêts proposés s’accompagnent de taux exorbitants, pas loin des 10% d’intérêts. 

Alors, les Etats peuvent-ils voir leur souveraineté être menacée sans rien dire ? Evidemment que non. Le Kremlin a d’ailleurs immédiatement réagi en missionnant un procureur local pour bannir le Kolion de l’économie, affirmant qu’il pouvait « déstabiliser l’ordre constitutionnel russe.« 

Si le manque de régulation laissait une brèche dans laquelle s’est engouffrée Mikhail Shlyapnikov, l’agriculteur a reçu l’ordre express de mettre fin à son expérience. 

Si le constat géopolitique est bien éloigné de ce que nous connaissons, l’exemple reste néanmoins pertinent et mérite que l’on s’y attarde. Un pays européen permettrait-il la création d’un système monétaire alternatif sur lequel il n’aurait aucun contrôle ? Pas sûr…

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