Pourquoi AXA vend au UK ?

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La rumeur parcourait la City depuis quelques temps. Comme le Brexit, on avait du mal à y croire. AXA vend à pertes ses activités vie au Royaume-Uni.

Vente à la découpe

AXA va céder à Standard Life sa plate-forme de vente « Elevate » au RU, sous réserve des autorisations légales. AXA venait d’annoncer fin avril la cession de ses activités de CGPI de l’Île de Man à Life Company Consolidation Group. AXA avait précédemment vendu en 2010 la majeure partie de son activité vie à Resolution Ltd.

AXA annonce également être en discussion pour la vente des activités restantes (le Financial Times du 24 avril citait Phoenix life en tête pour la reprise): prévoyance en direct (SunLife), gestion de patrimoine traditionnelle (hors plateforme) et d’épargne retraite.

Resteraient pour l’heure, l’assurance dommages et santé et la gestion d’actif (Architas). AXA s’affiche comme 2ème assureur dommages au UK, mais on ne saurait comparer sa taille à celle du géant national Aviva.

Pourquoi ?

L’argument avancé par le DG d’AXA RU est que ses activités seraient « davantage pérennes » dans des organisations plus fortes en assurance vie. Or, les structures acheteuses ne sont pas toutes plus fortes au niveau national, et évidemment beaucoup plus modestes en assurance vie au niveau global que le Groupe AXA. Certaines activités pourraient même faire l’objet de « consolidation » (antichambre du run off).

Ces portefeuilles seraient vendus avec une très forte décote. Ces activités vie épargne retraite au RU sont estimées par AXA à 830M€. La finalisation des ventes entrainerait un impact négatif de 0,4Md€ en résultat net. Signe de sa résilience, le cours de bourse d’AXA s’est à peine tassé à cette nouvelle.

Les raisons de ces ventes ne sauraient être techniques:

  • Les taux sont bas et ne dégagent plus de marge. Mais cela s’applique à la France et encore plus à l’Allemagne, et beaucoup moins au Royaume-Uni, pays des « Unit Linked contracts» et des « Unitised funds ».
  • Avec l’entrée en vigueur de Mifid II au 3 janvier 2018, les CGPI ne pourront plus toucher de rétrocessions. Mais cela s’applique à toute l’Union Européenne.
  • Ces activités étant en Livre Sterling, elles fournissent une diversification des risques de change, et donc une économie en solvabilité 2.

Il reste des explications inavouables :

  • Le risque de Brexit, qui endommagerait la place financière du Royaume-Uni.
  • Les activités de gestion patrimoniale internationale, autrement dit d’optimisation juridico-fiscale dans un paradis fiscal (Île de Man en l’occurrence), sont en risque de dénonciation par cyber attaques comme pour les Panama Papers.
  • Le tropisme du président du groupe vers l’Allemagne (comme avec le futur DG Groupe) plutôt que vers la perfide Albion (il va pourtant y passer du temps à HSBC comme administrateur, voire comme prochain président).

En tout cas, la perte affichée porte (volontairement?) un nouveau coup au DG d’AXA France (Nicolas Moreau, après sa non promotion), qui était responsable du RU précédemment.

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