Pourquoi la France ne rattrapera jamais son retard dans les cryptomonnaies

RGPD

Le 16 avril dernier, la compagnie ARK Ecosystem a été longuement auditionnée par l’Assemblée Nationale dans le cadre d’une mission d’information sur les cryptomonnaie. Seulement, les résultats de cette réunion pourraient ne pas être à la hauteur des attentes. 

La crypto-nation française serait-elle enfin lancée ? Pas de certitude à ce sujet encore mais une chose est sûre : la question préoccupe de plus en plus les hautes sphères politiques qui n’hésitent plus à se renseigner sur le sujet. Ainsi, la société ARK Ecosystem a été longuement auditionnée par l’Assemblée Nationale dans le cadre d’une mission d’information menée par Eric Woerth. 

Une salle vide, un président perdu…

Dès les premières secondes de la mission, on sent bien que les résultats risquent de ne pas atteindre les objectifs fixés, à savoir aider le gouvernement à comprendre ce que peuvent apporter les cryptomonnaies mais aussi la technologie blockchain.

Première déconvenue, comme le dit si bien Eric Woerth, la salle de réunion est presque vide. L’inconvénient de programmer cette mission d’information au même moment qu’un débat sur la situation en Syrie. Le calendrier du président à ses réunions que les parlementaires ignorent. 

Et puis il y a aussi cette première prise de parole du président de la mission, qui vient montrer à quel point les hautes sphères politiques sont étrangères au monde des cryptomonnaies.

Avec le rapporteur Pierre Person, nous menons une mission sur les… je ne sais pas comment on appelle ça…crypto-actifs, monnaies virtuelles, Bitcoin en tous genres pour mieux comprendre de quoi il s’agit.

Eric Woerth, député LR

Eric Woerth et Bruno Le Maire, même combat…

Palabres et retards

La suite de la discussion fait aussi apparaître de nombreuses failles, que les non-initiés ne soulèveront pas mais qui feront bondir ceux qui s’intéressent aux cryptomonnaies. Ainsi, la qualité de certaines interventions est à questionner. Celle d’Alexis Collomb, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, se résume à l’étalage de son curriculum vitae. Il était particulièrement important de noter que la question des cryptomonnaie était « très intéressante pour quelqu’un qui a [son] expérience.« 
 
Notons aussi l’intervention d’Odile Lakomski-Laguerre, professeure à l’Université de Picardie Jules Verne, qui explique que l’inventeur du Bitcoin « est Satoshi Nakamoto« . Une inexactitude puisque même si ce Satoshi Nakamoto s’est auto-proclamé inventeur, rien ne prouve que cette affirmation soit vraie. Plus qu’une personne physique, l’inventeur du Bitcoin s’accorderait au pluriel. Il s’agirait vraisemblablement d’un collectif d’ingénieurs.
 

De son côté, la régulation des cryptomonnaies semble énormément préoccuper le rapporteur Pierre Person. Ce dernier affirme que « des gens ont perdu de l’argent [en investissant dans les cryptomonnaies] ». Difficile de lui donner tort sur ce point, à la nuance près que nombre de personnes ont aussi perdu de l’argent en investissant en bourse de la même manière que dans les cryptomonnaies.

Il explique ensuite que « la protection des usagers se fera avec une éducation financière ». Il faut alors lire entre les lignes : parlons-nous de cours dispensés aux investisseurs en cryptomonnaie ? Si oui, qui se chargera de jouer les professeurs ? Eric Woerth, qui n’arrive même pas à définir ce qu’est une cryptomonnaie ? Ou bien parlons-nous d’investissements facilités par l’Etat grâce à une régulation qui ne dit pas son, donc une réglementation, donc une taxation ?

Autant de questions sans réponses, qui montrent à quel point l’Etat n’est pas prêt à intégrer les crypto-monnaies dans sa fiscalité. Et ce, malgré le fait que le Conseil d’Etat ait été saisi pour faire baisser la taxation actuelle sur les « crypto-choses« , comme dit si bien Jérôme Blanc. 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Hey, salut toi le lecteur de Décider et Entreprendre.


Ça fait maintenant deux ans que D&E existe et continue de se développer. Et le tout, sans jamais avoir reçu de subvention. Alors depuis maintenant un mois, D&E a décidé et entrepris d'intégrer quelques publicités sur sa homepage, mais aussi au cœur de ses articles. Car D&E rémunère ses équipes.


Derrière D&E se cachent des journalistes, des développeurs informatiques, des responsables communications, mais aussi des éditorialistes de passage. Tout ce petit monde travaille d'arrache-pied pour ramener de l'information fraîche, des points de vues tranchés, mais argumentés et autres gaudrioles à l'un des seuls médias en ligne complètement indépendant, à la ligne éditoriale libre, mais aussi en plein développement.


Alors, voilà, aujourd'hui, cher lecteur, on te demande un petit geste de pas grand-chose. Non, range ton portefeuille (bien que l'on accepte aussi les dons). Non, on te demande juste de désactiver ton bloqueur de pub (Ad-Block, AdThwart, Webmail Ad blocker, etc) le temps de ta navigation sur notre site ou de mettre une exception de blocage qui concerne D&E.


Le simple fait d'afficher les pubs sur notre site nous permet de rémunérer nos « incroyables » équipes. Promis, les publicités ne sont pas invasives ni agressives. On peut même les cacher si on veut (avec la petite croix dessus).


Ça nous ferait vraiment plaisir et ça permettrait qu'on s’achète notre table de ping-pong continue à écrire librement, à titiller les puissances en place, mais aussi à proposer d'autres pistes de réflexion sur des sujets habituellement traités par les médias subventionnés.


Un petit geste pour toi, mais un grand pas pour Décider & Entreprendre.


Merci à toi, ô lecteur de D&E. Et bonne lecture.

Lire les articles précédents :
A la CFDT et à la CGT, on croule de moins en moins sous les adhérents

Coup sur coup, deux informations relatives aux nombres d'adhérents de la CFDT et de la CGT ont été publiées dans...

Fermer