La précarité de l’emploi ne pousse pas à la dépression

Un document de la DARES analyse l'impact des changements organisationnels sur le risque dépressif des salariés. Il permet de souligner qu'un salarié en emploi précaire est moins sujet à la dépression qu'un fonctionnaire ou un CDI.

Si on regarde le graphique reproduit ci-dessus, logiquement, les personnes en contrat à durée déterminée ou en intérim craignent plus pour leur emploi, que les fonctionnaires et les salariés en CDI. Cela vient de l'insécurité de l'emploi qui touche davantage les CDD. Mais la crainte pour son emploi n'est pas nécessairement liée à l'apparition d'une dépression.

Les changements dans le travail facteur de dépression

Le document de la DARES démontre que les facteurs de crainte et de symptôme dépressif ne sont pas toujours liés. Et comme le démontre le graphique ci-dessus, les salariés du secteur privé qui bénéficient d’un CDI mais ont vécu au moins trois changements dans leur travail, représentent 41% des sondés. Ils sont presque aussi nombreux que les 45% de salariés en CDD ou en intérim n’ayant pas vécu de changements, à craindre pour leur emploi. Pour les salariés, il s'agit de la crainte d'une dégradation des conditions de travail, ou de la pérennité de l'emploi. Dans les faits, les salariés qui subissent des changements, sont davantage sujet à des symptômes dépressifs. Ils représentent presque 15% des fonctionnaires et CDI du privé, ayant subit trois changements et plus. Pour les CDD, cela concerne moins de 10% des salariés.

Le risque dépressif est moindre en cas de consultation des salariés

Les salariés qui ont connu un changement important dans le cadre de leur travail signalent plus souvent un symptôme dépressif (14 % contre 9 % pour les autres). Mais on constate que leur état de santé psychique dépend plusieurs facteurs : l'information, la consultation et la participation aux décisions lors du changement. Et il s'avère que 37 % des salariés présentant un symptôme dépressif, n’ont été ni informés correctement ni consultés. Il se pourrait que les salariés déprimés aient tendance, de ce fait, à se déclarer mal informés ou écoutés.

De même que le chômage est un facteur prouvé de dégradation de la santé mentale, l’insécurité socio- économique, pour les personnes en emploi, figure parmi les principaux facteurs psychosociaux de risque, aux côtés de l’intensité du travail, du manque d’autonomie et de soutien social, de la demande émotionnelle et des conflits éthiques.

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