La Préfecture française : cette maison qui rend fou

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Les visiteurs des Préfectures de France le savent, effectuer une démarche administrative, la plus simple qui soit, peut souvent donner des sueurs froides. La phrase tant redoutée “Avez-vous le papier que nous ne vous avons pas demandé lors de votre précédente visite ?” tombe souvent comme l’annonce d’un énième retour à la case départ et n’épargne (presque) personne.

La simple déclaration de perte de carte grise d’un véhicule d’entreprise se transforme alors en mauvais tour de manège qui se répète : plusieurs heures d’attente pour quelques minutes d’une attraction que l’on aimerait éviter.

 

Premier round : obtenir un ticket d’attente

Toute personne ayant déjà goûté aux joies des services d’une Préfecture le savent : des étapes cruciales sont nécessaires pour pouvoir rencontrer un agent et obtenir plus d’informations.

Pour être sûr de pouvoir obtenir un ticket et ne pas gâcher une demi-journée de travail, préférez arriver devant les portes à 7h30 du matin. Vous serez ainsi assuré d’être parmi les premiers à être reçus après l’ouverture du guichet pour obtenir un ticket d’attente associé à votre démarche aux alentours de 8h30-9h selon les cas…

C’est ici que cela peut se gâter ! En effet, lors de ma première tentative, après 2h d’attente, je n’ai même pas pu obtenir de ticket (qui m’aurait permis d’attendre 30 minutes de plus en salle d’attente avant d’être reçu par un agent) ! La sympathique demoiselle derrière son guichet me signifiant qu’il ne manquait que l’extrait K-bis de la société pour que mon dossier soit complet, j’ai dû reconnaître cet oubli de bonne foi et rentrer au bureau pour 10h.

Après vérification, le site officiel de la Préfecture du Rhône signifie (dans un lien hypertexte sur lequel la grande majorité des gens ne dois jamais cliquer) bel et bien que dans le cas d’une Société, le seul document à apporter pour prouver l’identité du dépositaire est l’extrait K-bis.

 

Second round : déposer son dossier complet

Ayant réuni tous les papiers manquants demandés par l’agent du guichet “tickets d’attente”, je retourne à la Préfecture la semaine suivante. Après 1h30 d’attente, les portes s’ouvrent et me voilà en quelques minutes devant le même guichet. Cette fois-ci, mon dossier n’est même pas regardé et l’agent administratif me donne immédiatement le sésame ! Me voilà en train d’attendre en m’interrogeant sur le caractère aléatoire de la vérification des dossiers au niveau de la prise du ticket…

Me croyant naïvement tiré d’affaire et en bonne voie pour déposer mon dossier, je suis appelé à un nouveau guichet après quelques minutes d’attente.

Surprise !! La personne qui se trouve en face de moi m’annonce qu’il manque des documents supplémentaires. Ces documents, qui ne m’avaient pas été signalés lors de ma première visite, ne figurent évidemment pas dans la liste des documents prévus sur le site de la Préfecture.

De nature plutôt calme et diplomate j’accueille la nouvelle avec un rire jaune à l’idée de devoir revenir. Surtout, je m’interroge intérieurement pour savoir pourquoi ces documents qui semblent indispensables ne m’ont pas été demandés la première fois.

“La prochaine sera la bonne”, lui dis-je avec entrain, pas de réaction… l’espoir fait vivre qu’ils disaient.

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A propos Leo Guittet 97 Articles
Juriste spécialisé dans les données de santé à Tripalio depuis 2014, j'écris quotidiennement des articles sur le thème de la protection sociale collective et des données de santé. Actuellement en thèse CIFRE sur le sujet de l'accès aux données de santé en France, je suis intéressé par tous les sujets qui touchent aux avancées technologiques et juridiques sur ce thème.

1 commentaire sur La Préfecture française : cette maison qui rend fou

  1. J’ai vécu votre situation à chaque achat d’un véhicule d’occasion.

    Mais le pire est à prévoir quand la péefecture commet une erreur sur le certificat d’immatriculation. Vous avez beau présenter le texte de loi, vous êtes considéré comme un criminel.

    J’en conclus que les fonctionnaires sont au service de leur fonction et non pas des citoyens.

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