Primaire de la gauche: un premier débat à encéphalogramme plat

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Le premier débat pour la primaire de la gauche n’a réservé aucune surprise: les candidats se sont exprimés avec retenue et même timidité sur les sujets abordés par leur programme. On attendra donc les débats suivants pour savoir si des positions ou des rapports de force se dégagent plus clairement.

Chaque candidat a joué son rôle dans la primaire de la gauche

Sans surprise, chaque candidat a joué sa partition, occupant l’espace politique qui lui est dévolu. On a donc retrouvé un Benoît Hamon en voltigeur de l’aile gauche du parti et Sylvia Pinel en candidate auto-proclamée de l’entreprise. Entre les deux, les uns et les autres n’ont pas déçu, mais n’ont tenu aucune promesse. L’essentiel du débat a donc consisté à confirmer des propositions déjà connues dans un ordre assez attendu.

Valls n’a pas fait la différence

Un enseignement est donc à tirer du débat: Manuel Valls n’a pas fait la différence avec ses rivaux. Donnant souvent le sentiment d’être sur la défensive ou en position de justifier l’action d’un gouvernement qui pèse lourd dans la besace. Son ton était parfois crispé ou tendu. De ce point de vue, son expérience de Premier Ministre ne lui a donc pas permis d’incarner naturellement une candidature à la présidentielle.

Montebourg bien préparé

Sur la forme, c’est probablement Arnaud Montebourg qui a dégagé le plus de “prestance” et semblait à la fois le mieux préparé et le plus à l’aise. Il est apparu tel qu’en lui-même: à la fois grandiloquent et très attiré par les effets de langage. Il a multiplié les promesses et les annonces alléchantes. En revanche, il n’a guère montré une maîtrise technique particulière des dossiers d’actualité.

Peillon toujours lunaire

Vincent Peillon a mis son éloquence de professeur de philosophie au service de sa candidature. Son discours, très axé autour des valeurs, paraît toujours aussi déconnecté de la réalité des Français. Peillon a-t-il compris la différence de nature entre un débat pour une primaire à la présidentielle et un congrès du Parti Socialiste?

La suite nous le dira, mais on a deviné que, brusqué sur des dossiers techniques comme ceux de protection sociale, Peillon pourrait être mis en sérieuse difficulté.

Hamon le mieux préparé idéologiquement

Dans cette course de surplace, la richesse idéologique du programme de Benoît Hamon constitue donc un atout certain. L’intéressé peut imposer ses thèmes par le simple effet qu’il n’existe aucune idée alternative forte. On l’a bien senti hier, durant le débat: le revenu universel, la taxe sur les robots, sont des sujets assez faciles à imposer lorsqu’on est face à un vide intellectuel.

Les rivaux de Hamon ont bien eu tort de sous-estimer cet effet et pourraient s’en mordre rapidement les doigts. Dans la pratique, la nature de l’électeur est souvent d’avoir horreur du vide.

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2 commentaires sur Primaire de la gauche: un premier débat à encéphalogramme plat

  1. Rien de bien nouveau sous le soleil de la Gauche !
    Quelques idées qui ne comblent effectivement pas un “vide de fond” certain , mais dramatiquement soutenu par un “vide de forme” encore plus profond .
    Je veux dire par là , que ces idéologues , toujours prêts ( comme les scouts ! ) “à donner et à faire ” , n’expliquent jamais le qui et le comment , cela surtout sans aucun chiffres .
    Mais , aligner des chiffres , s’ils en sont toutefois capables , demandera une sérieuse démonstration , motivée par des études et exemples capables de résister au questionnement le plus fin !
    Et cette partie n’est pas encore jouée , sinon , par ceux qui la joue déjà en sourdine , suivez ma pensée fiscale , les classes moyennes , que ceci dit , nos penseurs vont aller chercher au salaire médian de 1900 E , somme toutes un peu light !
    J’espère que ces démonstrations nous serons opposées , chiche , voyons un peu !
    Par contre , j’eusse beaucoup aimé , voir l’un des ces “bons samaritains” , aborder un sujet diablement “omertarisé” qui est celui du jeu des banques et de la finance internationale sur nos économies , ainsi que les positions très difficiles de certaines banques qui font peser un risque énorme sur notre système dans son ensemble .
    Vu par moi , ce sujet , qui est un brulot en puissance , ne peut être passé sous silence dans une élection comme celle d’une présidentielle .
    En effet un chef d’état est de fait amené à croiser le fer avec d’autres , leur ( très relatif ) pouvoir en la matière , devrait tout de même pouvoir être exploité .
    Rendons-nous au prochain débat !

  2. Rien de nouveau, de belles paroles philosophiques, mais aucun contact avec la réalité de la vie quotidienne des français.
    L’économie nationale ne permettrait pas une augmentation des salaires et des revenus !!!(qui permettrait malgré tout une relance de la consommation ), mais aucune explication sur l’éventualité d’un ”revenu universel” et comment le financer. Il serait préférable de baisser les charges sociales, de relancer l’économie d’une façon kénesienne par de grands travaux ou la construction de logement dont nous manquons tant etc…, avantager les investissements industriels en transférant les investissements spéculatifs vers l’économie réelle, etc… Enfin rien de concret et de convainquant.

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