Prison avec sursis pour Claude Reichman et les libérés de la Sécu

Le tribunal correctionnel de Paris vient de rendre une décision lourde pour Claude Reichman et quelques autres militants de la lutte contre le monopole de la Sécurité Sociale. Des peines de prison avec sursis ont été prononcées. La décision met probablement fin à une épopée intéressante, mais menée dans un climat malsain de sectarisme et d’intolérance. 

Le tribunal correctionnel a eu la main lourde. Pour avoir organisé un système d’incitation à la désaffiliation au RSI, Claude Reichman écope de 10 mois de prison avec sursis. Son association se voit infliger 60.000€ d’amende, dont la moitié avec sursis. Les autres prévenus prennent également cher. Laurent C., en particulier, bien connu des « libérés », écope de 5 mois avec sursis. L’association Liberté sociale, dont les porte-parole ont souvent le verbe haut, est elle aussi soumise à l’amende. 

Un combat mené dans une étrange cécité

Sur le fond, les sanctions tombent dans un étrange contexte de paranoïa. Depuis plusieurs années, Claude Reichman et ses acolytes mènent un combat dans un climat toxique proche de l’esprit sectaire. Alors que l’association des Libérés de la Sécu et ses multiples avatars enchaînent les défaites en justice sur le monopole de la sécurité sociale, ses adeptes crient régulièrement victoire et n’hésitent pas à imaginer des complots pour les faire taire. 

Leur argument principal (selon lequel le monopole de la sécurité sociale serait contraire au droit communautaire) a beau être régulièrement infirmé, sous toutes ses formes, par la Cour de Justice de l’Union Européenne elle-même, rien n’y fait. Ceux qui ont subi une condamnation hier ont répété à de nombreuses reprises qu’ils avaient manifestement raison contre toutes les évidences. La justice n’a pu que tenir compte de cette mystérieuse obstination. 

Les conflits d’intérêt à peine évoqués

Au demeurant, la justice ne s’est pas encore intéressée au fonctionnement financier des libérés. Selon nos sources, beaucoup d’adhérents ont été étonnés du faible service effectif rendu par Claude Reichman en contrepartie des cotisations versées. 

La déception a été forte pour plus d’un cotisant qui s’était entendu certifier que ne plus payer ses cotisations de sécurité sociale était parfaitement légal. Les audiences devant les tribunaux de sécurité sociale qui s’ensuivaient étaient souvent sanglantes…

Certains se sont par ailleurs régulièrement étonné que, dans la foulée, Claude Reichman fasse la promotion d’un cabinet de courtage anglo-saxon, supposé offrir des garanties équivalentes à celles de la sécurité sociale. Le héros des libérés peut d’ailleurs se féliciter, à ce stade, que le régulateur n’ait pas approfondi cette étrange façon (et opaque!) de promouvoir des opérations d’assurance. 

Le silence du régulateur a d’ailleurs fait des émules, puisqu’un avatar des libérés proposait récemment de mutualiser les coûts des procédures judiciaires entre adhérents. 

Un gâchis pour les adversaires du monopole de la sécurité sociale

Les libéraux adversaires du monopole de la sécurité sociale regretteront le climat d’intolérance que Claude Reichman et ses affidés ont fait régner sur leur cause depuis plusieurs années. La condamnation pénale d’hier finit de discréditer un sujet majeur pour nos sociétés.

De ce point de vue, Claude Reichman est le meilleur ami des partisans de la sécurité sociale et de son monopole. Facile à corneriser, il a terni toute possibilité de débat pour de nombreuses années. 

4 commentaires sur Prison avec sursis pour Claude Reichman et les libérés de la Sécu

  1. La liberté de s’assurer pour la maladie et la vieillesse est un droit légitime mais illégal. Comment faire changer la loi ? Pas de réponse ? Le monopole de la SS est une calamité. Ce système est injuste et ruineux, destructeur. Que la justice de l’Etat condamne des particuliers qui ne veulent que pouvoir échapper au massacre, n’a rien d’étonnant. Condamner à de la prison des personnes qui ne parlent que de liberté démontre bien que la liberté individuelle est une illusion dans notre pays. L’ENA au pouvoir, ce clergé de l’Eglise étatique, avec à sa tête un élu détenteur de la seule vérité, n’augure de rien de bon. Ce pays est foutu.

  2. Si d’aventure ce droit était confirmé alors c’est tout le château de carte qui s’écroule. Ceux qui en ont les moyens partiront. Il ne restera plus que les petits salariés cotisants qui ne se poseront pas la question d’un départ. Auxquels, il convient d’ajouter aussi le budget pour les membres de cette organisation soit 153 000 pers salariés dans 415 entités.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Lire les articles précédents :
Bruno Le Maire se ridiculise sur les cryptomonnaies

Dans une interview de deux minutes donnée à l'occasion du Capital Markets Summit, Bruno Le Maire a exprimé son attachement...

Fermer