Privas, commune reine de l’absentéisme exceptionnel des agents

Dans la catégorie gaspillage d’argent public, la chambre régionale des comptes d’Auvergne-Rhône-Alpes se penche sur le cas de Privas, chef-lieu de l’Ardèche. Dans son rapport, on apprend qu’en plus d’un temps de travail inférieur au régime légal, les agents bénéficient surtout de nombreux jours d’absence exceptionnels en plus. 

D’après le rapport ci-dessus, la commune de Privas s’est retrouvée dans une situation délicate où tous les agents communaux n’étaient pas soumis au même régime de travail. En clair, avant l’application de la loi de 2001 sur l’aménagement et la réduction du temps de travail, le temps de travail était fixé à 39 heures hebdomadaires.

Cependant, plusieurs services municipaux effectuaient 37 heures. « Afin de gommer les disparités entre les différents services, et dans un souci d’équité, le conseil municipal avait alors adopté la diminution de la durée hebdomadaire de 39 heures à 37 heures 30.« 

Ainsi, avec le cumul des jours de congé, des jours exceptionnels, et fériés, les services de Privas travaillant sur une base de 35 heures n’effectuaient que 1 547 heures annuelles, tandis que les 37 h 30 et les 39 heures eux atteignaient 1 567 heures. Assez en deçà des 1 607 heures légales. Le coût annuel estimé de ce régime favorable est de 244 706 €.

A Privas, on s’absente pour le mariage du cousin germain

Le rapport met aussi en lumière un régime d’autorisation exceptionnelle d’absence très favorable aux agents par rapport au régime légal censé être en vigueur.

Ainsi, la chambre régionale des comptes a dû se fonder sur une note qui date de 1999 mais dont les motifs d’absences spécifiés sont toujours en vigueur. On apprend alors que là où la fonction publique prévoit 20 jours d’absence exceptionnels pour des mariages, décès, naissances ou maladie grave du conjoint, Privas en prévoit 36 !

Par exemple, aucun jour d’absence n’est légalement prévu pour le mariage d’un enfant. A Privas, ce sont 3 jours qui sont octroyés. Pareil pour ce qui est du décès d’un conjoint. Seulement 3 jours sont normalement prévus. A Privas, la durée est doublée. Plus surprenant, là où aucun jour n’est octroyé pour le mariage d’un cousin germain, Privas donne une journée.

La chambre régionale des comptes dénombre un absentéisme en baisse de 67% entre 2009 et 2015. Malgré tout, avec 2 292 jours d’absence en 2015 (contre 6 909 en 2009 !), le rapport chiffre à 219 977 € le coût de l’absentéisme. 

Heureusement que les chiffres concernant l’absentéisme de 2009 ne sont pas présents dans le rapport. Cependant, on peut faire quelques projections assez alarmantes quand on observe ceux de 2011 : il fallait compter 4 624 jours d’absence pour un coût de 405 146 €. Une coquette somme pour une commune de moins de 10 000 habitants…

L’ordonnateur n’ayant pas été en mesure de communiquer l’ensemble des données prévues dans le tableau de l’évaluation du coût de l’absentéisme, la chambre recommande que le service RH soit doté des outils lui permettant de suivre de manière précise l’absentéisme et ses motifs.

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