La protection sociale en France coûte cher aux employeurs

Le Haut Conseil du financement de la protection sociale vient de publier un état des lieux du financement de la protection sociale en France. Nous ne publions aujourd’hui les meilleurs extraits et le texte complet.

La protection sociale coûte cher aux employeurs

Autre différence entre la France et l’Allemagne, la part des salaires et traitements bruts dans le coût total de la main-d’œuvre, établi par Eurostat à partir des enquêtes sur le coût de la maind’œuvre. Cette part est, après celle observée en Suède, la plus faible des pays considérés en France (avec 68,1 %) tandis qu’elle s’élève à 78,0 % en Allemagne, la moyenne se situant à 74,6 % dans la zone euro (cf. figure 10). Ces écarts reflètent principalement les différences de modes de financement de la protection sociale. La part des salaires dans le coût du travail est généralement plus élevée dans les pays où le financement passe prioritairement par l’impôt sur le revenu comme au Royaume-Uni (84,1 %) ou davantage par des cotisations acquittées par les personnes protégées (comme c’est le cas en Allemagne). Elle est plus faible lorsqu’il est assuré par une part significative de cotisations à la charge des employeurs comme en Suède (67,6 %) ou en France. Une part élevée des prélèvements acquittés par les employeurs ne conduit cependant pas nécessairement à un coût du travail élevé, comme en témoigne le cas de l’Espagne. À l’inverse, la part des cotisations employeurs ne représente que 13 % du coût total de la main-d’œuvre au Danemark, alors que le coût horaire du travail y est de loin le plus élevé en Europe.

Sur la période 2000-2015, la croissance du coût horaire du travail en Allemagne a été tirée par une évolution modérée des salaires et traitements bruts (+1,5 % en moyenne annuelle), la part des cotisations employeurs ayant quant à elle diminué de 2,1 points (cf. figure 12). En France, cette part est restée quasiment stable sur la période (-0,3 point), et la dynamique des salaires horaires bruts a été plus importante (+2,6 %) qu’en Allemagne, mais dans la moyenne des autres pays considérés. Cela explique la divergence des taux d’évolution des coûts horaires du travail entre les deux pays (2,6 % en France contre 1,3 % en Allemagne). Les évolutions en Espagne, aux Pays-Bas et en Suède sont assez similaires à celles observées en France, avec une croissance des coûts horaires de la main-d’œuvre de l’ordre de 2,4 % à 2,6 %, mais contrairement à la France, une évolution légèrement plus soutenue des cotisations à la charge des employeurs que des salaires bruts. En revanche, la situation de l’Italie tendrait à se rapprocher de celle de l’Allemagne, avec un taux de progression annuel moyen des cotisations des employeurs (+1,5 %) nettement plus faible que celui des salaires bruts (2,4 %), les taux d’évolution étant cependant nettement plus élevés que ceux observés en Allemagne. Enfin, la situation du Royaume-Uni est tout à fait spécifique, avec un taux de croissance des cotisations sociales et autres coûts à la charge des employeurs nettement plus important (+3,3 % en moyenne par an contre +2,5 % pour le taux de croissance des salaires bruts).

 

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1 commentaire sur La protection sociale en France coûte cher aux employeurs

  1. La Fran-an-ance n° 1 du tableau à toutes les dates . . . prélevez, taxez, soustrayez, imposez, surimposez, abusez, assignez, assujettissez, astreignez, chargez, condamnez, contraignez, enjoignez, exigez, forcez, frappez, grevez, infligez, obligez, ordonnez, prélevez, pressurez, sommez, soumettez, surchargez,

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  1. Cette Sécu qui nous coûte très cher | Contrepoints

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