Au Puy-en-Velay, les fonctionnaires font la guerre à Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez est attaché au Puy-en-Velay, c’est une certitude. Mais aujourd’hui les fonctionnaires se mettent en ordre de marche contre lui et sa politique de réduction des frais de fonctionnement. Une mesure qui portait ses fruits par ailleurs…

La commune du Puy-en-Velay serait-elle devenue le fief de toutes les contestations ? Mardi 28 novembre, une partie du personnel de la Communauté d’agglomération du Puy, de la ville et du CCAS (Caisse centrale d’activités sociales) ont manifesté devant la mairie et même dans la mairie en début d’après-midi. En cause, la hausse du temps de travail de 1 533 heures annuelles à 1 607h. 

Les objets de la grogne

Clairement, le principal argument des manifestants est la hausse du temps de travail annuel, pour des salaires qui eux n’augmentent pas. Ainsi, ils évoquent en premier lieu un « déblocage de 300 000€ pour subventionner le projet de la forteresse Saint-Vidal », ou encore des achats pour « 200 000€ de places de parking ». Pour ce qui est de la première somme évoquée, elle existe bel et bien. Mais il faut la reconsidérer dans son contexte global. En somme, ce château va abriter un parcours animé avec projection de sons et lumière. Décliné à partir de ce qui se fait au Puy-du-Fou, cet investissement a volonté à améliorer le tourisme en Auvergne. 

Si les élus évoquaient un vote à marche forcée, il ne faudrait pas oublier que d’autres acteurs étaient aussi sur les rails pour s’octroyer les parts de la commune. Dans ce projet qui devrait ramener plus de 40 000 visiteurs dès 2018, la collectivité n’est pas seule puisque le département versera 300 000€ et la Région 600 000€.

L’absentéisme, le coeur du débat

Autre revendication, le maintien du régime indemnitaire actuel à l’ensemble du personnel et une revalorisation de 20% « correspondant à la perte du pouvoir d’achat des fonctionnaires depuis plusieurs années » souligne Stella Masson de la CGT. Pour elle, avec ces mesures qui se dessinent, ce sont les plus bas salaires qui seront les plus impactés. « Les plus bas salaires touchent actuellement 3 000 euros de primes, elles descendraient à 2 800€ qui seraient garanties, le reste varierait en fonction de l’absentéisme. » 

Seulement, on ne peut qu’être interloqué par cet argument. D’après la grille indiciaire de la fonction publique territoriale, un « catégorie c » touche entre 1 617€ bruts mensuels et 2 184€ pour un emploi en temps plein. Or les fonctionnaires du Puy travaillent actuellement 1 533h annuels, soit un peu moins de 30h hebdomadaires. Rajoutons à cela une prime de 3 000€ soit 250€ mensuels pour compenser ce temps partiel et l’on se dit que la situation n’est pas si catastrophique. Ainsi, 2 800€ soit 233€ par mois seraient tout de même garantis pour un passage aux 35h par semaine tout en ayant les emplois préservés.

En fait, cette manifestation fait suite à celle du 14 novembre qui s’érigeait contre la politique de réduction des frais de fonctionnement voulue par la ville. Des mesures souhaitées par la Cour des comptes qui déplorait, par ailleurs, des taux d’absentéisme record ! A la lumière de ces chiffres, on se dit qu’un petit effort ne sera pas de trop. Non ?

La chambre encourage donc la commune à poursuivre le cycle de désendettement et à
optimiser ses dépenses de fonctionnement.
Dans la nouvelle organisation, un pôle « absentéisme » commun à la communauté d’agglomération,
à la ville et au CCAS a été créé. Si les absences sont comptabilisées, elles
ne sont pas suivies en continu dans un tableau de bord RH périodique des ressources humaines. Le tableau, figurant au rapport 2011 sur l’état de la collectivité, n’apporte pas, par définition, d’éléments de lecture sur la nature des absences ou le coût moyen de l’absentéisme. Ces données, pourtant utiles pour la gestion de la masse salariale ne sont pas systématiquement produites par la collectivité. Entre 2011 et 2013, le taux d’absentéisme a augmenté de 24 % sur la période, passant de 5,7 % à 8,7 % . Il reste légèrement inférieur aux taux moyens nationaux. Le panorama des absences au travail pour des raisons de santé dans les collectivités territoriales de novembre 2014 indique un taux de 9,1 % en 2013 pour les collectivités de plus de 150 agents.
Son évolution nécessite un suivi plus rigoureux, afin d’identifier le poids des différents motifs d’absence et d’avoir une action correctrice ciblée en conséquence. Le nombre de jours d’absences converti en équivalent temps plein pour 2013 représente
près de quatre emplois
pour un coût annuel moyen chargé de 125 000 €
La chambre constate que l’objectif de diminution de l’absentéisme, en particulier du congé maladie ordinaire, qui a été défini en contrepartie
d’une harmonisation à la hausse du régime indemnitaire dans le cadre de la mutualisation n ’a pas pu être atteint, voire s’est dégradé. Sa maîtrise impose un suivi plus fin de cet indicateur.

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