Radars routiers : la Cour des comptes insinuerait qu’ils ne sont que des « pompes à fric »

Un chapitre entier du rapport annuel de la Cour des comptes est consacré à « la gestion des amendes de circulation » et à ses « insuffisances à surmonter ». Les sages estiment que 700 millions d’euros annuels ne sont pas perçus du fait de l’insolvabilité de conducteur ou des limites techniques des radars. Pour cela, il est proposé de moderniser encore l’équipement répressif alors même que différentes études pointent du doigt l’inefficacité des procédés sur la mortalité routière. 

Le 1er février, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) estimait à 3 693 personnes le nombre de tués sur la route en 2017. Un chiffre en baisse de 1,2%, soit 45 personnes de moins par rapport à 2016. 

Pour autant, ce même observatoire constate que le nombre d’accidents corporels est en hausse (+2,4% soit 1 372 en plus pour un total de 58 894), de même que pour le nombre de blessés (+2% soit 1 421 pour un total de 74 066) et les hospitalisations de plus de 24h (+1,8% soit 487 personnes en plus pour un total de 27 674). Des chiffres qui viennent remettre en doute l’efficacité des dispositifs de sécurité actuels.

Le Cour des comptes veut de meilleurs radars !

La répression se veut donc toujours plus forte. Dans ce cadre, la Cour des comptes a estimé dans son dernier rapport annuel que la faute est à imputer aux limites techniques des radars automatiques. 

En 2016, ce sont 25 millions de clichés qui ont été pris, soit une augmentation du nombre d’infractions relevées de 40% entre 2013 et 2016. Seulement, le taux de transformation des messages d’infraction en contravention a diminué, passant de 75% à moins de 70%. Dans le même temps, les délais de traitement des dossiers s’est lui considérablement allongé, passant de 4,5 jours en 2015 à 8,9 jours en 2016. 

Il existe un taux de rebut jugé « incompressible » pour de nombreuses raisons : plaques d’immatriculations endommagées ou illisibles, impossibilité d’attribuer l’infraction quand plusieurs voitures apparaissent sur un même cliché, etc.

La conclusion n’est malheureusement pas donnée clairement mais on peut largement l’apercevoir : le gouvernement veut s’attaquer à ce taux incompressible de 75% voire le dépasser. Pour cela, le seul moyen est d’avoir du matériel encore plus performant, plus coûteux aussi. 

Une administration qui se montre aussi largement déficiente 

Mais la Cour des comptes ne s’arrête pas là. Elle met aussi en lumière un taux de recouvrement des contraventions qui n’est pas à l’avantage de l’Etat. D’abord parce les contrevenants sont dans l’impossibilité de payer.

La Cour avoue aussi, à demi-mots, des failles internes. Comme dit précédemment, les temps de traitement des dossiers ont doublés. Mais les logiciels utilisés pour les recouvrements sont aussi largement déficients : « impossibilité pour les postes comptables d’avoir accès aux amendes d’un contrevenant gérées par d’autres départements, incapacité d’historiciser des informations pour un même redevable ou encore la capacité limitée de l’application à identifier les tiers.« 

Les limites de la lutte contre la vitesse sont atteintes

Faut-il s’entêter dans la lutte contre la vitesse ? Aux vues des éléments apportés par ce rapport de la Cour, on est en droit de se poser la question, surtout quand on les met en perspective avec les chiffres de la sécurité routière. 

Comme le rappelle l’ONISR, le nombre de tués sur les routes a diminué alors même que le nombre de véhicules sur les routes augmente. Les comportements changent de même que les dispositifs de sécurité. Tout n’est dont pas à mettre au crédit de la répression. Ces chiffres sont mêmes édifiants lorsque l’on reprendre le baromètre de décembre 2017 sur la mortalité routière.

Ce dernier met en lumière le fait que depuis 2010, seul les nombres de piétons et cyclistes tués ont augmenté ! Pour tous les autres moyens de locomotions, ces chiffres sont en baisse. De même, d’après l’Association de la prévention routière, la vitesse n’apparaît que comme étant le 3e risque d’accident mortel (26%), derrière la conduite sous alcool (28%) mais surtout loin derrière l’état dégradé des chaussées (35% des tués) !

Avec de telles statistiques, la Cour des comptes confirme involontairement que l’objectif des radars n’est plus la sécurité routière mais bien la volonté de faire rentrer plus d’argent dans les caisses. Sinon, la répression s’axerait davantage sur l’alcool et des fonds seraient débloqués pour combler les nids de poules. Des objectifs nobles mais moins rentables.

Le radar le plus efficace de France est à Montpellier

Avec 411 352 flashs en un, ce radar chantier utilisé sur l’autoroute A9 détient le record de sa catégorie. 

Dans la catégorie des radars fixes, c’est un engin installé dans la même région qui détient la palme. Installé aussi sur l’A9 dans le sens Nîmes-Béziers, il compte 159 520 flashs en 2016. 

Au total, sur les 25 millions de clichés, seules 16 millions de contraventions ont été dressées. La Sécurité routière estime à 920 millions d’euros les rentrées dans les caisses de l’Etat en 2016 alors que le budget est de « 3,4 milliards d’euros annuels. »

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