Des responsables israéliens soutiennent que certains ashkénazes ont un ADN particulier

Des responsables israéliens soutiennent, selon la presse locale, que des tests ADN pourraient être mis en place pour prouver l'identité juive de certains Ashkénazes. 

On lira sur le Jérusalem Post (édition française) cet article étonnant laissant entendre que la "judéité" peut être établie par des tests ADN:

Selon un rapport des éminents généticiens Karl Skorecki du Technion et Shai Tzur du Centre médical Rambam de Haïfa, environ 40 % des ashkénazes seraient les descendants de quatre femmes juives ayant émigré en Europe avec leurs familles il y a plus de 1 200 ans. « On est aujourd’hui capable de trouver des “empreintes” de liens avec ces “matriarches” dans le patrimoine génétique », ont-ils écrit. Le rabbin Yosef Carmel explique : « Une personne reçoit de l’ADN de sa mère et de son père ; cette information génétique se trouve dans le noyau de chacune des cellules du corps. Un petit groupe de gènes, différents du reste du génome humain, ne se trouve cependant pas dans le noyau, mais “réside” dans les mitochondries cellulaires. C’est ce qu’on appelle le génome mitochondrial ou ADNmt. L’ovule d’une femme est la plus grande cellule du corps humain, et le spermatozoïde d’un homme la plus petite. L’ADNmt est présent dans l’œuf tout entier, mais seulement dans la queue du spermatozoïde. Au cours du processus de reproduction, l’embryon reçoit donc l’ADNmt seulement de la mère, pas du père », poursuit Carmel. « Ainsi, les quatre matriarches juives mentionnées ont transmis cette partie de leurs codes génétiques par l’intermédiaire de leurs filles, au fil des générations, et sans que celles-ci ne soient “contaminées” par les codes de leurs époux. Un homme possède l’ADN mitochondrial de sa chaîne matriarcale, mais ne le transmet pas. »

Le Rav Carmel indique qu’il y a déjà eu des cas où le test ADNmt a aidé à prouver l’identité juive, comme le rapporte un article intitulé Citoyenneté génétique : tests ADN et loi israélienne du retour paru en 2015 dans le Journal of Law and Biosciences. L’article explique les raisons qui poussent Israël à faire usage des tests génétiques. « Il y a plusieurs façons d’interpréter le recours croissant du gouvernement israélien aux tests génétiques pour déterminer l’éligibilité à la citoyenneté ou à d’autres droits. Cela pourrait annoncer une tendance vers une politique d’immigration plus restrictive qui chercherait à protéger l’accès aux ressources de l’Etat. » On a vu des politiques restrictives similaires afin d’exiger la vérification des origines de ceux qui cherchent des visas temporaires d’étudiant ou de travail.

Du pour et du contre

Les auteurs de l’article, le Pr Ian V. McGonigle et le Dr Lauren W. Herman, précisent en revanche que « bien que la communauté orthodoxe ait l’habitude d’avoir recours aux tests génétiques pour assurer une reproduction saine parmi ses membres, celle-ci réserve un accueil plutôt mitigé à l’emploi de cette technologie pour prouver la judéité ». De nombreux rabbins se montrent en effet sceptiques, et s’inquiètent de possibles “connotations eugéniques dangereuses”, tandis que l’un d’eux pense que la génétique doit se contenter d’un rôle de “consultant” en complément de la loi juive.

On en reste tout perplexe...

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