Le revenu salarial s’établit à 20 670 euros en moyenne en 2014

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L’INSEE a publié les dernières statistiques sur le revenu salarial en France.

En 2014, le revenu salarial annuel, somme de tous les salaires nets perçus par une personne dans une année, est de 20 670 euros en moyenne. En euros constants, il dépasse de 1,0 % son niveau de 2013, rompant avec l’évolution négative observée entre 2010 et 2013. Le revenu salarial des cadres est en moyenne près de trois fois plus élevé que celui des ouvriers ou des employés. Les montants sont particulièrement dispersés pour les moins de 25 ans, les ouvriers et les employés, catégories de salariés qui connaissent plus souvent des périodes d’inactivité ou de chômage au cours de l’année.

Le revenu salarial moyen des femmes est inférieur d’un quart à celui des hommes

Le revenu salarial annuel est la somme de tous les salaires nets perçus par un individu au cours de l’année. Il s’établit en moyenne à 20 670 euros en 2014 (figure 1). Il augmente avec l’âge des salariés jusqu’à 54 ans : il atteint pour les 50-54 ans un montant 3,4 fois plus élevé que celui des moins de 25 ans. Les femmes perçoivent un revenu salarial inférieur en moyenne de 24 % à celui des hommes. Les cadres perçoivent, eux, un revenu salarial 2,6 fois supérieur à celui des ouvriers et 2,9 fois supérieur à celui des employés. Le revenu salarial des diplômés de niveau Bac+3 ou plus est le double de celui des salariés de niveau inférieur au Bac.

Le revenu salarial reflète le salaire et le volume de travail

Le revenu salarial intègre deux dimensions : le salaire en équivalent temps plein (EQTP), prix d’une unité de travail salarié (qui s’apparente à un salaire horaire), et le volume de travail salarié réalisé au cours de l’année. Ce dernier, exprimé en EQTP, est fonction de la quotité de temps de travail du salarié (temps plein, temps partiel) et du nombre de jours travaillés au cours de l’année (durée totale des périodes d’emploi salarié).

L’écart de revenu salarial moyen entre femmes et hommes s’explique pour plus des deux tiers par des écarts de salaire en EQTP et moins d’un tiers par des différences de volume de travail (figure 2).

Les écarts selon le diplôme ou la catégorie socioprofessionnelle reflètent surtout des différences de salaire. Inversement, l’écart entre salariés à temps plein et à temps partiel s’explique à 80 % par le volume de travail. Les différences entre les revenus salariaux moyens du public et ceux du privé s’expliquent, elles, entièrement par le volume de travail moyen, compte tenu des périodes de non-emploi (chômage ou inactivité) des salariés du privé.

Un écart femmes-hommes fonction de l’âge et du niveau de revenu salarial

Chez les hommes comme chez les femmes, la dispersion du revenu salarial, au sens du rapport interdécile D9/D1, est la plus forte chez les salariés âgés de 15 à 24 ans et la plus faible chez les 50-54 ans. Ce rapport varie en effet de plus de 30 chez les premiers à environ 5 ou 6 chez les seconds (figure 3). Cette plus forte dispersion chez les jeunes reflète essentiellement la présence de périodes très courtes d’emploi salarié (notamment d’emplois étudiants), à côté de périodes d’emploi continues des salariés insérés professionnellement.

Les écarts de revenus salariaux entre hommes et femmes, les hommes étant pris comme référence, diffèrent selon l’âge et le niveau de revenu salarial. Dans le haut de l’échelle (3e quartile), ils augmentent avec l’âge après 25 ans, de 11 % chez les 25-29 ans à 22 % pour les 50 ans ou plus. Ces écarts peuvent refléter en partie des disparités entre générations qu’il est impossible ici de distinguer des effets liés à l’âge.

Au milieu de l’échelle de revenu salarial (médiane) l’écart relatif entre hommes et femmes augmente aussi de manière régulière entre 25 et 50 ans. Par rapport à la situation en haut de l’échelle, les disparités y sont légèrement plus marquées pour les plus jeunes et légèrement moins pour les plus âgés.

Dans le bas de l’échelle (1er quartile), les écarts hommes-femmes sont encore plus marqués : de 25 à 29 ans, un quart des hommes perçoit un revenu salarial inférieur à 10 600 euros. Le montant correspondant est de 7 790 euros pour les femmes, soit 27 % de moins.

Ces écarts entre hommes et femmes selon l’âge s’expliquent davantage par le volume de travail dans le bas de l’échelle de revenu salarial et par le salaire en EQTP dans le haut de l’échelle.

Le revenu salarial est plus dispersé chez les ouvriers et les employés

En 2014, les 10 % de cadres les moins bien rémunérés perçoivent moins de 11 740 euros et les 10 % les mieux rémunérés plus de 68 250 euros, soit 5,8 fois plus (figure 4). Pour les employés et les ouvriers, ce rapport est bien plus élevé (respectivement 15,9 et 12,8). En effet, dans la moitié basse de leurs échelles respectives de revenu salarial, le volume de travail est souvent plus inégal du fait notamment de périodes de chômage. Au contraire, dans la moitié haute, la dispersion du revenu salarial est plus marquée chez les cadres que chez les autres catégories, le rapport entre le neuvièmedécile et la médiane (D9/D5) étant plus élevé.

Le revenu salarial varie davantage parmi les salariés les moins diplômés que parmi les plus diplômés, en particulier dans la moitié basse de l’échelle salariale. En revanche, comme pour les cadres, la dispersion dans la moitié haute de l’échelle est plus élevée chez les salariés les plus diplômés.

Enfin, la dispersion du revenu salarial est bien plus importante dans le secteur privé que dans le secteur public (figure 4). Le rapport interdécile D9/D1 y vaut 16,8 contre 7,8 dans le secteur public. Cette différence s’explique à la fois par une plus grande variabilité dans le secteur privé du volume de travail (pour les revenus salariaux les plus faibles) et des salaires (pour les niveaux plus élevés).

Le revenu salarial moyen augmente de 1,0 % en 2014

On compare ici le revenu salarial entre différentes années. D’une année sur l’autre, ce n’est pas la même population qui est étudiée. En effet, lorsque la conjoncture s’améliore, certaines personnes peuvent percevoir un salaire à un moment de l’année alors qu’elles n’en reçoivent pas une année de moins bonne conjoncture, lorsque l’accès à l’emploi est plus tendu : la population concernée change entre les deux années. Ces effets de sélection doivent être gardés en mémoire lors de l’interprétation des évolutions de revenu salarial.

Le revenu salarial moyen de l’ensemble des salariés progresse de 1,0 % en 2014 en euros constants. Il avait augmenté de 0,7 % par an entre 1995 et 2009, puis diminué de 0,3 % par an jusqu’en 2013 (figure 5). La hausse en 2014 est plus marquée dans le secteur public (+ 1,0 %) que dans le secteur privé (+ 0,6). Auparavant, depuis 2000, le revenu salarial moyen était plutôt stable dans le secteur public et en hausse dans le secteur privé.

Par ailleurs, depuis 2009, le revenu salarial moyen des femmes évolue plus favorablement que celui des hommes.

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