Rexecode souligne que la France est championne d’Europe du prélèvement obligatoire

Le think patronal Rexecode a repris les dernières données d'Eurostat en matière fiscale. Il montre que la France est le grand pays industrialisé en Europe qui pratique la pression fiscale la plus forte. Le différentiel avec l'Allemagne devient colossal. 

Le think tank Rexecode vient de se livrer à un précieux travail de compilation sur les prélèvements obligatoires, en reprenant les dernières données Eurostat sur le sujet et en les agrégeant. Il en ressort une étude accablante où le différentiel fiscal sur les coûts de production entre la France et l'Allemagne dépasse les 8 points de PIB, soit les 160 milliards €.

Le prélèvement obligatoire allemand au service de la compétitivité

L'analyse de la fiscalité allemande sur la production (ci-dessus) illustre bien la différence structurelle de stratégie entre les deux pays. Au premier rang de cette comparaison, on trouve les 11,5 points de PIB que la France ponctionne sur les employeurs pour financer la protection sociale obligatoire, quand ce chiffre est deux fois moindre en Allemagne. 

Au total, ce sont 230 milliards que les entreprises françaises déboursent pour la sécurité sociale, quand l'Allemagne impose un effort bien moindre. La question, amplement soulevée dans nos colonnes, de la participation des employeurs à un système de protection dont la part majoritaire des dépenses ne concerne pas les salariés mérite définitivement d'être posée en France, sans quoi les dégâts de la stratégie pratiquée aujourd'hui risquent de plomber plusieurs générations. 

Toujours est-il que l'Allemagne a décidé de desserrer l'étau fiscal qui pèse sur son appareil productif pour stimuler sa prospérité. La France ferait bien de s'en inspirer. 

Pas d'impôts assis sur les salaires en Allemagne

Pour le reste, l'Allemagne, dans sa stratégie d'emploi, a décidé de ne pas lever d'impôt sur les salaires. En France, ces mêmes impôts pèsent près de 30 milliards, et la France souffre d'un chômage de masse. 

Si, au moins, la France décidait d'ouvrir un débat sur ces choix stratégiques...

"Si l'on observe au-delà des trois catégories, les prélèvements grevant les coûts de production, l’écart entre la France et l’Allemagne est impressionnant. Le poids des prélèvements obligatoires inscrits dans les comptes des entreprises est 77% plus élevé en France qu’en Allemagne.

Cet écart s’explique en partie par les cotisations sociales qui reposent largement sur les employeurs en France et davantage sur les salariés en Allemagne. Mais il s'explique aussi par diverses contributions et impôts assis sur les salaires, et des impôts fonciers sur les entreprises spécifiques à la France, sans équivalent en Allemagne."

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