Roumanie, politique et cocktails : Naval Group ne serait-il pas en train de couler ?

Le gouvernement espérait reprendre tranquillement le dossier Naval Group. Seulement, les coups durs et les déconvenus se succèdent. La dernière a même un fond d’incident diplomatique.

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Sale temps pour Naval Group. En juillet dernier déjà, la filiale Naval Energies annonçait la fermeture de l’entreprise de Cherbourg-en-Cotentin (Manche) seulement un mois et demi après son ouverture.

Quelques temps après, Naval Group subissait de nouveaux revers, mais à l’international cette fois. Le rapprochement avec l’armateur italien Fincantieri laissait planer comme un amer goût de trahison. Dans cette alliance ayant pour but de régner sur le marché européen, le français aurait eu une place minoritaire, avec à la clé plusieurs suppressions d’emplois.

Seulement, Fincantieri ne cachait pas non plus son intention de purement et simplement évincer le français de plusieurs marchés mondiaux comme le Brésil, alors même que Naval Group dispose d fortes attaches avec le géant sud-américain.

Naval Group perd un nouveau marché : européen cette fois

La Roumanie est actuellement à la recherche d’une entreprise qui puisse lui fournir de nouveaux navires pour sa flotte maritime. En l’occurrence : quatre corvettes. A ce petit jeu, c’est bien le français qui a remporté l’appel d’offre en mettant sur la table 1,2 milliards d’euros contre 1,25 pour le néerlandais Damen et 1,34 milliard pour le nouvel allié italien Fincantieri.

Seulement, la Roumanie et son président social-démocrate de la Chambre des députés Liviu Dragnea, tentent par tous les moyens de discréditer l’offre français au profit du néerlandais Damen. L’appel d’offres a été suspendu ce vendredi 14 janvier 2019, au motif que plusieurs illégalités auraient été constatées.

De plus, comme le souligne latribune.fr , le chantier naval SNC basé à Constanta (est), le partenaire de Naval Group, a, de son côté, demandé « l’annulation » de la décision du gouvernement en vertu de laquelle cet appel d’offres avait été lancé début 2018. La procédure de passation a donc été suspendue jusqu’à la clarification de ces deux procédures.

Seulement, oeuvrant en eaux troubles, l’italien Fincantieri aurait profité de ce temps-mort pour revenir à la charge avec une nouvelle offre imbattable. Et pour cause, l’italien dispose déjà d’attaches en Roumanie. Mais surtout, le groupe aurait contacté … Liviu Dragnea. Ce dernier ne serait d’ailleurs pas insensible à l’offre proposée.

Quels recours pour la France ? Eh bien déjà, la situation exaspère dans les hautes-sphères politiques où les responsables comprennent que l’alliance avec l’italien Fincantieri n’était peut-être pas une si bonne chose car ce dernier ne roule que pour lui-même.

La France serait décidée à aller aux bouts des recours juridiques dont elle dispose. Mieux, des actions judiciaires seraient actuellement discutées. Pour autant, ces actes ne seront pas sans conséquences.

Rappelons tout de même qu’Emmanuel Macron avait reçu Klaus Iohannis, président de la Roumanie a de nombreuses reprises pour sceller la coopération entre les deux pays. Enfin, nombre de politiques français avaient engagés leur responsabilité personnelle sur le dossier Naval Group.

Pour autant, du côté de Naval Group, l’heure est plutôt à la détente. Comme le révèle Var-Matin dans son édition du 15 janvier, Sud Arsenal, une organisation syndicale du groupe, profitait de la venue d’Hervé Guillou, pdg de Naval Group, pour organiser un « pique-nique revendicatif ». 700 personnes étaient invitées.

Seulement, cette sélection n’a pas été du goût de Sud Arsenal. « C’est l’ensemble des personnels qui a participé au bon déroulement de l’arrêt technique majeur n°2 du porte-avions. Ces messieurs auraient-ils oubliés que tous les services ont dû supporter la charge habituelle sans moyens supplémentaires, que l’effort a été collectif ? »

Finalement, le dossier Naval Group que le gouvernement a voulu reprendre s’avère beaucoup plus complexe que prévu.

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1 commentaire sur Roumanie, politique et cocktails : Naval Group ne serait-il pas en train de couler ?

  1. À part pour la pantoufle, tout ce que l’état a touché est toujours parti en quenouille, mais tout comme pour l’ue(rss), si ça foire, c’est parce qu’il n’y en a pas eu assez.

    Ben si, il y en a assez, et même ras la casquette…

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