Sauver des emplois ou améliorer la compétitivité ? Le paradoxe de l’industrie française

La dernière étude de l’institut COE-Rexecode montre une conjoncture en France qui serait à l’amélioration. Avec notamment une forte préservation de l’emploi dans l’industrie ces derniers mois. Seulement, cette hausse s’explique par l’augmentation du nombre d’intérimaires. Et s’accompagne aussi d’une baisse de compétitivité. 

L’heure est à l’optimisme ! L’industrie française ne détruit plus d’emplois ! Grande nouvelle donc. 10 000 postes auraient vu le jour en 2016 et environ un millier lors des trois premiers trimestres de 2017. Et ce phénomène devrait aller en s’améliorant puisqu’Emmanuel Macron annonçait avoir conclu des accords avec des entreprises étrangères pour des investissements en France. 

Des statistiques en trompe-l’oeil

La production industrielle a ainsi grimpé de 2,5% au cours des onze premiers mois de 2017. Les marges de l’industrie ont aussi sérieusement augmenté puisqu’elles atteignaient 40,6% à la fin de l’année. 

L’institut COE-Rexecode fixe à un peu moins de 10 000 le nombre de postes créés en 2016 et à environ un millier lors des trois premiers trimestres de 2017. 

Seulement, cette dernière nouvelle a vite été contrebalancée par l’annonce d’Emmanuel Jessua, responsable des études chez COE-Rexecode. Pour lui, « l’intérim fait que les créations d’emplois sont positives. »

La compétitivité, le boulet français

C’est le gros point noir que met en avant l’étude de COE-Rexecode. La France est encore très en retard par rapport à ses concurrents, même européens. La part des exportations françaises tend à se réduire d’année en année. Elle était de 17% en 2000, 13,2% en 2016 et 12,9% en 2017. 

On peut tout de même noter une substantielle amélioration en ce qui concerne la compétitivité-coût puisqu’avec les dispositifs d’allègements du coût du travail, le coût horaire français a augmenté plus doucement que celui de la moyenne européenne (+5,4 % en France, +7,1 % en moyenne dans la zone euro). 

Cette étude vient donc corréler un cercle vicieux dans lequel les entreprises sont obligées de s’engager. A force de supporter des coûts du travail de plus en plus élevés, les entreprises les moins productives disparaissent. En contrepartie, les parts de marché et les capacités exportatrices diminuent faisant payer un lourd tribut aux entreprises et aux salariés. 

L’étude complète est à retrouver sur le site internet de COE-Rexecode (voir l’onglet « Voir les documents » et sélectionner « La compétitivité en 2017 – Document de travail N.66 janvier 2018« )

Tous les deux ans, COE-Rexecode réalise une étude comparative auprès de 500 importateurs européens sur la qualité des produits français par rapport à leurs concurrents. Ainsi, si les produits français sont jugés comme de milieu de gamme en ce concerne l’innovation, ils sont surtout jugés beaucoup trop chers !

1 commentaire sur Sauver des emplois ou améliorer la compétitivité ? Le paradoxe de l’industrie française

  1. Lorsque l’état « sauve des emplois » c’est pour dépenser entre 5 et 10 fois plus que nécessaire, alors que cette même somme confiée aux industriels et artisans de la zone géographique concernée, sans tenir compte des « frontières départementales », permettrait d’employer 1,5 à 2 fois plus de chômeurs de façon pérenne (éliminons les organismes financiers, les banques, les fonctionnaires en charge de cette gabegie et les « conseils, conseillers et autres experts autoproclamés)

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