La Sécu rembourse le Doliprane, mais pas le cancer du sein

Encore un exemple de l‘inégalité produite par la Sécu face à la maladie. Alors que le Doliprane est remboursé lorsqu’il est prescrit par un médecin… les thérapies contre le cancer du sein ne le sont pas toutes. Ou comment rationner le traitement des maladies graves pour continuer à rembourser le traitement des rhumes qui rapportent des voix aux élections.

On retrouvera ici un superbe exemple fourni par l’AFP:

Cancer : la Sécu refuse de rembourser son traitement, elle lance un appel à l’aide

Son médecin dénonce un « vrai scandale humain ». Leslie Salut, une habitante de Vauvert (Gard) se bat contre l’administration pour sa santé.

La quarantenaire, atteinte d’un cancer du sein métastatique, a appris que son traitement ne ferait plus l’objet de remboursement par la Caisse primaire d’assurance maladie, rapporte La Provence jeudi 6 avril.

L’injection d’Avastin, que cette mère de famille reçoit toutes les trois semaines pour soigner son cancer, n’est pas pris en charge par la Sécu. Raison officielle : le service médical rendu est « jugé insuffisant ». « Nous sommes chargés d’appliquer les règles de remboursement des médicaments définies à la fois par la Haute Autorité de Santé et le ministère, et en l’état de la réglementation et dans l’indication que vous nous avez communiquée ce médicament ne peut pas être remboursé en raison d’un service médical rendu jugé insuffisant. Nous ne pouvons donc pas vous accorder une autorisation dérogatoire au remboursement », est-il indiqué, selon La Provence.

UNE CHIMIOTHÉRAPIE « PLUS DOUCE » AUX EFFETS VISIBLES

Problème : le jugement du Conseil du Cabinet du Médecin-Conseil national est, pour l’oncologue de la patiente et cette dernière, complètement déconnecté de la réalité. En 2009, la jeune femme subit une chimiothérapie aux lourds effets secondaires, qui la coupent de toute vie sociale. Après une ablation du sein, de longues semaines de radiothérapie, son cancer récidive en 2013, avec des métastases au foie, au bassin ou encore aux cotes. Face à ce 2e épisode, Leslie Salut ne se sent pas la force de repartir sur le même traitement. Elle opte alors, sur proposition de son oncologue, pour une chimiothérapie plus « légère », par voie orale. « Un compromis qui me permettrait de continuer à travailler », explique la quadragénaire.

Après trois mois sans résultats probants, son docteur ajoute à cette solution alternative le médicament en question : l’Avastin. « Depuis, les marqueurs sont à la baisse ou stabilisés. Bien sûr, j’ai des effets secondaires mais cette chimio est plus douce, plus ciblée. J’ai gardé mes cheveux, je continue de travailler. Et c’est super de pouvoir continuer à faire ce que je fais malgré la maladie et l’accumulation de médicaments ! », explique t-elle dans les colonnes de La Provence.

UNE CAGNOTTE POUR COMPENSER LA SÉCU

Face à la décision de ne pas rembourser son traitement, Leslie Salut a lancé un appel, soutenu par son équipe médicale : « Parce que c’est aberrant sur toute la ligne, parce qu’il n’y a aucune raison que j’arrête ce traitement qui marche ». Elle a ainsi accepté de lancer une campagne de financement participatif, pour lui permettre de payer les coûteuses injections (1632,65€ l’unité).

« Créer cette cagnotte aujourd’hui est une démarche difficile pour moi car je pense que ce n’est pas aux citoyens de financer mes soins, vous payez déjà pour ce droit », explique t-elle sur la page de sa cagnotte, qui a déjà atteint 3200€. « Mais face à cette injustice je ne peux qu’agir, dans un premier temps, simplement pour pouvoir recevoir au moins une injection rapidement ». Selon La Provence, Leslie a une injection de retard. Son médecin, lui, craint le « vide thérapeutique » dans lequel sa patiente entre. «  »Si vraiment le remboursement n’est plus possible, que vais-je faire ? Je vais lui prescrire un nouveau médicament, dont je ne sais pas si l’efficacité sera la même ? Qui coûtera plus cher ? Avec des effets secondaires qui l’empêcheront de travailler et donc qui auront un coût social ? », demande le docteur Jean-Loup Mouysset. Quant sa patiente, elle compte sur un revirement de la CPAM, afin de pouvoir poursuivre son traitement.

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1 commentaire sur La Sécu rembourse le Doliprane, mais pas le cancer du sein

  1. Le Doliprane n’est pas un bon exemple. La Sécu GAGNE de l’argent sur chaque boite vendue sur ordonnance : prix facial 1,08 € remboursé à 65%; reste à charge 0,70 € auxquels s’ajoutent 1,02 pour le pharmacien, et 0,50 € de franchise pour la Sécu : DEBOURS TOTAL pour le patient non mutualisé : 2,22 €, pour un produit qui coûte sans ordonnance 1,08 €; soit plus du double ! Sommes modestes, mais tellement nombreuses ! Et chacun sait que les petits ruisseaux font les grandes rivières ! Ce qui n’est pas encore le cas de l’Avastin !

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