Semaine agitée pour Le Média, la France Insoumise découvre les joies du patronat

Il devait être le média alternatif aux affreux médias mainstream. Celui de l’information passée sous silence, livrée sans concession et où les salariés et bénévoles seraient traités à leur juste valeur. Finalement, il semblerait que Le Media ne casserait pas autant les codes que prévu. Pire, il obligerait La France Insoumise à utiliser les méthodes de management du patronat. Impensable. 

À peine un mois après son lancement, le pure player proche de la France Insoumise a vécu une semaine plus que compliquée. Entre le départ de sa présentatrice et rédactrice en chef, puis celui de Noël Mamère, Le Média vit sa première crise interne.

Et si une communication officielle a fait son apparition, on constate aussi que la France Insoumise qui a tendance à vilipender les techniques managériales des entrepreneurs, a dû user de ces mêmes techniques. 

Licenciement ou fin de la période d’essai d’Aude Rossigneux

Cet événement avait été le premier gros couac que subissait la webtélé. Aude Rossigneux, présentatrice et rédactrice en chef a été remerciée le 24 février. Depuis, c’est une bataille lexicale entre les deux partis qui s’est engagée. 

Dans sa lettre rendue publique, Aude Rossigneux met en évidence des méthodes qui n’ont rien à envier aux communs des groupes de presse, osant même la comparaison avec le groupe Bolloré. Elle y décrit un licenciement « brutal, des collaborateurs à la limite du burn-out« .

Gerard Miller, qui fait partie de la direction du « Média » a immédiatement réagi en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’un licenciement mais de « la fin d’une période d’essai« . 

Ici, le choix des mots n’est pas anodin. Il est question de licenciement ou de fin de période d’essai. N’est-il pas curieux de voir ces mots être employés par l’extrême gauche ? Surtout l’on que l’on pense qu’un départ suivant l’un ou l’autre des régimes n’ouvre ni les mêmes droits au chômage (en attendant l’indemnisation des démissionnaires), et ne donne pas droit non plus aux mêmes indemnités. 

Noël Mamère, clause de conscience, chasse à l’audience : Le Média, déjà mainstream

Ce départ aurait pu être le seul coup dur pour la webtélé. Seulement, il a été rapidement suivi par le départ de Noël Mamère ce lundi 26 février en raison de « l’atmosphère autour du départ d’Aude Rossigneux » mais aussi à cause de « raisons journalistiques » dans le traitement du conflit syrien. 

Il explique être « venu librement au Média pour procéder à ces interviews ». 

Moi je n’accepte pas qu’on établisse un parallèle dans le conflit syrien meurtrier, entre les responsabilités du ‘boucher de Damas’ et celles de ses opposants, a réagi l’ancien député. C’est donc une raison supplémentaire pour moi de ne pas continuer dans la mesure où ces interviews auxquelles je procède seront partie intégrante du journal.

Avec un départ expliqué de cette manière, on peut logiquement penser que Le Média n’est finalement qu’un groupe de presse parmi tant d’autres et que La France Insoumise expérimente, malgré toute son aversion, les joies d’être patron.

Le départ de Noël Mamère s’apparente d’ailleurs très fortement à l’activation d’une clause de conscience d’un journaliste qui déplore le changement de ligne éditoriale de son journal. La seule différence réside dans le fait qu’apparemment Noël Mamère exerçait bénévolement sur la webtélé.

De manière plus globale, Le Média était aussi largement en perte de vitesse depuis son lancement. Ses audiences sont en baisse : la première édition du journal avait rassemblé 79 000 vues, celle du 22 février culmine (au moment de l’écriture de l’article) à 16 000 vue. Si officiellement Le Média ne fonctionne qu’avec ses « socios », il semblerait qu’il lorgne aussi beaucoup sur les méthodes décriées par la France Insoumise.

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