Non, la France n’est plus le pays des PME !

Aurait-on tendance à surestimer l'importance des PME dans la création d'entreprises en France ? C'est la piste que semble privilégier l'INSEE dans son dernier rapport où elle souligne qu'une part importante de la croissance de l’emploi salarié dans les secteurs marchands est à attribuer aux entreprises de taille intermédiaire. 

D'après le Centre de Documentation Economie-Finances , la France comptait 4 millions de PME en 2014, soit 99,9% des entreprises qui concentraient 48,5% de l'emploi salarié en équivalent temps plein. Seulement, l'INSEE tend à minorer leur impact en termes de création d'emplois. 

Les ETI, championnes de la création d'emplois

L'hexagone ne serait donc plus le pays des PME puisque ce sont les entreprises de taille intermédiaires (ETI) qui ont enregistré la plus grande croissance. De 2009 à 2015, les ETI ont vu leur nombre de salariés passer la barre des 330 000 salariés quand celui des PME atteignait difficilement les 100 000. Dans le même temps, l'INSEE constate que les micro-entreprises et les grandes entreprises sont toutes deux entrées dans des périodes de diminution du nombre de salariés. 

Pourquoi les PME ont-elles un poids minoré ?

Dans ce contexte, il faut donc restituer les déclarations politiques qui affirment que "les PME sont le coeur de l'économie française", par exemple. En clair, l'INSEE explique que les différences observées entre les chiffres de la création d'emplois annoncés dans les médias et ceux du rapport, viennent de l'utilisation de nouveaux critères de comptage. L'institut a utilisé l'unité légale pour réaliser son bilan, ce qui permet de prendre en compte la notion de groupes. 

Ainsi, la création d'emplois salariés se répartissent à parts presque égales entre les unités légales de moins de 10 salariés, celles de 10 à 249 salariés puis de 250 à 4 999 salariés. Mais il faut aussi prendre en considération le franchissement de seuil d'une entreprise. On observe alors que sur les 337 500 emplois nets créés par les ETI de 2009 à 2015, 308 500 viennent des PME. A l'inverse, peu d'unités légales indépendantes deviennent des ETI. L'apport vient donc soit des PME organisées en groupes qui peuvent devenir ensemble des ETI, soit des unités légales des PME qui intègrent un groupe ETI. 

Le boulet des grandes entreprises

De 2009 à 2015, ces dernières ont un solde négatif de 80 7000 emplois salariés. Avec une croissance intrinsèque faible et des apports limités provenant des autres catégories, le déficit démographique est important (-195 700). Comme il est peu probable de voir un grand groupe totalement disparaître, cette régression s'explique par l'évolution des unités légales que les grandes entreprises possèdent, qui peuvent être supprimées pendant une réorganisation. Le bilan des grandes entreprises avec les PME est d'ailleurs très contrasté car si peu de PME se sont transformées en grandes entreprises, 1 600 unités légales pour 58 000 emplois ont rejoint les grands groupes. Dans le même temps, 1 000 unités légales ont quitté ces grands groupes emportant au passage 49 700 emplois. 

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