La souffrance continue son règne à l’hôpital

Une fois n’est pas coutume, les conditions de travail dans les hôpitaux sont à déplorer. Cette fois, c’est l’établissement de Montluçon qui a lancé un mouvement de grève, dénonçant un « malaise à l’hôpital ».

On le sait, le secteur des hôpitaux est en crise. Entre les nombreux rapports qui dressent le constat de leur mauvaise gestion, les alertes lancées sur les dangers qui pèsent sur le secteur ou même la possible disparition de certains établissements, l’actualité n’est pas rose. Cette fois, c’est un nouveau cas de grève à l’hôpital de Montluçon en Auvergne-Rhône-Alpes.

Moins de médecins mais une plus grande activité 

Depuis le 18 novembre, la grève a commencé avec les salariés des urgences.  Deuxième tour de force le 22 novembre, avec le service chirurgie qui rejoint les urgentistes pour la grève. La raison n’est pas nouvelle : un manque de personnel pour une activité en hausse. Les agents dénoncent également l’impossibilité de prendre des congés liés aux heures supplémentaires et aux RTT. Et pour ceux qui sont en congés, il n’y a pas de remplacement prévu, ce qui augmente la charge de travail du personnel présent et les plannings se voient modifiés en raison de l’absentéisme. L’augmentation de l’activité de cet hôpital proviendrait du fait que le nombre de médecin dans cette ville de l’Allier a diminué ces dernières années. 

La direction n’a pas de solution face au problème de recrutement

Les représentants du personnel, reçus par la direction le 30 novembre dernier, sont ressortis encore plus déterminés à continuer la grève entamée. Aucune issue n’a été trouvée entre les deux parties. Catherine Dutheil, la secrétaire générale de Force ouvrière à l’hôpital, déplore que « les réponses que nous a apportées la direction ne sont pas satisfaisantes ». En effet, la direction de l’établissement n’a pas de solution miracle pour pallier le manque d’infirmier et aides-soignants. Pour tenter de combler le manque d’agents, le centre hospitalier a eu recours aux heures supplémentaires et à l’intérim, mais c’est loin d’être suffisant.

L’effet domino prend de l’ampleur

Les représentants syndicaux relatent « l’épuisement physique et moral des agents » ou encore un « malaise à l’hôpital ». Le manque d’écoute est aussi un frein pour le personnel puisque le directeur général de l’établissement n’a pas reçu les représentants syndicaux depuis le lancement de la grève générale. « La direction est restée muette » appuie la représentante FO. La grève a été levée  le 12 décembre après concertation. Pour l’instant, de très légères réorganisations sont prévues avec une réduction d’effectifs à la maternité et l’attribution de tâches supplémentaires à l’équipe sécurité. 

Le manque de personnel est un problème récurrent dans les hôpitaux, et le malaise grandit pour les professionnels de santé. Nous avions déjà constaté un phénomène massif d’absentéisme à l’hôpital d’Armentières, conséquence d’une charge de travail supplémentaire elle-même conséquence d’un manque de personnel. L’effet domino continu de secouer le secteur…

La promesse en mai 2017 d’un recrutement d’une aide-soignante faite aux cadres du service des urgences n’a pas été tenue. Les arrêts de travail se cumulent, les agents sont dans l’impossibilité de prendre leurs compensations de jours fériés et RTT ; à ce jour, ils sont programmés la veille pour le lendemain (charte du temps non respectée). Les agents sont rappelés sur leur repos, les trames sont modifiés tous les jours. Les agents sont épuisés autant physiquement que moralement.

Tels sont les motifs de la grève envoyés à la direction.

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