TAFTA/TTIP : les éleveurs ne veulent pas être sacrifiés

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Cet article a été écrit le 15 juillet 2016 par Agnès Cussonneau dans l’hebdomadaire Paysan Breton

 

Alors que s’ouvrait lundi un nouveau cycle de négociation pour le projet de traité transatlantique, la FRSEA a organisé un débat où chacune des parties a campé sur ses positions.

Les points de vue ne sont pas les mêmes que l’on se situe d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. « Il y a un vrai problème d’accès au marché européen pour les Américains », déclare David G. Salmon, conseiller aux affaires agricoles de l’ambassade des États-Unis à Paris. Il participait vendredi 8 juillet à Rennes à un débat sur le Tafta (l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis aussi connu sous le nom de TTIP), organisé par la FRSEA Bretagne. De fait, l’Europe a accru ses exportations de produits agricoles et agroalimentaires vers les USA. En 2014, elles se situent à 19,1 milliards de dollars, contre 12,8 milliards dans l’autre sens.

Des normes au plan mondial

L’enjeu est bilatéral, avec un renforcement attendu de la coopération politique et économique entre les deux zones, et la mise en place de standards de production qui pourraient faire référence au niveau mondial. « Les États-Unis comme l’Europe n’ont aucune envie de voir les Chinois imposer leurs normes », note Thierry Pouch, chef du service études économiques et prospective pour les Chambres d’agriculture.

Peu nombreuses, les études d’impact montrent toutefois que l’accord serait plutôt favorable aux États-Unis. « L’Europe perdrait 2 % des flux intracommunautaires. La production de viande rouge européenne baisserait de 10 %, de 6 % pour les viandes blanches. Je doute qu’un accord puisse être trouvé pour la fin de l’année, comme le souhaitent les États-Unis. »
En France, la société civile prend position sur certains sujets comme les normes sanitaires, au cœur des négociations. « Les traitements que nous appliquons sur le bœuf et la volaille visent à fournir des produits plus sûrs aux consommateurs. Notre système sanitaire, basé sur des données scientifiques, est très rigoureux », rétorque David G. Salmon. Autre grande difficulté dans les négociations, les IGP (indications géographiques protégées). « Aux États-Unis, nous les reconnaissons plutôt au travers des marques. »

Besoin d’exporter

Deux modèles s’affrontent dans ce projet transatlantique. « Certes, l’Europe a besoin d’exporter ses produits agricoles, mais les États-Unis sont extrêmement compétitifs et ne veulent pas reconnaître nos IGP très structurées. La FNSEA avait demandé la suspension des négociations fin avril, car les discussions tournent au dialogue de sourds », précise Arnold Puech d’Alissac, président de la FRSEA Normandie.

Pour Danielle Even, présidente de la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor, « l’accord est une source d’anxiété supplémentaire dans notre région d’élevage. Les États-Unis ont une approche hygiéniste de l’alimentation. Nous travaillons davantage la prévention dans les élevages. Mais c’est la production qui supporte ce coût. Nos exploitations familiales sont très différentes du modèle américain. » L’éleveuse de porcs voit d’un bon œil l’appui de la société civile, « avec qui nous pratiquons le dialogue. Nous demandons de la transparence pour que le consommateur puisse faire un choix éclairé. »

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1 commentaire sur TAFTA/TTIP : les éleveurs ne veulent pas être sacrifiés

  1. Le traité TAFTA, c’est la main-mise des américains sur l’économie européenne, et la mort de l’économie française par la destruction de son industrie et son agriculture.
    Actuellement l’agriculture française est confrontée frontalement à l’agriculture des pays pratiquant le dumping social tel que l’Allemagne ou les anciens pays de l’est et sans aucune protection. Par les traités TFUE et TUE qui gèrent le fonctionnement de ”l’Union Européenne”, et qui autorisent sans contrainte, sans contrôle et sans régulation le transfert des biens, des capitaux et des personnes, il se pratique une concurrence à outrance, entre les pays de l’UE, c’est même sa philosophie politique et commerciale, et cela sans tenir compte des conséquences sociales. Ce sont donc, les allemands par exemple, qui utilisent leurs esclaves des pays limitrophes : polonais, bulgares, roumains, etc.. sous-payés et traités comme des chiens et même les exportent chez nous par les boites d’interim polonaise, tout cela approuvé bien sùr, par les élites européennes, ce qui entraine entre autre la fermeture de nos usines de désossage et préparation bretonnes, la mise au chômage de travailleurs français, et l’affaiblissement de notre économie régionale. Il n’existe pas de concurrence ”juste et non faussée”, la concurrence ne se fait pas une meilleur qualité de la marchandise, ou par une meilleur productivité due à la modernisation de l’outil de travail, mais uniquement par l’exploitation éhontée de la main-d’œuvre miséreuse de peuples obligés de travailler dans des conditions inacceptables, pour obtenir les prix les plus bas, et tout cela bien sur, sous la bénédiction de la Saint Union Européenne. Face au traité TAFTA, il se produira le même phénomène, la qualité des marchandises ne sera pas le critère retenu, mais uniquement le prix de vente, le plus bas possible et obtenu par des salaires de plus en plus bas, par une concurrence mortifères entre salariés de pays différents. Quand on connait les méthodes de travail des américains, poulets à l’eau de javel, bœufs aux hormones etc…etc… nul doute que le cout de revient de leur marchandise sera moins élevé que ce que pourront produire les paysans français, et à terme entrainera leur disparition. Les états ne protègent plus ses nationaux, et par les traités TFUE et TUE, ils les exposent à la concurrence mondiale. Il n’y a plus de guerres avec des armes et des balles, mais par cette politique les morts se comptent par millions. En 1973, nous avions 400 000 chômeurs, et aujourd’hui après 40 ans d’Union Européenne, nous avons 5 000 000 de chômeurs, 8 000 000 de pauvres et 1 agriculteur qui se suicide par jour. Pour ma part, je trouve qu’il serait sage de se retirer de TAFTA, qui doit quand même avoir quelque chose de bien dangereux et néfaste pour le commun des mortels, puisqu’il est établi dans le plus grand secret, et que même nos députés ne peuvent en obtenir un compte-rendu clair et en français et l’exposer au public. Et même, sortir de l’UE serait peut-être aussi une bonne idée, cette sortie mettrait fin à cette concurrence qui nous pénalise si durement.Pour terminer, il est bon de se rappeler que notre industrie qui représentait, voila 20 ans, 20% de notre BIP, ne représente plus aujourd’hui que 7% de celui-ci. Rajoutez y le TAFTA, que restera t’il dans 20 ans ? à votre réflexion.

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