Le Brexit ouvre-t-il la voie à un Empire français en Europe?

22 juin 2016 Eric Verhaeghe 0

Le Brexit constitue-t-il une opportunité pour un retour de la France sur la scène européenne et même mondiale? La question est provocatrice, mais mérite d’être posée en ses termes, car il nous reste peu de temps pour faire le « rebond » dont nous avons besoin. Le Brexit et ses conséquences économiques Selon toute vraisemblance, le Brexit donnera le signal d’une nouvelle crise financière et économique, au moins en Europe mais aussi, très probablement, de taille mondiale. Compte tenu de l’importance financière de la place de Londres, une déstabilisation massive des marchés est à prévoir. D’ailleurs, la BCE annonce d’ores et déjà être en état d’alerte pour faire face aux turbulences des marchés. En cas de Brexit, «les marchés seraient à nouveau fragilisés, on pourrait assister à une chute du cours des actions et de l’euro, une fuite des investisseurs vers les placements sûrs et éventuellement à un durcissement des conditions de financement pour certains Etats de la zone euro», estime M. Brzeski <économiste d’une banque>, selon qui un Brexit «a incontestablement le potentiel pour déstabiliser l’économie européenne». Que signifierait une crise financière due au Brexit? Pour l’Europe, un pareil retournement de conjoncture constituerait un dommage profond, et peut-être même létal. Depuis […]

Brexit: le début de la fin de l’Europe?

15 juin 2016 Jean-Marc Boyer 0

L’inquiétude grandit. La livre sterling s’effrite à 1,27€. George Soros* investit dans l’or pour se mettre à l’abri des aléas du monde (début de la fin de l’UE, incertitudes aux USA et en Chine). La Gazette avait plusieurs fois alerté du risque de Brexit, que les médias ne prenaient pas au sérieux. Les raisons de l’aversion à l’UE « Abursdistan » Le RU a intégré tardivement le dispositif européen, essayant un contre-feu de libre échange (AELE). Après 2 refus du Général de Gaulle, le RU a été autorisé par un Georges Pompidou déjà très malade, à intégrer le club européen. Les interventions des thuriféraires de l’Union Européenne (y compris FMI, USA, …) ont été mal ressenties. Les Britanniques admettent mal les invasions. Ils en ont eu (romaine en -54, celle des Angles, des Saxons et autres Jutes au 5ème siècle, celle de 1066 par Willelm « the bastard ») mais cela remonte à mille ou deux mille ans et c’était souvent dans l’optique de se protéger (des Pictes et Scots, des Vikings, etc). Les leçons de morale sur leur manque de solidarité supposé ont provoqué l’agacement. Lors des 2 guerres mondiales, les Britanniques (et leur empire) se battaient sur le sol de France, sans […]

Brexit: le comique vire au tragique

18 mai 2016 Jean-Marc Boyer 0

Boris Johnson (l’ex maire de Londres) compare élégamment le chemin suivi par l’Europe (continentale dans l’esprit des Anglais) à ceux d’Hitler et de Napoléon. Ce dernier reste présent en creux à Londres (Trafalgar, Waterloo, bonnets de la garde, St Helen’s, …même le nouveau maire vient de l’Empire plutôt que du continent) et plus généralement chez les Anglais (pour exiger d’un enfant qu’il dorme, on le menace d’un « Bonnie will come ». Bonnie=Bonaparte). Des interventions contre-productives Les prises de paroles se sont multipliées dans le monde pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union Européenne, qui peuvent s’avérer nuisibles: –          Le FMI, Christine Lagarde étant contestable (Grèce, affaire Tapie,…) ; –          Le locataire de l’Elysée, plus discrédité dans son pays que Dilma Rousseff au Brésil ; –          Angela Merkel, qui a brouillé son image désormais bipolaire (dame de fer avec la dette grecque, fille de pasteur avec les migrants); –          La Banque Centrale d’Angleterre, qui s’exprime politiquement, ce qui viole son statut ; –          David Cameron, dont l’image sur le blanchiment d’argent a été terni (Panama Papers et son père, critique du Nigéria avec la conférence “anti money laundering” dans la City, capitale de l “essorage” de fonds) ; –          Les Travaillistes, historiquement plus pro-européens, qui n’ont pas envie de […]

Gouvernement profond: les Young Leaders franco-anglais sur les rails

8 mars 2016 Eric Verhaeghe 0

La France et la Grande-Bretagne ont décidé de lancer en catimini un programme de gouvernement profond appelé « Young Leaders » franco-britanniques, qui feront le pendant aux « Young Leaders » américains. Cette décision, prise le 3 mars, est passée inaperçue. Elle en dit pourtant long sur la volonté de « coopérer » qui rapproche les deux pays, par-delà le Brexit. Le gouvernement profond et les Young Leaders Pour ceux qui ignoreraient tout des « Young Leaders », je renvoie à un article cocasse publié sur le site de France Inter. Je qualifie cet article de cocasse puisque l’un des invités du programme « Young Leaders » organisé par les Etats-Unis et par la French-American Foundation n’est autre que Bernard Guetta, chroniqueur sur France Inter. Certains se sont demandés, peut-être, pourquoi les chroniques de Bernard Guetta sont univoques et monocordes – je veux dire qu’elles résonnent toujours dans le même sens: la domination américaine sur la diplomatie française est bonne, et les ennemis des Etats-Unis sont nos ennemis. Ils ont enfin une explication: Bernard Guetta, dont la salaire est payé par le contribuable, fut entraîné par nos cousins d’Outre-Atlantique pour répéter inlassablement la même leçon, avec des accents vaguement sociaux-démocrates. Ce programme d’échanges de haut niveau a en outre profité […]

Ce que le Brexit pourrait changer à la Sécurité Sociale

2 mars 2016 Eric Verhaeghe 0

Le Conseil européen qui s’est tenu jeudi et vendredi pourrait comporter quelques innovations importantes en matière de sécurité sociale, qui mériteront d’être étudiées de près. En particulier, la directive sur la coordination des systèmes de sécurité sociale risque d’être revue dans l’hypothèse où la Grande-Bretagne confirmerait son adhésion à l’Union, fin juin. Le Brexit et la libre circulation des personnes David Cameron a subordonné sa campagne en faveur du “non” au Brexit à plusieurs points, dont une réforme des principes de sécurité sociale liés à la libre circulation des personnes. Le système actuel interdit à un Etat membre de restreindre l’accès d’un travailleur de l’Union aux politiques sociales du pays qui l’accueille. Au nom du principe de non-discrimination, cette interdiction de toute restriction s’étend à l’ensemble des travailleurs, quelle que soit leur pays d’origine. Or la Grande-Bretagne souhaite pouvoir faire exception à cette règle en instaurant un délai de carence de plusieurs années dans le droit aux prestations. Le Brexit et la dérogation à la libre circulation des personnes Le Conseil Européen a reconnu la possibilité pour un Etat membre d’introduire des dérogations “proportionnées” au principe général d’universalité des systèmes de protection sociale. Cette innovation mérite d’être soulignée, car elle […]

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