Dans les coulisses des relations entre Macron et les syndicats

24 mai 2017 Eric Verhaeghe 0

Côté scène, les rencontres bilatérales entre Macron et les syndicats se sont bien passées. Côté coulisses, on comprend bien pourquoi: le Président a pris soin de déminer le terrain à la façon « ancienne », en recevant avec une équipe resserrée chaque responsable syndical venu seul. Le format est non seulement inhabituel, mais il est contraire à la tradition syndicale, où l’usage bannit les négociations individuelles. Et pour cause… Martinez a-t-il tout compris à ce qui lui arrivait? Pour Martinez, l’exercice tombait à pic! Habitué à passer outre les positions de son organisation, le secrétaire général de la CGT a discuté entre quat’zyeux avec l’équipe du Président de la République. Plusieurs versions de l’exercice coexistent désormais. Martine affirme avoir égrené une liste de revendications (on ne sait pas lesquelles…) qui n’ont pas recueilli l’assentiment du Président. Vraiment? Si Macron est malin (et il l’est incontestablement), il a bien dû faire son marché dans la liste, histoire d’apaiser son interlocuteur (qui, de fait, l’était en sortant de la rencontre – c’est un signe qui ne trompe pas). Pour le reste, Martinez a expliqué que Macron était prêt à repousser son calendrier de réforme. Et les conseillers de l’Élysée ont dans les minutes qui ont suivi […]

Dans les coulisses des fonds de pension à la française

12 avril 2016 Eric Verhaeghe 1

La loi Sapin 2 devrait ressusciter les fonds de pension à la française. Cette information, très technique, intéresse peu le grand public. Mais elle fait sourire les connaisseurs du secteur qui y voient tout sauf une information anodine. Elle a même tout d’une nouvelle illustration des connivences qui font le capitalisme français. Les fonds de pension, ces mal-aimés Les fonds de pension ont mauvaise réputation en France, parce qu’ils symbolisent l’industrialisation d’un capitalisme sauvage et qu’ils absorbent une épargne utile à la retraite par répartition. La France les a donc bannis pour mieux généraliser sa sécurité sociale. En France, subsistent toutefois des contrats de retraite supplémentaire qui restent marginaux dans l’économie globale du système: les encours totaux (contrats collectifs et individuels) ne dépassent pas les 200 milliards d’euros, soit moins de 10% du PIB. Une misère! Cette situation correspond bien à l’intention de dissuader toute concurrence sérieuse possible à la retraite par répartition. L’absence de fonds de pension est-elle un handicap? Si l’on admet l’hypothèse que le fonds de pension est une syndication industrielle du capital (c’est-à-dire une coalition de petits capitalistes qui joignent leur épargne pour mener une stratégie d’investissement professionnalisée), alors on mesure l’impact économique de sa prohibition […]