Dans les coulisses des fonds de pension à la française

12 avril 2016 Eric Verhaeghe 1

La loi Sapin 2 devrait ressusciter les fonds de pension à la française. Cette information, très technique, intéresse peu le grand public. Mais elle fait sourire les connaisseurs du secteur qui y voient tout sauf une information anodine. Elle a même tout d’une nouvelle illustration des connivences qui font le capitalisme français. Les fonds de pension, ces mal-aimés Les fonds de pension ont mauvaise réputation en France, parce qu’ils symbolisent l’industrialisation d’un capitalisme sauvage et qu’ils absorbent une épargne utile à la retraite par répartition. La France les a donc bannis pour mieux généraliser sa sécurité sociale. En France, subsistent toutefois des contrats de retraite supplémentaire qui restent marginaux dans l’économie globale du système: les encours totaux (contrats collectifs et individuels) ne dépassent pas les 200 milliards d’euros, soit moins de 10% du PIB. Une misère! Cette situation correspond bien à l’intention de dissuader toute concurrence sérieuse possible à la retraite par répartition. L’absence de fonds de pension est-elle un handicap? Si l’on admet l’hypothèse que le fonds de pension est une syndication industrielle du capital (c’est-à-dire une coalition de petits capitalistes qui joignent leur épargne pour mener une stratégie d’investissement professionnalisée), alors on mesure l’impact économique de sa prohibition […]