Le taux de chômage des étrangers plus élevé en France qu’ailleurs

Cet article a été lu 1571 fois

Aujourd’hui, parlons chômage. 33,4% des immigrés de première génération établis en France sont sans emploi en 2014 d’après les chiffres de l’Eurostat. Ce taux est plus élevé par rapport à celui de l’Union européenne (30,7%) et d’autres pays développés en Europe.

Un taux d’emploi plus élevé pour les immigrés de deuxième génération

 En 2014, les migrants de première génération ont plus de difficulté à décrocher un emploi que ceux de la deuxième génération :

taux-demploi-des-etrangers-dans-lue

D’après ce tableau de l’Eurostat, le taux d’emploi des étrangers nés et ayant des parents nés en France est de 83,9% en 2014. Les immigrés de deuxième génération ont un taux un peu moins élevé, de 80,2%, mais largement supérieur à celui des immigrés de première génération (66,6%). Ces proportions sont inférieures par rapport à celles de l’Allemagne, du Royaume-Uni ou encore du Luxembourg.

Concernant les migrants de première génération, la Grande-Bretagne enregistre un taux d’emploi de 9,5% de plus par rapport à celui de la France, l’Allemagne 6,2% de plus et le Luxembourg 15% de plus. Ce dernier est aussi l’un des rares pays européens où les immigrés de deuxième génération sont moins nombreux par rapport à leurs parents pour trouver du travail. Les répercussions de ces inégalités, différentes d’un pays à un autre, ne sont pas à sous-estimer surtout en France.

Chômage et tensions ethniques en France

Le marché du travail en France est moins accessible aux étrangers par rapport aux autres pays développés d’Europe. La proportion des immigrés ayant décroché un diplôme d’enseignement supérieur est pourtant plus élevée dans l’Hexagone que chez ses voisins allemands, bien qu’inférieure à celle des Britanniques.

On notera par ailleurs que le taux d’obtention de diplôme ne corrèle pas avec le taux d’emploi. Seulement 36,5% des immigrés ayant deux parents nés en France sont diplômés de l’enseignement supérieur alors que 83,9% d’entre eux trouvent un emploi. En revanche, 40,7% des migrants de deuxième génération et 35,2% de leurs parents décrochent un diplôme de l’enseignement supérieur pour des taux d’emploi respectivement à 80,2% et 66,6% seulement.

Ces inégalités pourraient être à l’origine de différentes tensions ethniques ou sociales dans certaines zones du territoire français, qu’il s’agisse d’agissements racistes ou d’atteintes aux institutions. Certains peuvent nier l’existence de liens entre faits divers et effondrement de la société, mais il n’en demeure pas moins que ces faits illustrent des clivages sociaux, ethniques, financiers ou géographiques.

print

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
PLFSS 2017: quand les organisations patronales luttent contre la libre concurrence

Les organisations patronales, en France, et contrairement aux fantasmes agités dans les médias subventionnés, n'aiment pas le libéralisme et ne...

Fermer