Too big to fail: quand le régulateur européen prépare consciencieusement la prochaine crise financière

Le Too big to fail des banques avait poussé à la crise de 2008. Les financiers, conscients d’être protégés par leur taille, avaient alors multiplié les investissements hasardeux. Les contribuables européens avaient dû nettoyer les pertes, dans le douleur qu’on connaît. Le régulateur financier européen veut malgré tout encourager une nouvelle course à la taille. Ou comment préparer la prochaine crise financière…

L’information est donnée par Le Figaro. Danièle Nouy, la présidente du conseil de surveillance prudentielle de la Banque centrale européenne, veut que des banques européennes s’adossent pour créer des géants paneuropéens. Au demeurant, la même Nouy avait, dans un colloque de novembre 2017, soutenu le même point de vue. L’argumentation donnée par cette française issue de la banque laisse pantois: il faut créer un secteur bancaire européen. 

Too big to fail: perseverare diabolicum

On comprend bien la visée politique de cette doctrine. Il s’agit de peser dans le marché international, comme si les banques européennes n’étaient pas déjà des poids lourds mondiaux. Mais on s’étonnera de l’absence de recul dans ces énonces idéologiques. 

Tout le monde se souvient pourtant de la doctrine du Too big to fail qui a dominé les économies industrialisées durant les années 2000. Parce que les banques se savaient trop grandes pour que leur faillite soit acceptable par les Etats, les banquiers qui les dirigeaient s’en sont donné à cœur joie pour multiplier les investissements dangereux. 

D’où les subprimes et les produits complexes qui constituaient de véritables poudrières. On se souvient des mécanismes de base qui ont conduit à ce cataclysme: les banques acceptaient des engagements risqués, puisque les transféraient vers des structures de portage externes. Le mécanisme le plus régulièrement utilisé pour pratiquer cet enfumage s’appelait la titrisation.

Le retour en force des logiques qui ont conduit à la crise de 2008

On retiendra ici que Danièle Nouÿ  prend une position qui favorise le retour des pratiques mortifères de 2008. L’idéologie du « big is  beautiful » est en effet la porte ouverte à toutes les dérives financières, par le seul fait que le contribuable apporte sa protection finale au système, dût-il se ruiner pour rembourser les frasques de quelques irresponsables. 

Parallèlement, on note le retour en force de la titrisation. Comme dans les années 2000.

Mais, bien entendu, le danger dans nos sociétés ne provient pas des élites, mais du petit peuple et du populisme…

 

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