Travail détaché: les polémiques protectionnistes vont repartir

Le travail détaché devrait encore faire parler de lui et susciter de nombreuses polémiques protectionnistes. Dans la foulée d'un article de Leïla de Comarmond dans les Échos, l'AFP a en effet demandé à la direction générale du travail confirmation d'une hausse de 25% du nombre de travailleurs détachés en 2016. Parallèlement, les transporteurs routiers bloquent les frontières pour protester contre leur exclusion de la réforme. 

Il y a quelques semaines, la presse subventionnée a lancé des titres triomphaux sur les avancées obtenues, paraît-il, par Emmanuel Macron sur le travail détaché. Nous avions alors fait part de notre scepticisme sur la portée de ces gains diplomatiques. 

Manifestement, ce scepticisme est aujourd'hui confirmé par les faits. Les transporteurs routiers bloquent en effet les frontières pour protester (tardivement) contre l'une des conclusions du sommet européen: l'exclusion du transport routier hors du champ de la nouvelle directive. Mais on n'est pas au bout de ces conclusions en trompe-l'oeil.

Polémiques protectionnistes en vue

Dans la foulée, la presse a indiqué que le nombre de travailleurs détachés en France avoisinait en 2016 les 350.000 salariés. Le phénomène augmente alors que le chômage est au plus haut. 

Une fois de plus, les polémiques protectionnistes devraient faire rage et éviter les vrais sujets: pourquoi un employeur préfère-t-il recruter un salarié polonais pour une mission temporaire, alors qu'il existe 3,5 millions de chômeurs en France qu'on peut faire travailler 35 heures maximum par semaine en versant un euro à la sécurité sociale chaque fois qu'on lui verse une euro de salaire (dès lors qu'on a prouvé qu'on n'avait pratiqué aucune discrimination à l'embauche)? S'agissant des missions temporaires, on ajoutera que le Français en question ne peut être licencié pendant son contrat court, dont le coût est majoré de 10% pour indemniser la précarité. Dans ces conditions, il faut vraiment être mauvais coucheur pour lui préférer le Polonais, le Roumain, le Slovène et même l'Allemand qui a le mauvais goût de penser que son salaire est versé en échange d'une production.

Au passage, on écoutera les donneurs de leçons europhiles et eurolâtres expliquer que le détachement, qui procède de l'idéal communautaire de libre circulation des personnes, est un vice. Les mêmes oublieront de rappeler que la France compte plus de 150.000 travailleurs français détachés en Europe. Et ils n'hésiteront à demander pour les autres des mesures qui pénaliseront les Français partis à l'étranger. Tout cela au nom de l'ouverture sur l'autre, bien entendu. 

On ne manquera pas de suivre ces polémiques, donc. 

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