Que trouve-t-on dans le trou d’air que traverse Emmanuel Macron?

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La campagne d’Emmanuel Macron traverse un trou d’air. En fin de semaine, des sondages (ah! la religion du sondage…) donnaient même Fillon au coude-à-coude, au premier tour, avec l’ancien ministre des Finances. Les intentions de vote en faveur de Macron semblaient même baisser. Outre le jeu normal de la barométrie politique en période électorale, on y verra aussi quelques effets nouveaux… et on y lira quelques signes cocasses de l’état d’esprit régnant dans l’équipe du candidat.

Trou d’air ou réajustement face à Hamon et Fillon?

Le tassement de Macron correspond d’abord à la tectonique électorale classique.

Hamon commence à prendre ses marques à gauche et devrait grignoter des voix sur les basques de Macron. Le phénomène devrait s’amplifier dans les semaines à venir, surtout si Hamon parvient à fédérer les candidatures de Mélenchon et de Jadot. Dans cette hypothèse, il pèsera probablement pas loin de 25% et deviendra le second candidat, derrière Marine Le Pen. Voire le premier. Le sentiment de dynamique jouera alors à plein, ce qui constituera u vrai choc pour Emmanuel Macron.

Le point inédit de la campagne tient au fait que ces regroupements pourraient se produire à un mois du scrutin, ce qui redonnerait de l’air à celui-ci.

De son côté, François Fillon a commencé à réajuster sa campagne. Personne ne sait toutefois quelle sera l’ampleur de ce réajustement.

L’absence de programme devient un handicap

Face à ces adversaires immédiats, Macron commence à comprendre que son absence de programme chiffré devient un handicap. Il a d’ailleurs annoncé un premier chiffrage pour le 22 février. Tiens! il ne l’a donc pas tout prêt dans sa manche. Autrement dit… il avance depuis plusieurs mois sans aucune idée sur le coût de ses mesures. Et nous sommes à deux mois du scrutin. On rêve!

“Nous avons l’impression qu’un certain nombre des choses qui ont été dites par le candidat n’ont pas été perçues ou reçues ou comprises, (…) c’est peut-être en partie de notre faute”, dit-on au siège de campagne d’Emmanuel Macron, dans le XVe arrondissement de Paris.

“Les mesures que nous proposons, pour n’être pas des mesures choc, sont néanmoins des mesures lourdes et radicales que nous ne serons pas amenés ensuite à faire évoluer, à modifier, à amender ou simplement même à faire disparaître au gré de la façon dont tout cela est reçu ou perçu par les médias ou par le grand public parce que ce sont des mesures dans lesquelles nous croyons”, ajoute-t-on de même source.

Des mesures lourdes, on en a, paraît-il, mais quant à savoir combien elles coûtent… On ne m’enlèvera pas de l’idée que Macron est l’incarnation du Canada-Dry. Tout est dans l’habillage et dans l’impression qu’il donne. Et pour le reste, de la politique à l’ancienne, à la Chirac dirais-je même.

Veillée d’armes avant les boules puantes

Pour le reste, le camp Macron s’attend au pire côté boules puantes. Tout le monde a en tête désormais l’intervention miraculeuse de Vladimir Poutine dans la campagne électorale.

L’équipe d’Emmanuel Macron a essuyé des milliers de cyberattaques depuis le début de la campagne, a déclaré lundi le secrétaire général du mouvement En Marche!, Richard Ferrand, exhortant l’Etat à prendre des mesures face au risque d’ingérence étrangère dans l’élection présidentielle en France. (…)

Pour Richard Ferrand, les Russes ciblent Emmanuel Macron “sans doute parce qu’ils savent qu'[il] veut une Europe forte, une Europe qui se développe et une Europe qui pèse lourd, y compris face à la Russie”.

“Il est clair que l’extrême-droite et la droite et leurs candidats sont plutôt bien vus tandis que nous, nous prônons une Europe forte, une Europe puissante et évidemment, objectivement, un certain nombre de médias russes manifestement ne veulent pas”, a-t-il ajouté.

Voilà qui sent le déminage ou, en tout cas, la prise de date avant la tempête. Le pire, pour Macron, serait que les boules puantes interviennent après le 18 mars, au moment où il aura déposé sa liste de 500 parrains. Il sera alors dans une seringue sans retour.

Les Français aiment-ils un candidat sans programme?

Reste la question à laquelle Emmanuel Macron soutient connaître la réponse:

Le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron a affirmé dans Le Journal du Dimanche que « c’est une erreur de penser que le programme est le cœur » d’une campagne électorale, alors que, selon lui, « la politique, c’est mystique ».

Macron est-il le nouveau Jésus ou le nouveau Raël? La question est ouverte. La posture de Macron en dit en tout cas très long sur sa conception de la démocratie: élisez-moi et des voix me diront chaque jour ce que j’ai à faire.

C’est peut-être cette vacuité-là qui explique le mieux le trou d’air de la campagne Macron.

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2 commentaires sur Que trouve-t-on dans le trou d’air que traverse Emmanuel Macron?

  1. IL est très possible que “la politque c’est mystique” ait fait beaucoup de mal. Car on propose en fait (europe, csg, rsi, 35 heures maintenues, retraites maintenues). On sait bien qu’il n’est qu’un bayrou de gauche, un centriste en fait. Et puis, cette histoire d’homosexualité, si c’était vrai?

  2. je m’étonne que vous continuiez à vous étonnez qu’il n’est pas de programme chiffré. Son programme est pourtant simple et d’ailleurs annoncé; l’Europe, l’Europe, l’Europe. Donc pas besoin de chiffre car une fois élu c’est la commission européenne, le fmi et l’Allemagne qui les lui donneront. Et comme il a été poussé à être candidat pour pouvoir, une fois élu, organiser le lobbying pour pousser la candidature de son père HOLLANDE à la place de Juncker, et de sa mère ROYAL sur un poste important dans les instances internationales, il n’y a aucun problème en perspective E. Macron/A.Tsipras même génération, même jolie petite gueule, même combat.

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