Uber perd son plus grand marché mondial

La régie des transports londoniens est catégorique : elle ne renouvellera pas la licence de la société de VTC américaine. Soutenue par Sadiq Khan, le maire de Londres, elle pointe du doigt plusieurs manquements à des conditions qu'elle juge obligatoires, pour exercer en toute sécurité. Au-delà du 30 septembre, Uber quittera la capitale anglaise. 

Le hastag #saveyouruber a fait son apparition sur les réseaux sociaux en même temps qu'une pétition à l'attention de Sadiq Khan. A ce jour, elle compte près de 735 000 signataires qui veulent voir Uber continuer à exercer sur leur territoire après le 30 septembre. 

Explosion du tarif des licences

La première grosse "sortie de route" a eu lieu le 18 septembre, quand Transport for London, l'autorité des transports à Londres a fait savoir qu'elle rehausserait les tarifs d'obtention de la licence d'Uber. De 2 826 livres (environ 3 200 euros), elle passerait à 2,9 millions de livres (environ 3,2 millions d'euros) , soit mille fois plus ! 

Si TFL a fait savoir qu'elle ne visait pas spécifiquement Uber, elle justifie cette hausse des tarifs par l'engorgement du secteur des VTC à Londres. De 2013 à aujourd'hui, le nombre de chauffeurs aurait pratiquement doublé, passant de 65 000 à 116 000. Avec une offre qui explose, c'est aussi le temps pour traiter tout l'administratif qui subit la même hausse a indiqué TFL. 

Des accusations en cascade

Seulement voilà, la hausse soudaine des prix n'est pas la seule raison pour laquelle la société risque de cesser toute activité à Londres. TFL reproche à Uber "un manque de responsabilité en lien avec plusieurs autres problèmes, avec des conséquences potentielles pour la sûreté et la sécurité du public". Elle pointe notamment du doigt un manque de réactivité des chauffeurs pour dénoncer les crimes dont ils sont témoins, des failles dans le contrôle des casiers judiciaires des conducteurs et l'utilisation de logiciels pour masquer l'activité des VTC dans des zones prohibées. 

Parallèlement, les conducteurs ont aussi des exigences à faire valoir. Ils veulent qu'Uber assure un salaire minimum, le respect de leurs jours de congés et une couverture en cas d'arrêt de travail. Jusqu'à présent, Uber profite du statut d'auto-entrepreneur de ses VTC pour s'effacer de toute responsabilité.

Des précédents en Europe

Uber serait donc un mal-aimé, persécuté à travers toute l'Europe car cette interdiction d'exercer fait suite à celle qui a été prononcée en avril dernier en Italie. Et là, c'est toute la botte qui n'est pas prête de revoir la firme américaine. Le Danemark a aussi prohibé toute activité commerciale d'Uber sur son territoire. Et on se souvient évidemment de la grogne des taxis en France. Globalement, c'est la concurrence déloyale qui est invoquée. 

Si de son côté la société voit disparaître jour après jour ses principaux marchés, ce sont surtout des dizaines de milliers de conducteurs qui vont perdre leurs emplois et venir gonfler les chiffres du chômage. C'est aussi le risque de voir s'agrandir un marché parallèle du transport en Europe. 

" Je sais qu'Uber est devenu un service très populaire pour beaucoup de londoniens, mais ce serait une erreur de la TFL de leur fournir une licence si la sûreté et la sécurité des londoniens étaient remises en cause. 

Etant le maire de Londres, je soutiens les nouvelles sociétés innovantes qui aident les londoniens en leur fournissant un service plus abrdable. Cependant, proposer un service innovant n'est pas une excuse pour contrevenir aux règles. Toutes les sociétés de Londres doivent suivre les règles et adhérer à nos hautes exigences, particulièrement quand il est question de la sécurité des clients.

J'exprime toute ma sympathie aux chauffeurs et aux clients d'Uber touchés par cette décision, mais ils doivent retourner leur colère contre Uber. Cette société a laissé tomber ses conducteurs et clients en n'arrivant pas, du point de vue de la TFL, à agir comme une société convenable et digne. " 

Réponse de Sadiq Khan, maire de Londres, le 23 septembre 2017. 

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