Une sarkozyste élue à la tête de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie

A la veille de ses 60 ans, Marie-Anne Montchamp a déjà une carrière politique bien remplie. Ministre de Jacques Chirac, puis secrétaire d’Etat à la solidarité dans le gouvernement Fillon, elle vient d’être élue présidente de la Caisse Nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

La CNSA a été créée en mai 2005 par la loi du 30 juin 2004, cet établissement public a pour but de financer les aides en faveur des personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie. Le budget prévisionnel s’élève en 2017 à 25,47 Md d’euros, soit une évolution de près de 80% par rapport à 2006 où il s’élevait à 14,16 Md d’euros.

Une feuille de route déjà chargée

Marie-Anne Montchamp présidera l’instance aux côtés d’Anne Burstin, nommée directrice générale le 22 septembre dernier. Marie-Anne Montchamp avait été désignée pour siéger au sein du conseil de la CNSA comme Personnalité Qualifiée, aux côtés de Philippe de Normandie et de Josef Schovanec, par arrêté du 18 octobre 2017. Au cours de ce conseil extraordinaire, Agnès Buzyn et Sophie Cluzel ont rappelé les nombreux enjeux qui attendent l’établissement public en termes de solidarité et d’accès à l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Les axes de travail suivants ont notamment été abordés : l’offre d’accueil des personnes âgées en perte d’autonomie ; la qualité des prises en charge au sein des établissements médico-sociaux ; la transformation de l’offre d’accompagnement des personnes handicapées au service d’une société inclusive ; la qualité de vie au travail dans les établissements ; la lutte contre la maltraitance ; le soutien aux aidants.

Certains de ces axes se retrouveront dans la future stratégie nationale de santé portée par Agnès Buzyn, notamment la prévention, le soutien aux aidants et la qualité de vie au travail. Agnès Buzyn et Sophie Cluzel ont en outre souligné la mobilisation de l’ensemble du Gouvernement pour une meilleure inclusion dans la société des personnes en perte d’autonomie et des personnes en situation de handicap.

Chirac, De Villepin et son exclusion de l'UMP

Elle commence son aventure politique en 2001 lorsqu’elle devient adjointe au maire de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) qu’elle rejoint sous l’étiquette du RPR. En 2002, elle devient députée de la septième circonscription du Val-de-Marne tout en intégrant l’UMP. Elle entre en 2004 dans le gouvernement Jean-Pierre Raffarin en tant que Secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées pour un an, appréciant au passage la création de la CNSA. En 2006, elle soutient alors ouvertement Dominique de Villepin en vue des présidentielle, avant de se présenter aux élections municipales de 2008 face au maire sortant. Une pratique que goûtera très peu l’UMP puisqu’elle est exclue pendant 3 ans du parti. Mais elle continue de siéger au groupe UMP de l’Assemblée Nationale.

" Suite à sa nomination par le gouvernement et la présidence de la République en tant que personnalité qualifiée, Marie-Anne Montchamp a été élue par 70 voix contre deux abstentions à la présidence de la CNSA "

Convaincue ou opportuniste ?

En 2010, elle est l'un des membres fondateurs du parti "République Solidaire" de Dominique de Villepin. Elle critique alors ouvertement les décisions de Nicolas Sarkozy avant de rejoindre son gouvernement quelques mois plus tard en étant nommée secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale. Elle apporte alors son soutien à Nicolas Sarkozy lors de la primaire présidentielle des Républicains avant de quitter le parti en mars 2017 pour rejoindre " La République en Marche " d'Emmanuel Macron. Elle expliquait " ne jamais avoir été filloniste, je savais que les arbitrages se faisaient à l’Elysée et qu’on gagnait un temps fou en allant directement à l’Elysée. Sur les questions sociales j’avais de bien meilleurs arbitrages avec Nicolas Sarkozy. " 

En rejoignant LREM, elle retrouvait d'anciens ministres chiraquiens comme Renaud Dutreuil, Jean-Paul Delevoye, Anne-Marie Idrac.

" Bien qu'il n'ait pas été officiellement enregistré au Livre Guiness des records, ce laps de temps de cinq mois pour retourner sa veste semble constituer un record de brièveté. "

Thomas Guénolé, politologue

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