VTC : coup d’arrêt pour Uber et Didi Chuxing

Les géants du VTC sont dans l’oeil de la tornade. Uber semble ne pas réussir à se sortir des polémiques qui entourent le groupe quand le leader chinois Didi Chuxing connait des polémiques semblables à celles qui avaient fait reculer Uber en Angleterre. 

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Tout semblait pourtant s’arranger pour la plus célèbre des entreprises de VTC. En juin dernier, nous informions nos lecteurs que malgré les polémiques, Uber pouvait reprendre ses activités en Angleterre pendant 15 mois, le temps de faire ses preuves. En parallèle, l’entreprise continuait son implantation en Europe et particulièrement en France durant l’été. Pour autant, tous ces efforts n’ont pas été suffisants pour endiguer le nombre de polémiques qui entourent l’application. 

Du côté de l’Asie, c’est l’entreprise Dixi Chuxing, qualifiée comme le Uber chinois, qui est accusé de ne pas avoir signalé un salarié dangereux. Ce dernier a été arrêté car il serait impliqué dans le meurtre d’une passagère. Une polémique semblable à celles qui avaient valu à Uber d’être interdite en Angleterre. 

Uber à l’âge de la régulation

L’entreprise a communiqué son nouveau bilan trimestriel. Et d’après les observateurs, ce dernier ne serait pas des plus réjouissants. Pour le second trimestre 2018, l’entreprise accuse un chiffre d’affaires en augmentation de 63% par rapport à l’année dernière, pour atteindre les 2,8 milliards de dollars. Les réservations sont aussi en hausse de 41% et atteignent 12 milliards de dollars.

Parallèlement, le groupe accuse aussi des pertes abyssales sur les trois derniers mois. Les chiffres communiqués font état de 891 millions de dollars de perte. Des pertes en baisse puisque que sur la même période en 2017, le groupe déclarait avoir perdu 1,1 milliard de dollars. D’après le communiqué, ces pertes concernent essentiellement des investissements.

Pour autant, le groupe fait aussi face à de nombreuses polémiques et à de plus en plus de méfiance de la part des investisseurs et des consommateurs. Début août, la ville de New York, là où tout commença pour Uber, faisait savoir qu’elle s’attellerait à réguler le nombre de licences VTC délivrées aux chauffeurs Uber. Jusqu’à fin 2019, aucune licence ne sera délivrée. 

Officiellement, il s’agirait de réduire le nombre d’embouteillages à New York. Néanmoins, d’après l’agence Reuters, il s’agirait aussi d’endiguer la vague de suicides qui touche les taxis de la ville depuis l’arrivée de l’entreprise concurrente. 

La fronde n’est pas seulement cantonnée à la côte Est des Etats-Unis mais elle fait aussi rage en Europe. Ainsi, les chauffeurs de taxi espagnols font état de leur soulagement après que le gouvernement ait décidé de limiter, lui aussi, le nombre de licence délivrées à Uber. 

Didi Chuxing suspend ses activités après le meurtre d’une passagère

Actuellement, le Uber chinois, Didi Chuxing, est aussi au coeur des tourmentes. Alors que le groupe déclarait vouloir développer son pôle services automobile déjà estimé à près de 60 milliards de dollars, l’entreprise voit arriver une polémique semblable à ce qu’a connu Uber en Angleterre.

Le 25 août dernier, le groupe présentait ses excuses après le viol et le meurtre d’une passagère commis par l’un de ses chauffeurs VTC. Durant son trajet, l’activité suspecte du chauffeur a alerté la passagère qui aurait contacté les forces de police. En vain. Arrêté par la police, ce dernier faisait déjà l’état de signalements qui le qualifiaient de dangereux. Mais le groupe n’en a tenu compte, le chauffeur n’avant pas de casier judiciaire. 

Peu importe la raison, nous assumons une indéniable responsabilité.  L’incident montre de nombreuses défaillances dans notre service consommateur, en particulier le fait de ne pas avoir agi rapidement sur la plainte de la précédente passagère et le processus complexe et rigide de partage de l’information avec la police. Nous avons une responsabilité et nous nous sentons coupables. En tant que plateforme, nous avons trahi la confiance du public. Notre service client n’a pas tenu sa promesse de lui répondre dans un délai de deux heures. Nous n’avons pas non plus enquêté suffisamment rapidement sur ce signalement.

Communiqué de Didi Chuxing

Une enquête est ouverte. En attendant, l’entreprise affirme avoir limogé le responsable du service covoiturage et le président du service consommateur. Malgré cela, l’entreprise fait face à de nombreuses critiques. D’autant qu’elle avait déjà été pointée du doigt en mai alors qu’une passagère de 21 ans avait été tuée dans des circonstances similaires. 

Sale temps pour les VTC. 

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