La France n’attire pas les entreprises étrangères

D’après le dernier rapport de l’Insee, l’agence affirme qu’un salarié sur deux en France travaille pour un groupement de sociétés. Seulement, la rapport montre aussi une disparité entre les groupes français plus nombreux, et les groupes multinationaux qui concentrent plus de salariés. 

Pour reprendre les mots de l’Insee, fin 2015, 442 000 sociétés présentes sur le territoire français sont organisées sous forme de groupes de sociétés ou contrôlées par des collectivités publiques. Ce sont 123 000 groupes qui sont ainsi formés et qui emploient 10,5 millions de salariés en France, soit la moitié des salariés du privé et du public. 

Des petits groupes plus nombreux mais avec moins d’effectifs

D’après le tableau ci-dessus, ce sont les groupes de 0 à 250 salariés qui sont les plus présents sur le territoire. Avec cependant des disparités entre les groupes de moins de 10 salariés et ceux allant jusqu’à 250. En somme, les premiers sont pour 3 cas sur 4, constitués d’une ou deux sociétés. Cependant, pour la totalité de ces mini-groupes, ce ne sont qu’environ 201 000 salariés qui sont employés. 

Pour les groupes intermédiaires allant jusqu’à 250 salariés, ils ne sont qu’un sur deux à n’avoir qu’une ou deux sociétés. Mais le nombre de salariés présent explose puisqu’il tourne autour des 3 600 000. 

La France, pays peu attractif pour les investisseurs étrangers ?

Ces premiers résultats sont à mettre en parallèle du second tableau dans lequel on observe une prépondérance des groupes franco-français qui sont au nombre de 102 955 pour environ 332 000 sociétés sur le territoire. Il est intéressant de rajouter à ces chiffres ceux qui concernent les multinationales françaises qui concentrent 6 000 groupes et 77 000 sociétés. Ensemble, ces deux catégories regroupent 83,7% de tous les emplois salariés soit 8 900 000 emplois. 

En clair, ce que montre le rapport sans jamais précisément le dire, c’est qu’il existe un faible intérêt pour la France de la part des entreprises étrangères, qu’elles soient européennes ou non. Les firmes multinationales ne regroupent qu’à peine 7,7% de toutes les sociétés dans l’hexagone. Un point positif si l’on se place d’un point de vue protectionniste, mais plutôt négatif si l’on considère que ces entreprises peuvent amener de la richesse et de l’activité. Dans ce cas, c’est une vraie réflexion pour renouveler l’image de la France qu’il va falloir mener dans les plus hautes sphères politiques. 

Sur le champ des unités marchandes non agricoles et non financières, la quasi-totalité (92 %) sont des unités indépendantes (sociétés ou entreprises individuelles), c’est-à-dire
qu’elles n’appartiennent pas à un groupe. Pourtant, les unités faisant partie d’une structure de groupe ont un poids prépondérant dans les effectifs salariés de l’économie marchande
(70 %) et réalisent 71 % de la valeur ajoutée brute marchande. 

Les unités dépendant de firmes multinationales représentent seulement 2 % de l’ensemble
des unités marchandes non agricoles et non financières. Toutefois, elles occupent 47 % des salariés de l’économie marchande et génèrent 53% de la valeur ajoutée brute marchande produite sur le territoire français.

6 % des unités marchandes
non agricoles et non financières exportent, mais c’est le cas de seulement 5 % des unités indépendantes, contre 21 % des unités
qui dépendent d’un groupe. Pour les unités appartenant à des groupes franco-français, 16% sont exportatrices, contre 27% pour
celles appartenant à des firmes multinationales françaises et 47 % pour celles appartenant à des firmes multinationales étrangères.

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