3 astuces pour détourner sans se faire prendre les fonds de la formation professionnelle

Voici quelques conseils tirés d'observations réelles pour détourner de façon sereine les fonds de la formation professionnelle, qu'Emmanuel Macron veut consacrer aux chômeurs. On notera que ces conseils seront faciles à mettre en oeuvre dans le cadre de la prochaine réforme. 

Pour bien détourner les fonds, il y a une astuce générale à retenir: il faut miser sur la différence de taille. Dans la pratique, depuis maintenant dix ans, les gouvernements successifs (l'affaire a commencé avec Sarkozy, et s'est poursuivie sous Hollande comme si de rien n'était) ont une obsession: regrouper dans d'énormes usines les organismes collecteurs des fonds de la formation professionnelle. Plus le temps passe, plus ces organismes deviennent donc des mastodontes aveugles, éloignés du terrain, qu'il est facile de gruger. 

Voici les trois "best practices" pour détourner leurs fonds. 

Astuce n°1: les formations bidon

Les organismes collecteurs, comme leur nom l'indique, servent à collecter les contributions des entreprises à la formation professionnelle, et à rembourser des formations "consommées" par ces entreprises. Les petits malins profiteront de ce grand bonneteau pour prendre leurs bénéfices au passage. 

Ainsi, une entreprise de dix salariés peut décider d'envoyer tous ces salariés en congé pendant une semaine (par exemple au mois de mai). Dans le même temps, l'employeur déclare que ses salariés étaient tous pendant une semaine en formation. Il présente une facture à l'OPCA qui règle la somme prévue par l'accord de branche. 

Cette formule suppose bien évidemment un complice dans l'organisme de formation qui émet une fausse facture que personne n'ira vérifier. L'organisme de formation et l'entreprise se partagent alors le chèque reçu.

Astuce n°2: la surfacturation

Beaucoup de branches remboursent mieux les formations dites "inter" (c'est-à-dire regroupant les salariés de plusieurs entreprises) qu'"intra" (regroupant les salariés d'une seule entreprise). L'organisme de formation qui veut surfacturer sa prestation (et parfois empocher un joli magot) a donc intérêt à déclarer que les salariés qu'il a formés appartenaient à plusieurs entreprises. 

Là encore, il suffit que le formateur (souvent un expert du métier) soit de mèche avec un employeur pour monter la fraude. 

Astuce n°3: la labellisation bidon

Ce système est particulièrement précieux dans les branches qui conditionnent (projet d'Emmanuel Macron) le remboursement des formations à la labellisation de celles-ci. Officiellement, il s'agit d'éviter les formations au macramé ou à la peinture sur soie au bénéfice de salariés qui ne savent pas allumer un ordinateur. 

Les petits malins des branches ont trouvé l'astuce pour tirer profit de ce système. Ils labellisent des formations utiles, et rémunèrent discrètement sur celles-ci les organisations syndicales qui siègent dans les OPCA (puisque ceux-ci sont paritaires). Cette mécanique dont les syndicats (salariaux ou patronaux) raffolent permet de s'assurer un flux d'entrée régulier. Les commissions versées auxdits syndicats sont remboursées par une augmentation des tarifs. 

8 commentaires sur 3 astuces pour détourner sans se faire prendre les fonds de la formation professionnelle

  1. Bonjour,
    Je suis dérangé par votre article dont je n’arrive pas à savoir s’il est ironique ou non.
    Une chose est certaine, il participe à la stigmatisation des entrepreuneurs au rang du “tous des pourris” ce que je trouve regrettable.
    Il est certain que les dispositifs en place sont (très) largement perfectibles (et pas uniquement au titre de ce que pointe votre article) mais il aurait à mon sens été plus constructif de présenter votre article sous un angle dénonçant le caractère passoire de la chose plutôt (c’est certes moins accrocheur) que sous la forme du bon conseil d’un entrepreuneur à un autre lequel peut encore une fois s’avérer destructeur pour la réputation générale des intreressés.
    Vous l’aurez compris bien plus que le fond c’est la forme qui me dérange mais ça n’est ici que mon opinion.
    Bien cordialement,
    Benjamin

    • Je ne pense vraiment pas que la propagande unilatérale sur “aucun entrepreneur n’est pourri” serve la cause des entrepreneurs. Sinon, on n’entendrait pas sur eux aujourd’hui ce qu’on entend d’eux…

  2. je soutient inconditionnellement Eric Verhaeghe en ce qui concerne cet article somme toute bien mesuré.
    La vérité est bien pire.
    Ce sont des dizaines de milliards d’€uros qui se sont envolés depuis des décennies en pure perte, pour engraisser des “petits” malins et donner “bonne” conscience à des élus irresponsables.

  3. Les Entreprises sont en retrait du cadre décrit dans cet article … il est plus avisé , de regarder
    qui sont les donneurs d’ordre pour “les évaluations de compétences” , prestation , complétement bidon,
    pendant laquelle , des bacheliéres au rabais , évaluent des pros , et parfois des cadres ..remplissant
    des grilles improbables … tout ce processius , débouchant sur une proposition de stage , tout
    aussi bidon … et pouvant étre dispensé par l’ AFPA …et de trés nombreux autres organismes …
    qualifiés … Ainsi , une universitaire à bac + 5 ;;;s’est vue proposer un unique stage dit …:
    “d’aide à la personne” … durant trois mois … les deux premiéres semaines étant consacrées au
    bon usage du balai et de la pelle … ensuite des cours de repassage …pour dix personnes , avec
    une seule table à repasser … et un seul fer …!!!
    Sur les dix stagiaires , hommes et femmes , quatre , dépassaient le quintal , et avaient toutes
    les peines à se mouvoir … Les autres “piégés” , ont été au bout de ce stage calvaire , sans autres
    choix .. Les personnes auditionnées en fin de stage , déclarent , qu’elle n’exercerons jamais ,
    la pseudo spécialité , que l’on a bien voulu leur enseigner …
    Il y a des exemples comme cela , par centaines …

  4. hélas il est ironique car à ce jour il ne nous reste plus que cela
    la liste des insultes s’allonge pour “les petits les sans grades” qui se lèvent tôt le matin et finissent tard le soir et qui font la richesse du pays car créateur de travail mais que sa majesté jupiterienne méprise et insulte
    Au cours des ces décénies nous en avons eux des présidents qui nous traitaient pas dessus la jambe mais celui ci remporte le 1er prix et ce n’est hélas que le début. Elu par 46 % des français qui on cru au père Nöel ce petit monsieur devrait lire ou relir notr histoire de France qu’il méprise et insulte pour savoir que “qui est grand et méprisant aujourd’hui ne dure jamais” mais cela était valable au siècle dernier mais maintenant que les français dans leur ensemble sont de sales gosses gavés je me pose des questions i n’y a qu’à voir dès qu’il y a un tout petit pont et cela laisse la place à tous les extrêmes

  5. Votre première astuce ne tient pas car souvent il faut fournir les bulletins de salaire des stagiaires. En tout état de cause la dgefp vérifiera les bulletins de salaire en cas de contrôle et s’ils montrent que les salariés étaient en congés plutôt qu’en formation vous imaginez bien que ça ne va pas

  6. Vous auriez pu tout aussi bien faire un article sur la fraude au président, ou la façon dont on peut faire de la trésorerie en présentant des fausses factures à un factor. Tout cela n’a pas grand intérêt. Aucun système n’est infaillible. Par conséquent, vos pseudo astuces n’intéressent pas grand monde, et il y a probablement des façon plus rapides pour un escroc de faire de l’argent.
    En revanche, lorsque vous parlez de labellisation, et de “commissions” versées à des syndicats, je me demande si vous vivez dans la vraie vie, ou peut être êtes vous parti quelques temps en voyage. Cela fait quelques années quand même que tous les liens financiers entre OS, OP et OPCA sont sous surveillance systématique des commissaires aux comptes, et que plus un centime ne sort sans être régi par une convention examinée par les auditeurs. Mais rassurez-vous ces diatribes nauséabondes sont à la mode et donc vous vous sentez moins seul.
    En revanche, on a bien une idée de la destination de votre argent le jour ou le système est libéré et que vous n’aurez plus aucune contrainte en termes d’investissement formation. Et je ne voudrais pas être à la place de vos salariés.

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