A Paris, le mont-de-piété roule sur l’or

Un rapport de la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France dévoile ses observations concernant CMP-Banque, unique filiale de la caisse de Crédit municipal de Paris. Le train de vie de ses membres a de quoi laisser pantois tant ils semblent rouler sur l'or.

La CMP-Banque est un établissement public communal de crédit et d’aide sociale, détenu à 99,9% par le Crédit municipal. Suite à la défaillance de sa filiale bancaire, en 2015, la Ville de Paris a été appelée à reconstituer le capital du groupe du Crédit municipal par une dotation de 42 millions d’euros. En décembre 2015,  la filiale a demandé le retrait de son agrément bancaire. A ce titre, la chambre régionale des comptes d'Île-de-France a examiné les raisons qui ont mené à la cessation d’activité commerciale de cette filiale bancaire en 2015, et toute activité au plus tard en 2023.

 

Un train de vie élevé pour une filiale qui roule sur l'or

CMP-Banque a longtemps maintenu un parc automobile important, et ce, même lorsque ses difficultés l'ont menée dans un plan social coûteux, associé à des hypothèses de liquidation. Elle comptait quinze véhicules, dont quatorze affectés aux cadres. Des cartes de carburant ont été distribuées et des frais de péages remboursés dans des conditions indéterminées. Impossible pour la chambre régionale des comptes d'obtenir un registre attestant du contrôle de l'usage des pompes du carburant. Cette absence de rigueur dans la gestion du parc automobile, a aussi concerné les dépenses de bouche ou les frais de déplacement.

 

Une réduction des charges demandée mais des déplacements très étendus

En raison d'un résultat net constamment négatif à partir de 2011, la banque a perdu toute rentabilité. Les possibilités de développement de l’activité ont été restreintes et le produit net bancaire s’est effondré. La banque devait donc maîtriser ses coûts fixes. Mais sur l'année 2012, la facturation émise par le distributeur de carburants et les sociétés d’autoroute, fait état que leur usage s'étendait très au-delà de la région parisienne (dans le Cantal, ou encore dans le Gard) et que des frais de taxi étaient réglés sans justification formelle.

La banque a bien tenté de se justifier sur la nécessité de démarcher les bénéficiaires de prêts sur les lieux de villégiature du Comité National d'action Sociale. Mais dans un contexte de réduction des charges de la société, aucun effort d'économie n'a été fourni.

 

Un directeur général en haut du podium des dépenses

En ce qui concerne le directeur général uniquement, ses dépenses en 2012 se révèlent colossales. Pour ses simples frais de restaurant, le rapport constate plus de 9 000€ TTC dépensés. Bien évidemment, les établissements choisis se révèlent être des prestigieux de Paris. Là encore, aucun élément de justification n'est joint au remboursement.

Cette gestion désastreuse pousse la chambre régionale des comptes à prévoir un résultat net d'activité déficitaire cumulé de -54,2 millions d'euros en 2023.

 

Dès 2012, les difficultés économiques de CMP-Banque ont atteint un niveau d’alerte inégalé lié à la dégradation continue du coefficient d’exploitation à un niveau supérieur aux recommandations des autorités de tutelle.

 

 

 

 

 

Il convient de souligner que la banque n’était dotée (et ne dispose toujours pas) d’aucun règlement intérieur à même de préciser les conditions d’utilisation des véhicules mis à disposition des personnels. Elle ne pouvait donc exercer aucun contrôle sur l’utilisation qui en était faite par son personnel.

 

 

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