Des agents éprouvés par la gestion désastreuse de l’hôpital de Bastia

Nouvel exemple de la mauvaise gestion d'un hôpital, le CH de Bastia a fait l'objet d'un rapport accablant de la Chambre régionale des comptes Corse. Les agents de cet établissement ont entamé une grève de la faim qui a du s'arrêter au bout d'un mois pour raisons de santé. Mais la situation n'a pas changé et de nouvelles actions sont prévues.

Désespérés de voir que la situation s'aggrave à l'hôpital de Bastia, des agents ont entamé une grève de la faim, le 30 octobre dernier pour faire entendre leurs revendications, qui s'est terminée samedi 25 novembre pour des raisons évidentes de santé. Les agents ont tenu tout de même 1 mois. La situation reste la même, puisque l'établissement cumule toujours un déficit de 50 millions d'euros sur un budget de 100 millions d'euros.

Des aides nécessaires en urgence

Désemparés par l'état de l'établissement corse, dont le déficit et la vétusté marquent sa mauvaise gestion, les agents réclament des aides de trésorerie immédiate et un financement à 100% des travaux de modernisation. Christophe Castaner, délégué général du parti La République en Marche et ancien porte-parole du gouvernement s'est récemment " félicité de l'hôpital neuf d'Ajaccio, et a estimé que beaucoup avait été donné pour la Corse" rapporte Josette Risterucci, secrétaire CGT de l'hôpital. "Or, l'accès aux soins en Corse ne se résume pas à la construction d'un hôpital neuf à Ajaccio, mais à un maillage du territoire et à un besoin sur toute la Corse". La préoccupation de Bastia semble lointaine.

Les activités de l'hôpital ne sont pas rentables

Les agents continuent de travailler tout en sachant que leurs activités ne sont pas rentables. La capacité d'autofinancement de l'hôpital est négative ce qui l'oblige à financer par des emprunts ou des subventions. 10 millions d'euros d'aides ont été versées en 2016, 5 millions en 2015, qui n'a pas plus aidé l'hôpital. Les agents réclament une nouvelle aide de 15 millions d'euros, qui ne couvrira pas le déficit mais permettra au moins de payer " au niveau du soin, de l'hôtellerie et de la pharmacie " explique la secrétaire CGT de l'établissement. Malgré tout, il reste à payer 14 millions d'euros aux fournisseurs, et 9 millions d'euros de créances liées aux impayés des patients. Les dettes s'accumulent...

Près de 10 millions d'euros d'aides régionales sont proposées, un montant considéré comme "lamentable" au vu du déficit aggravé de l'établissement de santé. De nouvelles mobilisations sont prévues dès janvier 2018.

50 millions d'euros de déficit sur un budget de 100 millions d'euros, une gestion hasardeuse, des factures en souffrance, du matériel qui n'arrive plus, des fermetures de salles de bloc, des reports de chimiothérapie, des déplacements de patients ailleurs en Corse : le CH se retrouve dans une situation catastrophique, c'est intenable, explique un porte parole de la CGT

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