Après le Brexit, le Franxit?

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Brexit! Les Anglais ont osé! ils ont eu les attributs masculins qu’il fallait pour dire: « on s’en va » ! Pendant plusieurs semaines, les « intellectuels », les « experts », les gens qui savent mieux que nous se sont pourtant relayés pour leur promettre les sept plaies d’Égypte s’ils allaient jusqu’au bout. Et malgré ces pressions, malgré les menaces, malgré les ultimatums, ils ont dit « We leave ». Pour tous ceux qui sont épouvantés par ce peuple nourri de panse de brebis à la menthe, ce seul acte de courage résonne comme un moment de réconciliation éternelle. Les Anglais ont montré la voie.

Les Anglais quittent le Lebensraum prussien

En posant un magistral « Leave », ce n’est pas l’Europe que les Anglais quittent, mais sa pâle imitation, son fantôme germanisé, cette mascarade où une Commission de pacotille brasse de l’air à Bruxelles quand les vraies décisions sont prises à Berlin.

Et c’est tout le sujet de ce referendum: que voulait dire rester? quel était le sens du « Remain »? Certainement pas marquer un attachement à l’Europe, mais bien plutôt se soumettre, accepter une règle du jeu qui ne profite qu’à l’Allemagne et qui entrave tous les autres. Et accessoirement, accepter une conception du continent berlinocentrée qui nous mène à notre perte et à des guerres en série.

Rappelons-le. Qui a déstabilisé le continent en ouvrant brutalement ses portes à des flots de migrants abusivement présentés comme les réfugiés d’une guerre que nous avons nous-mêmes provoqué ? L’Allemagne. Qui exaspère nos relations avec notre alliée russe traditionnel ? L’Allemagne. Qui pousse à signer coûte-que-coûte un traité transatlantique qui clive ? L’Allemagne. Qui exige des politiques budgétaires qui épuisent l’esprit européen ? L’Allemagne.

C’est bien le Lebensraum allemand que les Anglais quittent.

Après le Brexit, le moment de préparer un Franxit

Depuis une trentaine d’années, le gouvernement profond et ses thuriféraires vante les mérites de l’Europe comme source de prospérité. Tout argument contraire donne lieu à un réflexe pavlovien: si les recettes européennes ne marchent pas, c’est parce qu’il faut encore plus d’Europe.

L’euro est la caricature de ce mystère selon lequel quand il y a trop d’Europe, il en faut toujours plus. L’euro devait apporter la prospérité. Quinze ans après son lancement, tous les pays qui en sont dotés, sauf l’Allemagne (bizarre, comme c’est bizarre!) sous-performent et souffrent d’une croissance atone. Malgré tout, le gouvernement profond nous soutient qu’il faut encore plus d’intégration européenne pour assainir la situation.

Face à cette situation, les Français doivent suivre l’exemple anglais. Ils doivent comprendre que l’Europe est une notion trop grande, trop vaste, pour être réduite à cet instrument de domination prussienne qu’on appelle faussement Union Européenne. Le moment est venu de dénoncer cette imposture.

Que doit dire Hollande à Merkel?

Lorsque François Hollande, qui a absurdement accepté qu’un sommet des Etats fondateurs se tienne à Berlin, ville qui n’appartenait pas à l’Europe en 1956, au moment du traité de Rome, il avait en tête un renforcement de l’intégration européenne. Il faut que les Français lui fassent savoir qu’il doit inverser la courbe de ses erreurs et de son incompétence en expliquant à Merkel que nous exigeons un changement immédiat des règles du jeu, sans quoi, nous passeront au Franxit.

Ce changement, quel est-il?

Premièrement, il faut immédiatement entamer une profonde réforme de la Banque Centrale Européenne, qui doit être dotée d’un mandat incluant la recherche du plein emploi, et plus seulement le maintien d’une inflation à 2%. La BCE doit quitter Francfort et s’installer au Luxembourg.

Deuxièmement, il faut poser un principe de parité de voix entre la France et l’Allemagne au sein du Conseil Européen. La réunification allemande a donné un poids trop important à la Prusse.

Troisièmement, le poids des pays fondateurs doit être renforcé dans les votes au Conseil Européen par la mise en place d’un mécanisme de veto qui leur soit spécifique dans les décisions.

Quatrièmement, la France doit annoncer la mise en place d’une coopération spécifique avec la Belgique et le Luxembourg, qui mette le premier doigt dans l’engrenage d’un rapprochement territorial.

Cinquièmement, la France doit obtenir de ses partenaires une contribution spécifique à son effort de défense.

Sixièmement, la France doit exiger un plan d’investissement public effectif d’au moins 500 milliards d’euros pour contrer les effets dépressifs du Brexit.

Septièmement, la France doit interrompre les sanctions contre la Russie et doit chercher avec celle-ci une issue intelligente au conflit en Syrie. Elle doit préparer avec la Russie une intervention directe en Libye pour rétablir l’ordre.

Huitièmement, la France doit entamer une réflexion sur la transformation de l’euro en monnaie-or et la réintroduction de monnaies locales pour desserrer l’étau de la pression monétaire.

Moyennant ces ajustements qui sont un prémice de l’empire français, nous pouvons envisager de rester dans l’Union.

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