Attention à la dangereuse situation allemande

Source: AFP
Temps de lecture : 2 minutes

Cet article a été lu 2934 fois

La situation allemande mérite d’être suivie avec attention, parce qu’elle présente désormais de véritables risques politiques systémiques.

Relative contre-performance de l’AFD à Berlin

Il ne faut pas se laisser abuser par la relative contre-performance de l’AFD aux élections régionales de Berlin. Le parti arrive 5è, après le SPD (23% au lieu de 28 au précédent scrutin), la CDU de Merkel, les Verts et Die Linke. Il totalise néanmoins 12,2%, ce qui n’est pas rien dans une ville très hostile, en principe, à cette idéologie.

Surtout, l’AFD peut se targuer d’avoir siphonné les voix des autres partis alternatifs. Les Verts sont en déclin, les Pirates disparaissent de l’assemblée (confirmant leur statut de parti de transition en période instable) et les Libéraux passent tout juste le seuil des 5% nécessaire pour obtenir des sièges. S’il n’y a pas eu de raz-de-marée AFD à Berlin, le parti confirme néanmoins son ancrage national et bénéficie désormais d’une représentation dans 10 régions sur 16.

Premières allusions de l’AFD au nazisme

Ces résultats sont suffisamment prometteurs pour que l’AFD commence à abattre ses cartes. Sa leader, Frauke Petry, a donné une interview au journal Welt an Sonntag, où elle pose la question du “Völkisch”.

En allemand, ce terme est synonyme de “national” au sens nazi du terme. Le slogan du nazisme a longtemps fait allusion à: “ein Reich, ein Volk, ein Führer”, c’est-à-dire “un empire, une nation, un chef”. La notion du “völkisch”, si elle n’est pas en elle-même nazie, s’est toutefois, avec l’histoire, chargée d’une dimension d’allusion au nazisme.

Frauke Petry n’a pas hésité à déclarer à la presse qu’il fallait changer l’image du “völkisch” et qu’il ne fallait pas y voir la connotation raciste qui lui est d’ordinaire attribuée. On suivra donc avec attention le destin de l’AFD et ses probables prochaines tentatives pour récupérer à son profit une vision doctrinale encore taboue en Allemagne, mais dont seuls les grands naïfs ont pu croire qu’elle était éradiquée.

Le nazisme et l’euro

Pour l’ensemble de l’Europe, la tournure des événements en Allemagne va devenir un problème sensible. L’AFD est notamment très hostile à l’euro, que les institutions bruxelloises défendent mordicus. Or la survie de l’euro se fait au prix d’une politique de taux négatifs qui épuise les épargnants et les retraités allemands. En outre, le système financier allemand sort exsangue de cette politique.

Les ingrédients commencent donc à se réunir pour un profond retournement de l’Allemagne vis-à-vis de la construction communautaire.

print

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
Seuls 18% des Musulmans de France à l’aise avec la République

Les Musulmans de France sont-ils à l'aise avec la République et ses lois (en principe) protectrices des libertés? L'institut Montaigne...

Fermer