BCE: “D’importantes vulnérabilités subsistent pour les banques de la zone euro”

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Ce texte sur les vulnérabilités a été publié par la BCE.

La réévaluation des risques à l’échelle mondiale compromet la stabilité financière

● Le système financier de la zone euro a fait preuve de résilience et les tensions systémiques sont demeurées relativement faibles

● Les risques de correction sur les marchés d’actifs internationaux se sont intensifiés, sous l’effet en partie de l’incertitude politique et de la modification attendue des politiques menées par les États-Unis

● D’importantes vulnérabilités subsistent pour les banques de la zone euro en raison de facteurs structurels et malgré la pentification de la courbe des rendements

Le système financier de la zone euro a fait preuve de résilience face aux accès répétés de turbulences sur les marchés financiers au cours des six derniers mois d’après la dernière Revue de stabilité financière (Financial Stability Review) de la Banque centrale européenne.

La revue de stabilité financière examine les vulnérabilités de la zone euro

Toutefois, les risques pesant sur la stabilité financière de la zone euro liés à d’éventuelles corrections sur les marchés d’actifs internationaux se sont intensifiés. Par rapport à la précédente évaluation, la Revue envisage la possibilité de nouvelles variations des prix d’actifs, provoquées par des événements politiques dans les économies avancées, dans un contexte de vulnérabilités sur les marchés émergents. Les implications en matière de stabilité financière pour la zone euro d’une modification des politiques économiques aux États-Unis sont très incertaines pour le moment.

L’économie de la zone euro pourrait être directement impactée via les canaux des échanges commerciaux et d’éventuels effets de contagion d’une hausse des anticipations relatives aux taux d’intérêt et d’inflation aux États-Unis.

D’importantes vulnérabilités subsistent pour les banques de la zone euro. Les perspectives de rentabilité restent globalement faibles pour les différents pays de la zone euro dans un environnement de croissance économique atone. Les défis structurels qui se posent au secteur bancaire sont liés aux encours importants de créances douteuses, à des coûts opérationnels élevés et à des capacités excédentaires, dont l’incidence est variable d’un pays à l’autre.

Ces dernières semaines, les cours des actions des banques se sont légèrement redressés, les craintes des investisseurs quant à un nouveau durcissement de la réglementation bancaire s’étant dissipées et la hausse des rendements des obligations de la zone euro ayant contribué à une pentification de la courbe des rendements.

Si elle se poursuit, la pentification de la courbe des rendements pourrait contribuer à soutenir les perspectives de rentabilité des banques de la zone euro, perspectives toutefois moroses à l’heure actuelle. Les risques s’étendent également à l’économie réelle. En particulier, des inquiétudes relatives à la soutenabilité de la dette pourraient réapparaître en dépit des conditions relativement favorables sur les marchés financiers.

L’incertitude politique accrue pourrait entraîner un recentrage domestique des préoccupations des autorités, ce qui entraverait la croissance. Cela pourrait entraîner un retard des réformes budgétaires et structurelles nécessaires et, dans l’hypothèse la plus défavorable, réactiver les tensions sur les emprunteurs souverains les plus vulnérables.

Les risques pour la stabilité financière de la zone euro proviennent également du secteur financier non bancaire. Les fonds d’investissement, notamment, ont enregistré une croissance rapide ces dernières années. Le rôle accru joué par ces fonds doit être accompagné d’un renforcement proportionnel de leur suivi. Un grand nombre de ces fonds sont exposés à des asymétries de liquidité. Cette caractéristique accroît la probabilité pour le secteur des fonds d’investissement d’amplifier les chocs affectant l’ensemble du marché en raison de sa grande interdépendance avec les établissements de crédit.

La BCE a recensé quatre risques systémiques pour la stabilité financière au cours des deux prochaines années :

● Une réévaluation des risques à l’échelle mondiale entraînant une contagion financière, déclenchée par une incertitude politique accrue dans les économies avancées et des fragilités persistantes sur les marchés émergents

● Une interaction négative entre une faible rentabilité des banques et une faible croissance nominale, avec en toile de fond les défis posés par le niveau élevé des créances douteuses dans plusieurs pays

● Une remontée des inquiétudes concernant la soutenabilité de la dette des emprunteurs souverains et du secteur privé non financier dans un contexte de faible croissance nominale, si l’incertitude politique entraîne un blocage des réformes à l’échelle nationale et européenne

● Des tensions potentielles dans le secteur des fonds d’investissement, amplifiant les risques de liquidité et les effets de contagion au système financier dans son ensemble

Par ailleurs, la Revue comporte trois sujets spécifiques. Le premier décrit un cadre d’orientation pour la conception et le calibrage des limites macroprudentielles de l’effet de levier pour les fonds d’investissement alternatifs. Le deuxième analyse les obstacles au fonctionnement d’un marché de cessions des créances douteuses ; il présente des indicateurs de défaillance du marché et établit une distinction entre les facteurs d’offre et de demande faisant obstacle au fonctionnement du marché. Le troisième examine les conséquences pour la stabilité financière d’une dépendance accrue des banques aux produits d’honoraires et de commissions.

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