Brigitte Macron, la biographie de Junon revisitée, par Charlotte Dareau

Nous publions aujourd’hui le sixième chapitre de nos chroniques junoniennes, exercice pastiche traitant avec humour du rôle de la première dame.

L’appel lancinant et hypnotisant de la librairie a été le plus fort et je dois confesser que j’ai honteusement cédé vendredi dernier,  devant la pile de livres, illustrés d’un magnifique portrait de notre Junon nationale : j’ai acheté – et lu, en une soirée – l’opuscule signé d’une journaliste davantage habituée aux scoops people qu’au travail journalistique de longue haleine. L’Olympe trouve ses historiographes où il peut mais il faut saluer l’initiative. A ma décharge, il faut dire que je me sentais tenue à mes nouveaux devoirs de chroniqueuse des hauts faits de l’Olympe : cette chronique ne pouvait manquer de relater un tel ouvrage. Vous voudrez bien alors avoir de l’indulgence – contrairement à mes proches qui se sont largement gaussés- pour le niveau de mes lectures qui se sont momentanément éloignées de mes sources habituelles. Promis, je ne recommencerai plus.

Avec cet ouvrage, nous entrons dans l’ère du récit mythologique, récit des origines bien sûr, récit explicatif de notre cosmogonie nouvellement installée.  Cette journaliste, sans peut-être le savoir, se place tout de suite dans les pas d’Homère et de Virgile « Arma virumque cano »…Cela nous change quand même du récit, pas si lointain, de virées nocturnes en scooter…«L’affranchie », c’est le sous-titre donné à cet ouvrage : dès l’abord, nous sommes perplexes. En effet, bien que cette biographie ne soit pas officiellement soutenue par l’Olympe, elle a cependant été autorisée, – un premier chapitre a même été lu par l’intéressée. Cela veut dire que l’ouvrage rentre dans les clous du plan de com’ mis en place depuis plus de deux ans, visant à donner un look glamour à ce couple qui a fait de son exception, un argument de communication. « Affranchie » est donc un mot choisi avec soin puisqu’il sert à donner son sens à tout l’ouvrage. Il signifie alors une posture assumée dont se drape Junon : affranchie des conventions (bourgeoises forcément), des liens familiaux. On en aurait presque envie de citer La Reine des Neiges « Libérééée… » Nous sommes ici en plein dans la réécriture ex-post de toute une vie, pour aboutir miraculeusement dans la cour du Louvre, au soir du 7 mai dernier, au triomphe de nos deux Dieux. Dès l’enfance, notre Junon est « solaire », « a du charisme », « elle entraîne tout le monde », et elle rassemble même « la bande à Brigitte »…N’en jetez plus. On en a de la chance, quand même, que notre Jupiter ait déniché une telle Junon malgré son âge précoce ! Tous les deux prédestinés, vous-dis-je !

Signalons pour l’ironie de la chose, au milieu de l’hystérie ambiante au sujet du harcèlement sexuel, que la journaliste glisse pudiquement sur les débuts réels de la passion qui a jeté Junon et Jupiter dans les bras l’un de l’autre : le futur Jupiter était-il bien majeur quand leur union fut consommée ? Angoissante question à l’heure de la moralisation contemporaine. L’enlèvement d’Europe par Jupiter était de la petite bière par rapport au cas de cette professeur de 40 ans qui succombe aux charmes d’un élève de 15 ans : dans une ère pas si paléolithique que cela, il y a en a eu pour condamner à la prison, une consoeur de Junon, sujette aux mêmes vertiges qu’elle : l’heureux élu ne devait pas avoir l’envergure d’Emmanuel, car elle a choisi de se donner la mort. Heureusement pour elle, Maëlle est une maligne qui jette un voile pudique sur cette partie du récit des origines. Il faut toujours assurer ses arrières : qui sait si cet ouvrage ne pourrait pas déboucher sur un petit boulot de chargée de com’ sur l’Olympe ?

Heureusement que nous avons eu ce livre à nous mettre sous la dent, car depuis une semaine, Junon m’a semblée très en retrait, tandis que Jupiter se décarcassait pour attirer les investisseurs du monde entier, Versailles, Davos, un vrai tourbillon, ce dieu. Il faut dire que nous avions aussi la Fashion Week, mais je n’ai pas encore vu de photos attestant de la présence de notre icône de la mode. Mais alors, que fait-elle, sans les défilés, sans les voyages, sans Yuang Men ? Il y a Le Touquet ! L’action jupitérienne n’y est visiblement pas aussi efficace que dans les sphères habituelles de l’Olympe puisque les CRS n’ont toujours pas leur guérite pour se mettre à l’abri (voir à ce sujet nos Pensées) ni leurs petits coins ; on espère pour eux, que ces commodités arriveront avant la fin des tempêtes hivernales…Ils sont quand même soixante à être mobilisés pour le temps d’un week-end d’amoureux : la préservation de la sérénité des amours olympiennes nous coûtent cher. Détail cocasse : cette troupe de choc n’était pas de trop pour arrêter deux ivrognes qui, samedi soir, devant sa villa, ont osé injurier le chef de l’Etat. Je souligne avec délices, la première phrase de ce magnifique article de La Voix du Nord : « Emmanuel Macron a été préservé et n’a pas entendu les insultes prononcées à son égard », Ouf, nous sommes rassurés, le cher ange n’a pas entendu les gros mots de ces méchants messieurs, Brigitte ne s’en serait certainement pas remise… En même temps, (smiley) je trouve que nous avons en France, des journalistes qui retrouvent le sens du sublime pour commenter l’actualité de l’Olympe, et ça, cela fait chaud au cœur.

Charlotte Dareau est contributrice sous pseudonyme.

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