Brigitte Macron en Chine : quand Junon s’aventure dans l’Empire du Milieu, par Charlotte Dareau

Nous publions aujourd’hui le cinquième chapitre de nos critiques junoniennes, exercice pastiche traitant avec humour du rôle de la première dame.

L’Olympe, en grandes pompes comme toujours, a pris en ce début d’année, la Route de la Soie jusqu’à la capitale de l’Empire du Milieu et il faudra désormais imaginer notre couple jupitérien avec des yeux bridés, l’accent oriental, et l’esprit Ying et Yang du noir et blanc ( ce panda les poursuit, comme dirait Jérôme Commandeur). Dans notre puits d’ignorance occidental, nous n’avions pas vu que Jupiter était en fait doté d’un prédicat, resté inconnu depuis l’Antiquité. Notre petit Jupiter à nous est en effet connu en Chine comme Ma-ke Long, c’est-à-dire « le cheval vainc le dragon ». Junon a bien eu raison de se mettre très vite au chinois et de laisser tomber le latin, sans même parler du grec ; l’épisode panda était en fait un entraînement à la pratique du mandarin.

Cette nouvelle titulature divine est de bon augure pour notre diplomatie dans l’Empire du Milieu : enfin nous aurions trouvé un moyen de vaincre ce fichu dragon qui, jusqu’alors semblait invincible. Ce nom prédestiné de Jupiter explique sans doute aussi la raison du don d’un cheval de la Garde Républicaine au Dieu chinois. Ce pauvre animal est investi d’une mission terrible, à côté de laquelle le charmant bébé panda de Junon fera dorénavant pâle figure. Ce brave cheval fonctionnaire tout harnaché réglementairement est en réalité l’image même de Jupiter ! L’Empire du Milieu, de longue date, une nation de fonctionnaires ne peut que s’incliner devant cette incarnation parfaite de Makelong, archétype de l’inspecteur des Finances.

En même temps que ce beau nom, riche de perspectives, nous avons découvert que les Chinoises raffolent de Jupiter – forcément, il est beau – mais aussi, qu’elles le trouvent follement romantique d’avoir épousé cette Junon : la différence d’âge entre eux serait ainsi une preuve supplémentaire d’amour. Que la Chine donne des leçons d’amour aux Français est un développement géostratégique innovant, mais je crois aussi qu’il faut en rendre grâce à notre incomparable Junon car son sens du style, son chic olympien (parisien peut-être ?) emportent l’adhésion de la Chinoise de base, rêvant de consommation débridée de produits de luxe, à défaut de liberté d’expression.

Quand on suit cette nouvelle mythologie dans tous ces développements, on va aussi – logiquement – découvrir que Junon peut apparaître sous la forme d’une jument… Cela ouvre des perspectives inédites pour l’iconographie de notre Olympe, sans parler de sa mise en musique : le hennissement élevé au rang d’art oratoire. Il nous semblait bien aussi que la dentition de Junon avait un air familier aux centres équestres… Cette chronique junonienne nous emmène en fait très loin, puisque nous sommes maintenant en train de toucher aux Métamorphoses d’Ovide : ébouriffant, non ?

Cette visite olympienne aux confins du monde a eu aussi le mérite de faire ressurgir devant nos yeux ébaubis, une figure familière, mais que nous craignions engloutie à jamais : l’inaltérable Phénix du Poitou, grand spécialiste des chinoiseries. Voici maintenant le trio de choc que nous pouvons présenter fièrement à la face du monde : Junon et Jupiter promènent leur Phénix personnel, en la personne de l’insubmersible Raffarin.

Charlotte Dareau est contributrice sous pseudonyme.

Celui-ci a, d’instinct atavique, assimilé la dialectique du « et en même temps » : membre du Bureau des Républicains dont il se fait le féroce Cerbère idéologique – ce qui est une ambition intéressante de sa part -, et en même temps, membre de choix de la délégation olympienne. Sa grande expérience de l’Empire du Milieu en tant que membre du groupe d’amitié France-Chine du Sénat (les groupes d’amitié parlementaires, une invention fantastique…) lui a permis de servir de guide touristique à Junon et Jupiter lors de l’incontournable visite de l’armée de terre cuite, démonstration de force ancienne des Mandarins qui a fait ses preuves, car elle est sensée préparer psychologiquement les esprits occidentaux à la négociation commerciale qui est en réalité le seul objectif de toutes ces visites : l’Occidental, tout sorti de l’Olympe qu’il puisse être, revient forcément diminué d’une telle confrontation symbolique.

Leur visite même pas encore achevée, Jupiter et Junon ont promis de revenir au moins une fois par an : la méthode Assimil a ses limites, rien ne vaut l’immersion linguistique. Et puis Makelong a désormais son fan-club et Junon pourra toujours refiler les conseils style et beauté de Mimi Marchand aux petites Chinoises.

Le retour en France de nos Dieux sera riche en émotions car c’est en début de semaine prochaine que doit sortir la première biographie de Junon. Nous en trépignons évidemment d’impatience, le teasing étant particulièrement prometteur :« La fille de bonne famille malheureuse devenue icône de modernité influente »…Nous saurons enfin tout sur notre déesse, depuis sa naissance pâtissière en province, ses jeunes années de pensionnaire, son premier mariage, sa carrière de professeur de lettres- enfin toute la partie de sa vie qui se confond avec celle de son héroïne préférée Emma Bovary – jusqu’à sa rencontre avec Jupiter en personne, jeune et fringant Dieu de 15 ans alors qu’elle en a vingt de plus. Que du bonheur en perspective ! La France se rend compte avec émerveillement au bout de huit mois, qu’elle a hérité d’une déesse en ayant voté pour Jupiter. Et dire que les Flamands pensent qu’elle se prend pour la Reine de France : ils n’ont vraiment rien compris…

2 commentaires sur Brigitte Macron en Chine : quand Junon s’aventure dans l’Empire du Milieu, par Charlotte Dareau

  1. L’article flamand se termine par: « Ondertussen heeft de presidentsvrouw ook al steun gekregen op sociale media, onder anderen van Guy Verhofstadt (entretemps l’épouse du président a aussi reçu de l’appui dans les média sociaux, de la part de Guy Verhofstadt parmi d’autres) ». A mon avis cela prouve que les Flamands ont parfaitement compris. Puisque se faire recommander par un con, c’est bien la dernière chose dont Junon aurait besoin.

    Et puis, « (…) que Junon peut apparaître sous la forme d’une jument… Cela ouvre des perspectives inédites pour l’iconographie », pas tellement inédites en fait, souvenons-nous de Jean de la Fontaine: « La Jument du compère Pierre », dans le fac-similé de l’édition originale en ma possession, comporte une belle illustration montrant monsieur le curé tâtonnant une belle paire de fesses.

    Et puis encore: « (…) démonstration de force ancienne des Mandarins qui a fait ses preuves, car elle est sensée préparer psychologiquement les esprits occidentaux (…) » – – (Entre parenthèses: c’est « censée » qu’il faut et non « sensée »): il fut question plus haut, et à bon escient, de « notre puits d’ignorance occidental ». Préparer psychologiquement des ignorants, voilà bien ce qu’on peut appeler verser de l’eau à la mer. Laissons faire les Chinois.

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