Brigitte Macron : tapisserie, décoration et potager, notre déesse s’embourgeoise… par Charlotte Dareau

Nous publions aujourd’hui le septième chapitre de nos chroniques junoniennes, exercice pastiche traitant avec humour du rôle de la première dame.

Plus d’un mois s’est écoulé sans chronique junonienne et cette chère Junon me rappelle vertement à l’ordre : le service de sa majesté impose davantage de régularité et d’exhaustivité dans la compilation de son règne autant éphémère que trépidant, non mais ! Telle Pénélope, – ou plutôt Mathilde, reine de son état, car c’est sa tapisserie qui fait l’objet actuel des attentions de Junon : on l’a voit ici s’interroger devant l’œuvre exposée à Bayeux  «  mais comment doit-on s’y prendre pour broder l’épopée jupitérienne intégrale ? » ; telle Mathilde donc, je me remets à mon ouvrage, en me cantonnant cependant au papier et à la plume, laines et aiguilles remisées dans mon panier à ouvrage. Mais on sent bien notre déesse tentée de s’y mettre : n’est-elle pas douée pour tout ce qu’elle touche et son Jupiter pourrait s’avérer un Conquérant plus redoutable que Guillaume : tremblez Godons ! Le message jupitérien sortira complètement du subliminal avec pareil projet.

Règne trépidant, voire infernal : notre Junon vit à un tel rythme qu’elle pourrait lasser le plus patient des chroniqueurs, sans parler de ses lecteurs : Tunisie, Sénégal, voyages en France (et en Corse !), elle n’arrête jamais afin, pour notre plus grande joie, de remplir l’album photo des prestations colorées du couple olympien. Une mention spéciale pour notre Iznogoud devenu Calife à la place du Calife : « toute la magie de l’Orient » diraient les mânes de Goscinny et Audiard réunies…

Charlotte Dareau est contributrice sous pseudonyme.

Junon est aussi une maîtresse de maison avisée qui profite de ses voyages pour compléter la décoration de l’Olympe dans les bazars exotiques. Elle profite surtout des cadeaux dont la comblent des nuées d’adorateurs, ensorcelés par le charme de notre déesse nationale. A ce moment précis, on sent un peu la grosse opération marketing destinée aux Bobos parisiens, et fomentée avec la complicité de l’Olympe : le nouveau « must-have » de la Compagnie du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest (dite, en français branché « CSAO » : rue Elzévier, quartier bobo par excellence !) sera donc, au choix, le coussin Brigitte (ou Emmanuel) ou le sac Liberté. Bon, c’est vrai, dans leurs lofts de l’Est parisien, ils n’en sont plus à deux horreurs près, ces machins marrons à fleurs pourraient donc se vendre…Mais nous ignorions que la famille Seydoux était si nécessiteuse pour avoir besoin d’un coup de pouce junonien pour vendre ses produits. Bon, après tout, il s’agit aussi d’aider les petites brodeuses sénégalaises « aux petits doigts si habiles » : c’est donc une bonne œuvre aurait dit Audiard, encore lui.

 

On comprend qu’après de telles péripéties, elle en vienne à bouder le Salon de l’Agriculture : Junon n’est pas Cérès après tout, et habituée qu’elle est maintenant aux senteurs idylliques de l’Olympe, elle ne saurait descendre dans des antres fréquentés par ovins, bovins et caprins qui font peut-être jolis sur les tableaux mythologiques mais menacent le nez de notre Brigitte, élevée dans les senteurs des macarons, massepains et autres douceurs pâtissières.

 

Comment fait-elle pour tenir ce rythme échevelé, la réponse nous renvoie tout droit aux bergers d’Arcadie, en sus de la coiffeuse nouvellement arrivée sur l’Olympe. En effet, on se souvient qu’elle a imposé depuis son arrivée sur l’Olympe, un régime « bien-être » avec dix fruits et légumes par jour. Junon est une diététicienne qui ne s’ignore plus quand il s’agit de la santé de son petit Jupiter : l’Olympe doit manger son lot de verdure quotidien pour être au mieux de sa forme. Maintenant, il s’agit de les cultiver, ces fruits et légumes : Brigitte veut son potager ! Non, rassurez-vous, elle ne veut pas devenir une Marie-Antoinette jouant à la bergère, et on ne comptera pas sur elle pour bêcher, biner, sarcler (il y a des jardiniers pour cela), surtout parce que Louis Vuitton, son couturier préféré, n’a pas encore sorti une ligne de mode pour le jardin : en l’absence de tenue idoine, il vaut mieux s’abstenir, c’est la devise de Junon. Pas de reine écervelée donc (quel humour !) mais on est bien content de mettre le parc de Versailles à contribution pour fournir l’Olympe. On attend avec impatience de savoir si l’Elysée se manifestera auprès des services de la bonne Anne ( vous savez, celle qui veille au bien-être parisien), pour récupérer son petit lombricomposteur, offert grâce aux impôts des Parisiens, et traiter comme il se doit, sa montagne d’épluchures après la confection de ses soupes, purées et compotes : l’Olympe prendra t’il sa part de lombrics pour contribuer au bien-être de cette planète ? Angoissante question….

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