Canada, Québec, Etats-Unis, France : les Etats font de la résistance face aux cryptomonnaies

Les cryptomonnaies continuent toujours de défrayer la chronique. A tel point que les Etats se montrent de plus en plus méfiants malgré certaines avancées. Tour d’horizon des dernières déclarations en la matière, où l’on constate une forte réticence venue du continent américain. 

« Good morning cryptos ! » Alors que la barre des 10 000$ résiste encore au Bitcoin, plusieurs annonces fortes pourraient durablement modifier les cours des cryptomonnaies. 

Opération Cryptosweep au Canada et aux Etats-Unis

L’AFP rapporte que l’Association nord-américaine des autorités en valeurs immobilières (NASAA) annonce avoir ouvert 70 demandes d’informations et enquêtes et 35 actions en justice à l’encontre d’ICO. Cette association est composée d’une quarantaine de membres dont des régulateurs financiers de plusieurs Etats états-uniens et provinces canadiennes. 

Ainsi, plus d’une centaine d’ICO ont été étudiées depuis avril 2018. 

L’exploitation grandissante de l’univers des cryptomonnaies par des malfaiteurs est une menace importante pour les investisseurs lambda aux Etats-Unis et au Canada et les membres de la NASAA veulent combattre cette menace. En dépit d’une série d’avertissements lancés au grand public par les autorités réglementaires à tous les niveaux, les +crypto-criminels+ doivent savoir que les autorités au niveau local engagent des mesures rapides et efficaces pour protéger les investisseurs de leurs escroqueries et combines. « Les mesures annoncées (ce jour) ne sont que le sommet de l’iceberg. 

Joseph Borg, responsable de l’association

Le groupe de travail avait recensé environ 30.000 noms de domaines pour des sites internet liés aux cryptomonnaies. Joseph Borg précise tout de même que « toutes les ICO et autres investissements liés aux cryptomonnaies ne sont pas frauduleux mais nous encourageons vivement les investisseurs à faire preuve de la plus grande prudence.« 

L’AMF appelle à la vigilance

Le 26 avril dernier, l’Autorité des marchés Financiers publiait son « point » sur les cryptomonnaies. En préambule, elle explique « qu’aucune société sérieuse ne peut garantir un rendement minimum avec un investissement dans les « crypto-monnaies » ou les « crypto-actifs ».« 

Pour Robert Ophèle, plus de 9 millions d’euros de pertes liés aux crypto-actifs depuis le début de l’année 2018 ont été recensés par ses services dédiés aux épargnants.

Au cours des quatre premiers mois de l’année, sur les plus de 4000 demandes traitées par notre centre « Epargne Info-services », 700 ont concerné les crypto-actifs avec près de 250 réclamations ou signalements. 

Robert Ophèle

Les demandes liées aux crypto-actifs sont en augmentation avec en moyenne des pertes de 50.000 euros.

Claire Castanet, directrice des relations avec les épargnants

Pour la Banque Fédérale de Réserve de Minneapolis, les cryptomonnaies « sont des farces« .

C’est peu dire que les cryptomonnaies continuent de se heurter à un flot de méfiance. Le 21 mai, Neel Kashkari, président de la Banque Fédérale de Réserve de Minnéapolis s’est montré très critique à l’encontre des cryptomonnaies. Pour lui, le fait que tout le puisse créer une cryptomonnaie diminue le taux de confiance que l’on leur accorder.

Si vous pouvez duper suffisamment de gens pour en acheter, vous pouvez prétendre que vous avez lancé quelque chose, et vous pouvez affirmer : «je suis milliardaire, puisque je t’en ai vendu un, et que je possède les 999 millions restants». C’est donc devenu une immense farce.

Il explique aussi ne croire aux cryptomonnaies dans lesquelles il voit « plus de bruit et de fraude que quoi que ce soit d’utile. » Pour autant, il pense aussi qu’elles sont amenées à perdurer.

Cela signifie-t-il que cela sera éternellement une farce ? Non. Il y aura probablement un secouement du marché, et peut-être qu’une poignée d’entre elles survivront.

Au Québec, les mines de cryptomonnaies créent peu d’emplois mais de qualité

Dernièrement, nous vous annoncions que le Québec souhaiter mettre en stand-by toute nouvelle opération de minage de cryptomonnaie. En cause, le nombre grandissant de demandes couplé à la réduction d’énergie disponible dans la province. 

Aujourd’hui, c’est un nouveau pavé dans la marre que lance Hydro-Québec, la société de production d’énergie avec la publication d’une étude effectuée par la firme KPMG. Cette dernière estime qu’un « centre de minage peut créer de 0,4 à 2,3 emplois directs par mégawatt. En comparaison, Hydro-Québec évalue que 8,8 emplois sont créés par mégawatt dans le secteur sidérurgique, 20,7 dans le secteur pétrolier et jusqu’à 27 dans le secteur minier traditionnel. »

L’ouverture d’un petit centre de minage pourrait créer en moyenne 2,3 emplois directs par mégawatt de puissance. Un centre moyen en créerait 1,2 tandis qu’un grand centre et un très grand centre en créeraient, respectivement, 0,7 et 0,4. La tendance est la même lorsqu’on s’attarde aux emplois indirects.

Néanmoins, cette même étude se focalise aussi sur la qualité de ces emplois créés. Ainsi, ils seraient globalement de bonne voir très bonne qualité, le salaire moyen annuel atteignant les 61 000$ ! 

Pour rappel, le salaire moyen au Québec est de 42 455,52€.

Des nouvelles peut réjouissantes mais qui montrent aussi que l’Europe a une vraie carte à jouer en matière de blockchain et de cryptomonnaies. Qui plus est avec la volonté de Bruno Le Maire de faire de la France l’une des locomotives mondiales en cryptomonnaies. A moins que les hautes-sphères politiques ne passent à côté du sujet

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