Qui sont les candidats En Marche investis à Paris pour les législatives?

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Les candidats En Marche pour les législatives à Paris… ne sont pas tous connus, dans tous les sens du terme! non seulement plusieurs circonscriptions sont encore en attente, mais celles qui sont pourvues le sont par des inconnus. Ou presque. Voici le pédigrée de ceux qui sont désignés.

Stanislas Guérini (3è circonscription)

Face à Annick Lepetit (ancienne conseillère presse de Lionel Jospin), En Marche aligne Stanislas Guérini, directeur du marketing de la blanchisserie industrielle Elis (connue pour le monopole syndical qu’y détient la CFTC et les intimidations dont les autres organisations syndicales sont victimes). Cette circonscription est à cheval sur les 17è et 18è arrondissements. Elle se situe donc à la frontière de l’Est et de l’Ouest…

On notera que Guérini est de la même promotion d’HEC (2002) que Cédric O, trésorier d’En Marche. Il appartient au groupe des strauss-khaniens. Il fut secrétaire de l’association de financement d’En Marche.

Il est actuellement domicilié à Grenoble, où se trouve la société qu’il a fondée avec Jean-Pascal Émelien: Wattethome.

Benjamin Griveaux (5è circonscription)

Né en 1979, Benjamin Griveaux est de la promotion HEC de 2001 (un an avant Guérini). Il est fils de notaire et d’avocate. Ancien du cabinet de Strauss-Kahn et de Marisol Touraine, il fut vice-président du conseil départemental de Saône-et-Loire. Il est fondateur de Médiane Conseil et d’Audiens Conseil (deux cabinets de recrutement) et a rejoint, en 2014, le groupe immobilier Unibail-Rodamco comme directeur de la communication et des relations institutionnelles (ce qu’on appelle couramment un lobbyiste…). Dans ces fonctions, il assurera la communication de toutes les grandes opérations immobilières du groupe (notamment la rénovation du Forum des Halles).

Il était porte-parole d’Emmanuel Macron.

Il affrontera dans sa circonscription du centre de Paris Seybah Dagoma, la députée sortante elle-même ancienne strauss-khanienne.

Laetitia Avia (8è circonscription)

Cette avocate togolaise affrontera Sandrine Mazetier dans le XIIè arrondissement. La députée socialiste avait à l’époque battu Charles Beigbeder avec 60% des voix, mais seulement un gros tiers des inscrits (42% des suffrages exprimés au premier tour). La partie ne sera donc pas facile pour la nouvelle venue.

Laetitia Avia a rencontré Emmanuel Macron en 2009, lorsqu’il était rapporteur de la commission Darrois, chargée de réfléchir à l’avenir de la profession d’avocat. Laetitia Avia en était alors la secrétaire générale. Sa mère était aide-soignante et son père bagagiste.

Après son passage au cabinet Darrois, Laetitia Avia a créé son propre cabinet (APE), spécialisé dans les conflits d’entreprise. Elle est également membre du club XXI.

Hugues Renson (13è circonscription)

Le délégué général de la Fondation EDF, âgé de 39 ans, n’est pas un total inconnu, surtout à droite. Après avoir écumé plusieurs cabinets ministériels, il a fait un assez long passage au cabinet de Jacques Chirac alors président de la République. L’intéressé se déclare fidèle de l’ancien président.

Accessoirement, il est le fils de Cécile Renson, élue du 15è arrondissement. C’est donc sans surprise qu’il se présente dans l’une des deux circonscriptions de cet arrondissement, actuellement détenue par Jean-François Lamour, candidat à sa propre réélection. Renson fut, en son temps, villepiniste (et même responsable des villepinistes parisiens…).

Valérie Bougault-Delage (14è circonscription)

Face à Claude Goasguen, circonscription ingagnable où Fillon a fait près de 50% au premier tour, En Marche aligne Valérie Bougault-Delage, que personne ne connaît vraiment. En poste chez Canal Plus, sur des emplois de cadre moyen, l’intéressée n’a jamais véritablement fait parler d’elle. Elle était d’ailleurs en ballotage avec un certain Luc Domenge, plus âge qu’elle.

Dans ce combat sans avenir, Valérie Bougault-Delage n’a pas encore pris de position fondamentale qui permette de l’identifier. On sait juste qu’elle est une ancienne de Sup Telecom et qu’elle est sensible aux questions numériques. Pour le reste, elle semble être le pion sacrifié du système Macron à Paris. Certains diront même qu’elle est un alibi “société civile”, envoyée sur une circonscription sans espoir pour gonfler les chiffres du “renouvellement” sans mettre en risque les anciens.

Mounir Mahjoubi (16è circonscription)

Mounir Mahjoubi est, avec Benjamin Griveaux, le candidat d’En Marche le plus connu. Il doit cette notoriété à sa carrière antérieure, notamment à la tête du Conseil National du Numérique, mais aussi à son rôle de responsable de la campagne numérique de Macron.

Sur ce point, les mauvaises langues noteront que Mahjoubi, venu d’un milieu immigré modeste, a gravi les échelons en organisant la Ségosphère en 2007, et en organisant la campagne numérique de Hollande en 2012. L’intéressé ne peut donc être taxé ni d’être un nouveau en politique (en tout cas dans l’engagement), ni d’être de droite.

Mahjoubi ose un pari risqué: il affrontera Cambadélis dans le 19è arrondissement. Le Premier Secrétaire du Parti Socialiste y est confortablement élu sans discontinuer depuis 1986. Ce duel sera probablement l’un des plus intéressants des législatives.

Les candidats En Marche triés sur le volet

Dans la pratique, donc, les investitures d’En Marche sont savamment dosées pour concilier plusieurs contraintes: celle d’offrir une possibilité de victoire à certains proches, et celle d’afficher une dose de femmes et de société civile.

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