La Nuit Debout, dommage collatéral de l’université française?

20 avril 2016 Eric Verhaeghe 1

La Nuit Debout nourrit beaucoup de fantasmes directement hérités du romantisme révolutionnaire cher à de nombreux journalistes. La presse subventionnée regorge de ces soixante-huitards attardés qui retrouvent, place de la République, le lointain souvenir de leurs années barricades. Peut-être même rêvent-ils d’y retrouver leurs années partouzes, leurs années festives, leurs années hippies. En lisant l’intéressant article de la sociologue du CNRS Monique Dagnaud paru sur Slate, il n’est pourtant pas inutile de regarder, au-delà du stéréotype romantique (assez faux au demeurant, mais je ne reviendrai pas aujourd’hui sur ce point), les racines sociales du mouvement que j’ai déjà suggérées. Les étudiants français présentent en effet des caractéristiques originales qui expliquent probablement en partie les bizarreries de la contestation en France par rapport à ses homologues ou cousines étrangères. Les étudiants français ou la génération déçue Monique Dagnaud souligne à juste titre le paradoxe français en matière d’accès à l’université. D’un côté, la France est la championne de l’OCDE en matière d’ascension éducative: 40% des 25-34 ans ont atteint un niveau de formation plus élevé que leur parents –pour les deux tiers en passant par l’université– contre 32% en moyenne dans l’OCDE; 50 % ont un niveau de formation identique à celui […]

La gauche relance l’Etat-Providence pour avoir la paix sociale

20 avril 2016 Eric Verhaeghe 0

L’Etat-Providence demeure l’arme préférée de la gauche de gouvernement pour acheter et préserver la paix sociale (surtout à l’approche d’une année électorale cruciale). Ce week-end vient d’en donner une nouvelle preuve. L’Etat-Providence pour calmer la jeunesse Les médias subventionnés adorent répéter en boucle toutes les vertus de la Nuit Debout. Pour le gouvernement, ce mouvement pourrait constituer une menace dans la mesure où il est partiellement nourri par la contestation contre la loi El-Khomri. Il n’en fallait pas plus pour que le gouvernement relance l’expansion de l’Etat-Providence. Ainsi, le rapport Sirugue (du député par ailleurs rapporteur de la loi El-Khomri) propose d’ouvrir la perception des minima sociaux aux jeunes dès 18 ans. Face à la contestation, l’allocation! Je propose tout d’abord de supprimer la barrière d’âge pour les jeunes. Que toute personne puisse, dès ses 18 ans, bénéficier de ces allocations sans attendre ses 25 ans.   Comme d’habitude, l’Etat préfère éviter les examens de conscience, par exemple sur l’incapacité de l’Université à préparer les jeunes au marché du travail. Au lieu d’améliorer la performance des politiques publiques, il vaut mieux piocher dans la caisse et pratiquer cette forme obsolète d’helicopter money qu’on appelle Etat-Providence. J’en profite pour glisser combien […]

La négociation chômage des intermittents se hâte lentement

13 avril 2016 Mickaël Ciccotelli 0

Alors que la négociation chômage des intermittents du spectacle doit s’achever à la fin du mois d’avril, les partenaires sociaux ne semblent pas pressés d’entrer dans le vif du sujet – les économies à réaliser. Les principales forces en présence avancent doucement leurs propositions, tentant de ne pas se froisser mutuellement. Une lettre de cadrage difficile à encadrer Rédigée par le Medef et cosignée par les confédéraux de la CFDT, de la CFTC et de la CFE-CGC, la « lettre de cadrage » relative à l’équilibre financier du régime chômage des intermittents n’a définitivement pas été bien reçue par les partenaires sociaux du secteur. Au début du mois d’avril, la chambre patronale du spectacle vivant, la Fesac, a annoncé qu’elle ne signerait pas la lettre de cadrage. Elle a notamment souligné le fait que, depuis dix ans, le nombre d’intermittents n’a guère augmenté, évoluant entre 100000 et 120000, alors que les effectifs de la branche employés en CDI auraient progressé de 40 %, atteignant 70000 personnes. Enfin, elle a estimé que la demande d’intervention financière formulée à l’égard de l’Etat n’était pas nécessairement des plus opportunes : « On préfère que l’Etat investisse dans l’emploi culturel, plutôt que dans l’assurance-chômage ». Investir dans l’emploi […]

Les dangers d’un ministre des Finances de l’euro

12 avril 2016 Eric Verhaeghe 0

Le gouverneur de la Banque de France vient de plaider pour un ministre des Finances de l’euro. Quelques heures après le referendum néerlandais qui a infligé un nouveau camouflet à l’intégration communautaire, cette cécité et cette surdité ne manquent pas de poser question. Plus que jamais, le divorce est consommé entre une opinion publique qui demande une pause dans l’intégration unioniste et le gouvernement profond qui n’en a jamais assez. Pourquoi Villeroy de Galhau veut un ministres des finances de la zone euro Les raisons qui poussent le gouverneur de la Banque de France à vouloir un ministre des Finances de la zone euro sont bien connues, et contenues d’ailleurs dans les manuels d’économie politique qu’il ingérait à Polytechnique puis à l’ENA. Les politiques économiques sont en effet composées d’un « mixte » entre politique monétaire (c’est-à-dire gestion des taux bancaires et de la monnaie) et politique budgétaire. Dans la construction maastrichtienne imposée par la Prusse, la politique monétaire est intégrée au niveau communautaire, de façon d’ailleurs indépendante, par la Banque Centrale Européenne. En revanche, les politiques budgétaires demeurent décentralisées. Cette asymétrie politique pose un problème majeur au regard de l’optimisation de la zone monétaire unique, selon les théories économiques bien connues sur […]

Le duc Valls ne peut rien refuser au baron Ayrault

6 avril 2016 Eric Verhaeghe 0

Manuel Valls peut-il refuser un service à Jean-Marc Ayrault? La farce qui s’est déroulée ce mardi autour de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, avec la remise d’un rapport officiel que Manuel Valls semble ne pas vouloir entendre, a prouvé une fois de plus que les équilibres politiques au sein de la majorité gouvernementale sont plus subtiles qu’on ne croit. Un aéroport mégalomaniaque Dans ce dossier épineux, il faut redonner quelques éléments chiffrés pour décrire l’ampleur de la mégalomanie qui s’est emparée des Bretons et des Nantais. La zone d’aménagement du futur aéroport de Nantes s’étend sur plus de 1600 hectares. Les simulations envisagent un maximum de 10 millions de passagers annuels, soit un doublement de la fréquentation par rapport à la situation actuelle. La simple comparaison des chiffres montre toute l’absurdité du projet de Notre-Dame-des-Landes. Avec 1300 hectares, l’aéroport de Singapour (ville de 5 millions d’habitants) accueille près de 40 millions de passagers annuels. Avec 1560 hectares, l’aéroport de Munich (ville de 1,5 millions d’habitants) en accueille près de 35 millions. Avec la même surface, Orly en accueille près de 25 millions. Autrement dit, Nantes (et ses 300.000 habitants) fait exactement comme la grenouille face au boeuf: le gigantisme de l’aéroport futur ne répond […]

La prochaine attaque terroriste pourrait être nucléaire

6 avril 2016 Jean-Marc Boyer 2

La Gazette de l’Assurance l’avait anticipé (cf article du 19 octobre 2015). Les terroristes pourraient passer un nouveau cap dans l’horreur en utilisant les armes « NBC » (nucléaires, bactériologiques, ou chimiques comme le gaz sarin). Ce sujet s’invite donc logiquement en ce 1er avril (sic) au sommet de Washington sur la sûreté nucléaire. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’exclut plus cette menace nucléaire et pour cause. La cellule terroriste, installée en Belgique, qui a fait la une des médias, détenait une vidéo de l’intérieur de la centrale de Mol (près d’Anvers). CNN avait déjà suspecté Daech de cyberattaques dans ce domaine. L’attaque peut-être via un drone, via une cyberattaque ou via la fabrication d’une bombe sale. Pour cela, il suffit d’une bombe classique mélangée à des matériaux radioactifs (iridium volé en Irak, uranium ou plutonium disponible depuis l’explosion de l’URSS, notamment en Transnistrie). Les techniques de miniaturisation du nucléaire sont bien connues des spécialistes du LENR (Low Energy Nuclear Reaction), dont les scientifiques, rejetés par leurs communautés, sont prêts à travailler pour quelques dizaines de milliers d’euros. Le risque nucléaire s’accroît Jusqu’à présent, la crainte nucléaire était militaire (guerre froide) ou civile (Three Miles Island, Tchernobyl, Fukushima). Le danger militaire […]

Loi Travail : les causeries démocratiques des oligarques du dialogue social

6 avril 2016 Mickaël Ciccotelli 0

Mercredi 30 mars, dans le cadre de l’examen du projet de loi El Khomri, la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale a auditionné les partenaires sociaux. Derrière l’exercice ronronnant des réaffirmations des positions de chacun, les débats ont permis une confrontation intéressante des conceptions que les oligarques du dialogue social ont de la démocratie. Les évolutions probables de la loi Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient d’évacuer rapidement les enseignements des débats sur les modifications que devrait subir le projet de loi. Etant donné le rôle de partenaire privilégié du gouvernement endossé par la CFDT, il est fort probable que les demandes d’inflexion formulées par Véronique Descacq trouvent quelque oreille attentive du côté de la majorité parlementaire et de Matignon. D’abord, la CFDT réclame toujours l’intégration d’un compte épargne-temps au CPA. Elle souhaite ensuite que les critères de définition du licenciement économique soient réévalués et que des dispositions empêchent « l’organisation artificielle de la baisse du chiffre d’affaires ou de la perte d’activité ». Un « pouvoir d’appréciation du juge ou des DIRECCTE » serait d’ailleurs nécessaire d’après la centrale cédétiste. Enfin, elle espère obtenir un « encadrement des accords de maintien dans l’emploi », prévoyant notamment une évaluation régulière et dans […]

Le contrat santé collectif n’est pas conforme à l’accord de branche : qui est responsable ?

5 avril 2016 Redaction 0

Depuis le 1er janvier 2016, tous les salariés doivent être couverts par un régime de complémentaire santé. Depuis cette date, de nombreux contrats collectifs en santé ont ainsi été conclus par les entreprises. Avec la multiplication des accords de branche, la vigilance est de mise car les contrats proposés aux salariés sont tenus de prévoir des garanties correspondant aux minima conventionnels. Si un salarié se rend compte que la couverture conférée est inférieure à ce qui est prévu par la convention collective, la question de la responsabilité pourra se poser autant à l’entreprise qu’à l’organisme assureur.   L’employeur est premier responsable de la couverture proposée à ses salariés Pour mettre en place la couverture collective en santé, l’employeur a un devoir de conseil envers ses salariés. Il doit leur délivrer toutes les informations relatives à l’étendue de la couverture souscrite. Il est tenu de leur donner tous les renseignements et les conseils relatifs aux modalités d’application du régime : notamment pour les dispenses d’adhésion. Si le régime déjà en place est amené à être modifié, l’employeur a aussi l’obligation de donner toutes les informations sur ces changements. Les salariés pourront se retourner contre leur employeur s’ils estiment que ce devoir […]

L’Union bancaire sur les rails

30 mars 2016 Jean-Marc Boyer 0

La BCE vient de publier ses 93 pages de rapport sur ses activités prudentielles*. Le titre en lui-même révèle le point fondamental, puisque la supervision dépend du principal acteur à contrôler. Se posent dès lors des problèmes d’indépendance et de conflits d’intérêts dans les décisions et même le degré d’informations comptables (Finrep) et prudentielles (Corep) à échanger. Des systèmes à parachever L’Union bancaire repose sur 3 piliers : Le Mécanisme de Supervision Unique (MSU), qui applique depuis un an la directive (CRD IV) et le règlement associé (CRR). Le Mécanisme de Résolution, qui est désormais en place avec sa directive (BRRD) et son Conseil (CRU). La Garantie Uniforme des dépôts**, qui fait toujours débat, certains pays ne voulant pas payer pour d’autres, au-delà du raisonnable. En 2016, la surveillance prudentielle européenne des banques va se concentrer sur : Les modèles d’activité et les facteurs de rentabilité. La gouvernance (principal motif d’infractions à ce jour) et la qualité des données (et non plus seulement l’intégrité des données comme en 2015). L’adéquation des fonds propres. Les risques de crédit (c’est le principal poste d’exigence de fonds propres via les Risk Weighted Assets). Et pour la première fois la liquidité. Bâle 3 introduit en effet des […]

Quand Bruno Le Roux s’acharne contre les entreprises françaises

30 mars 2016 Eric Verhaeghe 0

On connaissait Bruno Le Roux très occupé à récupérer les attentats de Bruxelles au profit d’une polémique politicienne. Mais on devrait surtout s’intéresser à Bruno Le Roux en pleine acharnement contre les entreprises françaises qui exportent. La loi qu’il a concoctée sur le devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre devrait être prochainement adoptée par l’Assemblée Nationale. Elle compliquera encore un peu plus la tâche des exportateurs. Bruno Le Roux, le conseilleur qui n’est pas payeur Le texte en discussion en seconde lecture à l’Assemblée Nationale est une proposition de loi portée en 2015 par Bruno Le Roux, président du groupe socialiste. On s’en gausse forcément, puisque Bruno Le Roux fut à une époque vice-président de la MNEF, entreprise de l’économie sociale et solidaire bien connue pour ses malversations et sa conception très approximative de sa responsabilité sociale. En particulier, tout le monde sait que la MNEF a régulièrement financé des emplois fictifs au bénéfice du Parti Socialiste. Bruno Le Roux est donc bien placé pour donner des leçons sur la responsabilité sociale des entreprises. C’est un sujet qu’il a touché au coeur et qu’il maîtrise parfaitement. Bruno Le Roux et le triomphe de la bien-pensance Fort de son expérience […]

1 43 44 45 46 47 59