Chasse au corbeau chez Prisma Média : un représentant syndical se fait saisir son…caleçon

La justice a entreprit une grande chasse à l’homme chez Prisma Media, grand groupe de presse français. Pour retrouver la source des menaces de morts reçues par les employés du groupes, plusieurs prélèvement ADN ont été réalisés. Mais les enquêteurs se heurtent maintenant à une défiance de la part des syndicats après une perquisition surréaliste chez l’un de leur représentant.

Prisma Média, ce nom ne vous dit peut-être rien pourtant il s’agit de la société qui se cache derrière diverses publications comme les magazines GEO, Ca m’intéresse, Voici on encore Femme Actuelle. 

Seulement, le groupe se trouver actuellement au coeur d’une enquête assez sordide. Depuis juillet 2017, plusieurs salariés du groupe qui possède ses locaux à Gennevilliers, ont reçu des lettres anonymes contenant plusieurs menaces mais aussi pour certaines, une balle ou une cartouche de fusil.

Un représentant syndical particulièrement visé

Depuis, une importante campagne de prélèvement d’ADN a été menée parmi les salariés du groupe afin de retrouver l’éventuel corbeau. Entre août et novembre 2018, près de 300 échantillons ont été prélevés. Seulement, la situation se tend lorsque vient le tour d’Emmanuel Vire, journaliste pour National Geographic.

Ce dernier se rend bien à sa convocation mais il refuse, par conviction, le prélèvement, comme la loi le lui autorise. Selon lui, la fait qu’il soit représentant syndical n’est pas étranger au fait qu’il soit parmi les premiers visés par l’enquête. 

Il est totalement anormal que le délégué syndical CGT ainsi que plusieurs élus du personnel soient parmi les premiers convoqués comme si nous étions automatiquement suspects.

Emmanuel Vire, journaliste

La sentence met du temps à tomber. Le 28 novembre, Emmanuel voit sonner chez lui, à 7h du matin, quatre policiers de la sûreté territoriale des Hauts-de-Seine. Il explique ne pas avoir été reconvoqué entre son premier rendez-vous en août et sa perquisition en novembre. 

Et que s’il avait été reconvoqué, il aurait accepté le prélèvement car il n’avait rien à se reprocher. « Compte tenu de mes fonctions syndicales, je ne vais pas m’amuser à envoyer des lettres avec des balles ! » précise-t-il.

De son côté, le parquet de Nanterre a confirmé que la perquisition a été faîte « sans assentiment ». Le Parisien précise aussi que d’après une source proche du dossier, cette enquête a été ordonnée car le journaliste serait le seul a avoir refusé le prélèvement. Une affirmation que réfute fermement le principal intéressé, expliquant que plusieurs de ses collègues ont aussi refusé.

Le major m’a dit que des vérifications avaient été faites et que je bloquais son enquête…

Emmanuel Vire, journaliste 

Dans les faits, la perquisition au domicile du journaliste a duré une heure. Emmanuel explique avoir été accompagné par les policiers « dans la salle de bains. Ils sont repartis avec ma brosse à dents. »

Ils ont également saisi un caleçon usagé.

Emmanuel Vire, journaliste

Les syndicats vent debout contre ces méthodes

Les syndicats n’ont pas manqué de réagir à cette affaire. Dans un communiqué, le « SNJ-CGT, la CGT Spectacle et la Filpac-CGT dénoncent une atteinte à la liberté syndicale, alors que la CGT est, chez Prisma, l’organisation syndicale majoritaire et le fer de lance de la contestation sociale.« 

Ils expliquent qu’Emmanuel Vire « travaille chez Prisma depuis 1999. Il est élu du personnel depuis 2000, aujourd’hui secrétaire du CE et délégué syndical. »

Il n’a jamais eu besoin de lettres anonymes ni de menaces de mort, préférant les armes du combat syndical : l’interpellation de la direction au grand jour et l’action collective au côté de ses collègues et camarades.

Communiqué du SNJ-CGT, la CGT Spectacle et la Filpac-CGT

Les trois instances syndicales demandent aussi à ce que « le parquet de Nanterre s’explique sur les raisons et l’intérêt d’une perquisition au petit matin chez le secrétaire général de la deuxième organisation syndicale de journalistes. »

Pour le moment, tous les prélèvements réalisés ont été négatifs. Le corbeau n’a pas été retrouvé. Une chose est sûre, il doit régner une bonne ambiance chez Prisma Media. 

1 commentaire sur Chasse au corbeau chez Prisma Média : un représentant syndical se fait saisir son…caleçon

  1. Ce qui pourrait paraitre amusant, surtout vu le titre, est en fait extrêmement grave, car non, c’est non, et faire une perquisition uniquement dans le but de lui piquer 2 items remplis de cellules épitéliales afin d’en tirer un caryotype, et ceci, contre la volonté de quelqu’un qui a clairement refusé, ça n’est pas de l’ajustice (ou plutôt si, écrit comme ça;), c’est de la dictature.

    Et c’est d’autant plus grave, que tout le monde a pu voir les dérives s’affirmer au cours des dernières années, où l’agresseur sort libre du tribunal et l’agressé se fait vertement réprimander et salement pruner – nul doute que ça soit un cran supplémentaire vers la fin des libertés fondamentales – tout le monde (enfin, ceux pourvus d’un cerveau) sachant quelle en est la finalité.

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